L’armée pense que le Hamas favorise ses tunnels de défense plus que ceux d’attaques
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L’armée pense que le Hamas favorise ses tunnels de défense plus que ceux d’attaques

Tsahal voit le groupe terroriste gazaoui changer de tactique, alors qu’Israël intensifie les travaux sur sa barrière souterraine

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un jeune Palestinien dans un tunnel lors d'une cérémonie de fin d'un camp d'entraînement dirigé par le Hamas à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 janvier 2015. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)
Un jeune Palestinien dans un tunnel lors d'une cérémonie de fin d'un camp d'entraînement dirigé par le Hamas à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 janvier 2015. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

Le Hamas semble changer de stratégie pour ses tunnels, passant d’une attention portée aux routes d’attaques transfrontalières à des structures de défense plus internes, alors qu’Israël intensifie les travaux de sa barrière souterraine autour de la bande de Gaza, selon des évaluations de l’armée israélienne rendues publiques mercredi.

L’organisation terroriste a utilisé intensément son réseau de tunnels transfrontaliers pendant la guerre de Gaza en 2014, en envoyant des combattants en Israël pour attaquer des soldats.

En 2006, l’un de ces tunnels a été utilisé pour enlever le soldat israélien Gilad Shalit, avant de le détenir en otage dans la bande de Gaza pendant cinq ans. Il avait ensuite été libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers très contesté, qui avait permis la libération de plus de 1 000 terroristes palestiniens.

En juillet 2014, Israël avait lancé l’opération Bordure protectrice en réponse aux tirs de roquettes venus de Gaza. Pendant la campagne militaire de 50 jours, l’armée avait détruit 14 tunnels entrant en territoire israélien, ainsi que 18 tunnels internes, et avait épuisé les réserves d’armement du Hamas.

Des hommes armés du Hamas habillés comme des soldats israéliens ciblent les forces israéliennes après avoir émergé d'un tunnel près du kibboutz Nir Am, le 21 juillet 2014. (Crédit : capture d'écran armée israélienne)
Des hommes armés du Hamas habillés comme des soldats israéliens ciblent les forces israéliennes après avoir émergé d’un tunnel près du kibboutz Nir Am, le 21 juillet 2014. (Crédit : capture d’écran armée israélienne)

Même s’il n’y a pas eu d’attaques contre des civils au moyen de ces tunnels pendant la guerre de 2014, Israël craint qu’un jour le Hamas n’envoie des dizaines de ces combattants attaquer une commune voisine pour tuer et/ou prendre en otage les habitants.

Pour contrer cette menace, Israël a commencé cet été la construction d’une barrière souterraine qui est conçue pour détruire tous les tunnels déjà en place et empêcher la création de nouveaux.

Selon l’armée, le Hamas a dorénavant choisi d’améliorer et d’étendre son réseau de tunnels au sein de la bande de Gaza, qui peut être utilisé pour faire circuler des combattants et des armes dans le territoire, hors de portée de la surveillance israélienne.

De plus, l’organisation terroriste, qui aurait déjà reconstitué son arsenal de roquettes et de mortiers, augmente ses tentatives d’importer d’autres armes dans la bande de Gaza depuis le Sinaï.

Même si la situation humanitaire dans la bande de Gaza s’est quelque peu améliorée, par rapport à celle du début de l’été quand le territoire était au bord de la rupture en électricité, l’armée ne considère pas l’enclave côtière comme stabilisée.

Travaux de construction d'une barrière de sécurité souterraine pour déjouer les attaques de terroristes palestiniens à la frontière avec Gaza, en septembre 2016. (Crédit : capture d'écran Ynet)
Travaux de construction d’une barrière de sécurité souterraine pour déjouer les attaques de terroristes palestiniens à la frontière avec Gaza, en septembre 2016. (Crédit : capture d’écran Ynet)

Les travaux sur la barrière de 60 kilomètres ont sérieusement commencé cet été, et le général de division Eyal Zamir, qui dirige le Commandement du Sud, a indiqué qu’elle serait terminée d’ici deux ans.

Elle bénéficiera d’un système de protection souterraine sophistiqué qui s’étend sur des dizaines de mètres sous la surface – l’armée n’a pas précisé sa profondeur – afin de détecter et de détruire les tunnels qui tentent de pénétrer en territoire israélien, ainsi qu’une barrière de métal en surface qui portera des capteurs.

Le ministère de la Défense va également renforcer les défenses le long de la bande de Gaza, en installant des brise-lames et d’autres installations protectrices afin d’empêcher l’infiltration en Israël depuis la mer, comme cela s’est produit pendant la guerre en 2014.

Le projet devrait coûter environ trois milliards de shekels, chaque kilomètre de portion souterraine de la barrière coûtant environ 41,5 millions de shekels. La barrière de surface est beaucoup moins chère, à 1,5 million de shekels par kilomètre.

Un soldat de Kometz , debout sur une échelle du côté gazaoui de la barrière de sécurité, pour réparer la clôture. Illustration. (Crédit : Netta Asner/unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Un soldat de Kometz , debout sur une échelle du côté gazaoui de la barrière de sécurité, pour réparer la clôture. Illustration. (Crédit : Netta Asner/unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Afin d’accélérer la construction, des usines de béton ont été construites près de la bande de Gaza.

Actuellement, des dizaines d’ouvriers et d’ingénieurs du monde entier travaillent sur le projet, sur quelques sites distincts, afin de raffiner leurs méthodes. Ils portent des gilets pare-balles et sont protégés par des soldats israéliens.

D’ici la fin de l’année, environ 1 000 personnes, des ouvriers israéliens et étrangers, travailleront sur une quarantaine de sites de la barrière.

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