L’armée se prépare à d’autres tirs de roquettes de Gaza
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L’armée se prépare à d’autres tirs de roquettes de Gaza

Les militaires ont changé le déploiement du système de défense Dôme de fer ; Netanyahu a convoqué le cabinet de sécurité dimanche

Les soldats israéliens près de batteries du système de défense du Dôme de fer, conçu pour intercepter et détruire des roquettes et obus de courte portée, déployées à Tel Aviv, le 24 janvier 2019. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)
Les soldats israéliens près de batteries du système de défense du Dôme de fer, conçu pour intercepter et détruire des roquettes et obus de courte portée, déployées à Tel Aviv, le 24 janvier 2019. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

L’armée israélienne se prépare à un scénario dans lequel les groupes terroristes palestiniens continueraient à lancer des roquettes en direction des communautés israéliennes à la suite d’un week-end de violences, ainsi qu’à l’éventualité que les projectiles soient d’une portée plus importante et puissent atteindre de plus grandes villes.

Dix roquettes ont été tirées depuis Gaza vers l’Etat juif vendredi soir, l’une d’entre elles est retombée sur une habitation de la ville de Sdérot, dans le sud du pays. Les sirènes se sont déclenchées dans la municipalité et dans d’autres localités du pays au moment où un grand nombre de familles se réunissaient pour le dîner du Shabbat.

Israël a répondu par des frappes aériennes sur des cibles du Hamas à Gaza, qui auraient fait un mort et deux blessés du côté palestinien.

Mais même si les hauts responsables de l’armée estiment plutôt que cette dernière escalade de violences est terminée, Tsahal n’a pas voulu prendre de risques et a changé le déploiement du système Dôme de fer et de ses troupes, se préparant à l’envoi d’autres roquettes de portée plus longue, ont fait savoir les médias en hébreu samedi soir et dimanche.

Le calme semble néanmoins être revenu dans la région dans la matinée de dimanche, et les autorités ont dit à la population de reprendre leurs activités quotidiennes.

Un homme regarde une voiture endommagée par un éclat d’obus issu d’une roquette tirée de Gaza à Sdérot, en Israël, le 1er novembre 2019 (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est également ministre de la Défense, a eu une discussion au cours du week-end avec les chefs de la sécurité pour mettre au point une riposte, et le cabinet de sécurité devrait se réunir dimanche à 13h30 pour évoquer ce dernier cycle de violences.

Le député Yair Lapid, numéro deux du parti Kakhol lavan, et le dirigeant de la formation Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, ont tous deux blâmé Netanyahu, samedi, pour ces derniers tirs de roquettes.

L’armée israélienne a indiqué que sept projectiles avaient été tirés lors du barrage initial de vendredi et que tous avaient été interceptés par le système de défense aérienne du Dôme de fer.

Environ une heure plus tard, trois autres roquettes ont été lancées vers le territoire israélien, l’une d’elles a été interceptée par le Dôme de fer. Une autre a toutefois gravement endommagé une habitation sans faire de victimes.

L’armée israélienne a fait savoir que ses raids de représailles avaient touché « un large éventail » de cibles du Hamas et notamment une base navale, un complexe militaire et une usine de fabrication d’armes.

Après les ripostes israéliennes, le Hamas, à la tête de Gaza, et le groupe terroriste du Jihad islamique, ont mis en garde l’Etat juif contre des conséquences possibles.

Des Palestiniens marchent autour d’un cratère causé par une frappe israélienne lancée en réponse à des tirs de roquettes à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 novembre 2019 (Crédit : Said Khatib/AFP)

Citant des sources palestiniennes, la Treizième chaîne israélienne a fait savoir que le Hamas avait pris ses distances face à ces tirs de roquettes et déclaré aux intermédiaires égyptiens avoir ouvert une enquête sur l’entité responsable de ces tirs.

Les affrontements se sont répétés entre le Hamas et Israël au cours de l’année passée alors que l’organisation islamiste s’efforce d’améliorer les termes d’un cessez-le-feu qui avait été négocié une première fois au mois de novembre 2018 par l’ONU et l’Egypte.

En échange de la fin des tirs de roquettes de la part du Hamas, l’Etat juif avait accepté des mesures permettant d’alléger le blocus imposé par Jérusalem à Gaza – et par l’Egypte également – depuis plus d’une décennie. Le Hamas, qui cherche ouvertement la destruction d’Israël, s’était emparé de l’enclave côtière au cours d’un coup d’Etat sanglant.

Israël maintient que ce blocus est nécessaire pour empêcher l’entrée d’armements, à Gaza, qui pourraient être utilisés pour attaquer Israël.

Parmi les mesures adoptées, l’approbation de l’entrée de millions de dollars d’aides de la part du Qatar pour payer le carburant nécessaire pour faire fonctionner la seule centrale électrique du pays, pour honorer les salaires des fonctionnaires et verser des allocations à des dizaines de milliers de familles nécessiteuses.

La trêve a également permis l’élargissement de la zone ouverte aux pêcheurs de Gaza dans la Méditerranée, zone définie initialement par Israël – qui a été amené à la réduire ou même à la fermer en réponse aux violences émanant de l’enclave.

Ces concessions faites par Netanyahu ont été critiquées par ses adversaires, notamment par Benny Gantz, son principal opposant.

Adam Rasgon et l’AFP ont contribué à cet article.

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