L’armée en état d’alerte sur la frontière de Gaza
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L’armée en état d’alerte sur la frontière de Gaza

Les règles de tirs ont été assouplies ; l'armée tente d'empêcher les émeutiers de s'approcher de la clôture suite à la récente attaque à la bombe artisanale, cachée dans un drapeau

Archive. Un exercice de Tsahal près de la frontière de Gaza, le 19 novembre 2014. (Amit Shechter / Porte-parole de Tsahal  / Flickr)
Archive. Un exercice de Tsahal près de la frontière de Gaza, le 19 novembre 2014. (Amit Shechter / Porte-parole de Tsahal / Flickr)

L’armée a été placée en état d’alerte élevé vendredi le long de la frontière avec Gaza dans l’attente d’une reprise de manifestations violentes de la part des Palestiniens dans le territoire.

Ce sont ce type d’agitations, survenues vendredi dernier à proximité de Khan Yunis, qui ont servi de couverture à un attentat à la bombe artisanale. Des terroristes issus de l’organisation-cadre des Comités populaires de la Résistance se sont approchés de la clôture frontalière durant les manifestations, plaçant un drapeau palestinien sur le dispositif. Le jour suivant, lorsque les soldats de l’armée issus de la brigade Golani et les corps d’ingénierie de combat se sont approchés de la clôture pour enlever le drapeau, une bombe artisanale improvisée, cachée par le tissu, a explosé, blessant quatre soldats dont deux grièvement.

En riposte à cette attaque et à un tir de roquette qui a touché une habitation du sud d’Israël dans la nuit de samedi, l’armée a frappé 18 sites de Gaza, notamment l’entrée d’un tunnel d’attaque, a fait savoir le ministre de la Défense Avigdor Liberman à la Knesset lundi.

Lors d’un incident séparé dans la nuit de samedi, un tank de l’armée israélienne a tiré sur un groupe de Palestiniens qui, selon l’armée, s’étaient approchés de la frontière « de manière suspecte », tuant deux d’entre eux et blessant grièvement deux autres.

Un hélicoptère militaire transportant des soldats de l’armée israélienne blessés dans une explosion durant une patrouille, le long de la frontière avec Gaza, arrive au centre médical Soroka de Beersheba, le 17 février 2018 (Capture d’écran : Twitter)

L’armée a dorénavant assoupli les régulations pesant sur les tirs militaires en réponse à ces tensions accrues, autorisant les soldats à utiliser des tirs potentiellement meurtriers pour empêcher des approches similaires de la clôture frontalière à l’avenir, a rapporté vendredi la Dixième chaîne. Des snipers ont également été stationnés le long de la frontière, ainsi que d’autres forces de sécurité.

Cette initiative est survenue après que les responsables de l’Etat juif ont averti que cette bombe artisanale avait été le franchissement d’une « ligne rouge », ajoutant que les Israéliens « ne prendront plus de gants » lors du prochain affrontement entre des émeutiers venus à l’appel du Hamas et les militaires.

Mardi, Liberman a averti les Gazaouis que leurs dirigeants du Hamas profitaient d’eux et mettaient en danger leurs vies en les faisant participer à des manifestations proches de la frontière avec Israël.

Se faisant l’écho des propos tenus par la liaison militaire israélienne en direction des Palestiniens la nuit précédente, Liberman a déclaré que l’armée « avait tiré les leçons » de l’attentat du week-end et qu’elle répondrait de manière plus agressive à l’avenir, même s’il n’a pas voulu détailler quels changements politiques spécifiques les militaires allaient adopter.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman parle à la presse dans un champ situé aux abords de la bande de Gaza le 20 février 2018 (Crédit :Judah Ari Gross/Times of Israel

Même si Liberman a antérieurement reconnu que les auteurs de cette attaque à la bombe artisanale étaient issus du groupe terroriste des Comités de la résistance palestinienne, il a noté mardi que le Hamas, à la tête de la bande de Gaza, endossait également une responsabilité en ayant permis à l’attaque d’avoir lieu.

« Ce qui est clair, c’est que le Hamas utilise les habitants de la bande de Gaza comme couverture pour des activités terroristes », a-t-il dit. « C’est inacceptable. Nous ne continuerons pas ce jeu-là ».

Le ministre de la Défense a accusé les dirigeants du Hamas d’envoyer des habitants de Gaza participer à des manifestations violentes tout en s’assurant que les membres de leurs familles ne s’approcheraient jamais de la frontière. Il a aussi précisé que de hauts-responsables du groupe terroriste bénéficient de l’électricité en permanence alors que la majorité des habitants de Gaza n’en profitent que quelques heures par jour.

Des manifestants palestiniens agitent des drapeaux nationaux lors d’affrontements avec les forces de sécurité israéliennes dans la banlieue est de la ville de Gaza, près de la frontière avec Israël, le 12 janvier 2018. (AFP PHOTO / MOHAMMED ABED)

Le ministre de la Défense a répété un message qu’il a exprimé à de multiples occasions, celui que le Hamas maintenait délibérément des conditions de vie médiocres dans l’enclave par volonté politique.

« C’est le Hamas qui empêche le développement économique à Gaza, qui empêche la croissance », a-t-il dit. « Il faut le comprendre : La pauvreté et le terrorisme marchent main dans la main ».

Le ministre de la Défense n’a pas explicitement blâmé l’Iran – qui soutient financièrement le Hamas et le deuxième groupe terroriste le plus important de la bande, le Jihad islamique palestinien – pour les récentes agitations à Gaza, mais a laissé entendre que la république islamique y jouait un rôle.

Liberman a expliqué que de hauts-responsables du Hamas « vivent à Beyrouth, avec la bénédiction du Hezbollah, et voyagent de Beyrouth à Téhéran presque toutes les deux semaines pour coordonner leurs activités – et la plupart de l’argent que le Hamas reçoit provient de l’Iran ».

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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