L’armée prévoit d’ouvrir deux services de coronavirus à l’hôpital de Haïfa
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L’armée prévoit d’ouvrir deux services de coronavirus à l’hôpital de Haïfa

Le porte-parole de l’armée affirme que le déploiement de soldats avec la police n’est "pas efficace" ; l’armée travaille au traçage des cas contacts alors que la pandémie s’aggrave

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Personnel médical dans le parking souterrain du complexe médical de Rambam, transformé en centre de soins intensifs pour patients atteints de coronavirus, dans la ville de Haïfa, au nord d'Israël, le 23 septembre 2020. (JACK GUEZ / AFP)
Personnel médical dans le parking souterrain du complexe médical de Rambam, transformé en centre de soins intensifs pour patients atteints de coronavirus, dans la ville de Haïfa, au nord d'Israël, le 23 septembre 2020. (JACK GUEZ / AFP)

L’armée israélienne se prépare à ouvrir et à gérer deux unités de coronavirus au centre médical Rambam de Haïfa, par crainte d’une forte hausse du nombre de patients nécessitant une hospitalisation dans les semaines à venir, a annoncé jeudi un porte-parole militaire.

Il pourrait s’agir de la première fois dans l’histoire du pays que l’armée soit officiellement chargée de fournir des soins médicaux à des civils, a déclaré aux journalistes le porte-parole Hidai Zilberman.

Bien que l’armée ait élaboré ce projet – en collaboration avec le ministère de la Santé et le centre médical – sa mise en œuvre nécessite l’approbation finale du gouvernement. Zilberman a déclaré que l’armée prévoyait l’ouverture de ces services d’ici deux à quatre semaines.

Il est prévu que les unités soient dirigées par des militaires professionnels de la santé – médecins, infirmières, ambulanciers et secouristes – et traitent « plusieurs dizaines » de patients présentant des symptômes modérés dans un parking souterrain de l’hôpital converti en unité de coronavirus, a-t-il déclaré. Le nombre précis de patients et de personnel reste à déterminer, a ajouté le porte-parole.

Selon Zilberman, le personnel – probablement plus d’une centaine de personnes – proviendra principalement des bases et unités des forces spéciales. Certains étaient censés être démobilisés (probablement en fin de service) mais resteront à titre spécial, a-t-il déclaré.

Un soldat teste un échantillon de coronavirus dans un laboratoire militaire sur une photographie non datée, publiée le 4 août 2020. (Armée de défense d’Israël)

Lors de cet entretien téléphonique, Zilberman a abordé divers problèmes liés à la réponse de l’armée contre le coronavirus, certains concernant les questions internes à l’armée, et d’autres sur son rôle dans l’effort national.

Par une critique discrète mais sans équivoque, le porte-parole a indiqué que l’armée n’était pas favorable au déploiement de troupes en renfort de la police pour aider à imposer le verrouillage national.

« Ce n’est pas l’une de nos missions les plus essentielles », a déclaré Zilberman.

500 soldats participent actuellement à de telles opérations. Ils se sont retrouvés à certaines occasions au cœur de débats politiques, et à nouveau mardi lorsque des manifestants contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu se sont filmés à un barrage routier devant la Knesset protestant contre un soldat qui aidait la police à tenir un barrage visant à briser l’élan de la manifestation.

À la lumière de cet incident, l’armée et la police ont accepté de retirer toutes les troupes militaires de Jérusalem, où les manifestations ont lieu le plus souvent.

Un manifestant se dispute avec un soldat à un barrage routier devant la Knesset à Jérusalem, le 29 septembre 2020. (Capture d’écran : Twitter)

« Nous refusons qu’ils soient placés aux points de friction », a déclaré Zilberman. « Et si de nouveaux points de friction apparaissent, nous en parlerons à la police. »

La police a également été critiquée pour son manque d’efficacité dans l’application du verrouillage, notamment pour ses barrages routiers sur les principales autoroutes, ce qui n’empêche pas réellement les gens de violer les restrictions, mais crée en revanche de larges embouteillages inutiles.

Zilberman a également discuté de l’unité spéciale « Alon », en charge de la coordination des activités de Tsahal contre le coronavirus. L’unité, qui a pour mission d’aider le gouvernement à la fois pour les tests et le traçage des contacts, a été formée fin juillet et s’est étoffée ces deux derniers mois, afin d’atteindre sa capacité de fonctionnement en novembre.

Les experts accusent l’absence de traçage efficace des contacts – pour prévenir la contagion d’une personne à l’autre – comme un élément essentiel de la vague d’infections actuelle dans le pays.

Selon Zilberman, 1 700 soldats travaillent actuellement au recensement épidémiologique dans le cadre de l’unité spéciale Alon, avec 700 soldats supplémentaire prévus dans les semaines à venir et 400 autres le mois prochain.

Illustration : dans une vidéo publiée par l’armée israélienne le 29 juillet 2020, des soldats travaillent par téléphone au siège du commandement du front intérieur de Tsahal lors d’une visite du professeur Ronni Gamzu. (Capture d’écran : Armée de défense d’Israël)

Il a également noté les efforts internes de l’armée pour freiner la propagation du coronavirus.

Jeudi, Tsahal comptait 1 016 cas confirmés de coronavirus, tous présentant des symptômes légers. Mercredi, 13 500 soldats et employés civils de l’armée étaient en quarantaine.

Pour tenter de réduire ces chiffres, l’armée a annoncé cette semaine l’annulation de tous les congés des unités de combat et des soldats servant sur des bases d’entraînement et autres « bases fermées », où les soldats passent la nuit sur la base.

Zilberman a déclaré que l’armée lançait également une nouvelle campagne de communication interne, dans laquelle les soldats ayant violé les restrictions relatives au coronavirus admettent leurs infractions et reconnaissent avoir nui aux gens autour d’eux d’une manière ou d’une autre.

Dans l’une des vidéos, une soldate raconte qu’elle pensait n’avoir qu’un rhume alors qu’elle avait en fait contracté le virus ; elle était donc venue travailler, et avait infecté deux de ses amis et envoyé la moitié de son unité en quarantaine.

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