L’artiste juive mexicaine Aliza Nisenbaum et ses portraits colorés de « l’autre »
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L’artiste juive mexicaine Aliza Nisenbaum et ses portraits colorés de « l’autre »

Cherchant à favoriser les rapports humains dans une époque marquée par les médias sociaux, la peintre utilise la couleur et le choix de ses sujets pour interpeller les spectateurs

  • "London Underground : Brixton Station and Victoria Line Staff", 2019. (Autorisation de l'artiste et Art on the Underground, London ; Anton Kern Gallery, New York/© Aliza Nisenbaum)
    "London Underground : Brixton Station and Victoria Line Staff", 2019. (Autorisation de l'artiste et Art on the Underground, London ; Anton Kern Gallery, New York/© Aliza Nisenbaum)
  • "MOIA's (Mayor's Office of Immigrant Affairs) NYC Women's Cabinet", 2016. (Autorisation de l'artiste et Anton Kern Gallery, New York/© Aliza Nisenbaum)
    "MOIA's (Mayor's Office of Immigrant Affairs) NYC Women's Cabinet", 2016. (Autorisation de l'artiste et Anton Kern Gallery, New York/© Aliza Nisenbaum)
  • L'artiste Aliza Nisenbaum dans son atelier. (Extrait YouTube)
    L'artiste Aliza Nisenbaum dans son atelier. (Extrait YouTube)

JTA – L’artiste judéo-mexicaine Aliza Nisenbaum voit une incapacité à communiquer dans le monde moderne – et son travail est un moyen de contrer ce dilemme.

« Le problème aujourd’hui, c’est que nous ne sommes pas assis avec de vraies personnes, face à face – nous nous interpellons mutuellement sur les médias sociaux », dit Nisenbaum.

Elle cherche à combattre cette tendance culturelle à travers ses peintures, dont la couleur intense et sensuelle force le spectateur à inhaler l’humanité de ses sujets.

Influencée par le travail du philosophe juif Emmanuel Levinas et sa théorie de « l’Autre », fondée sur l’éthique juive de la responsabilité et de l’humanisme, Nisenbaum vise à représenter les « coulisses » de la vie quotidienne – un terme inventé par le sociologue juif Erving Goffman.

Nisenbaum, 42 ans, explore l’idée depuis des années, en commençant par une série de portraits intimes de migrants d’Amérique centrale qu’elle a rencontrés alors qu’elle travaillait dans un centre communautaire de New York City en 2013.

L’artiste Aliza Nisenbaum dans son atelier. (Extrait YouTube)

Pour une exposition personnelle au Minneapolis Institute of Art, elle a peint des aînés latino-américains au Tiron Guzman Center et des réfugiés somaliens travaillant au Hope Community Garden. Nisenbaum, qui enseigne à l’Université Columbia et détient une maîtrise de l’Art Institute of Chicago, a également peint une murale des travailleurs du métro de Londres à Brixton Station.

Plus récemment, elle a montré des portraits capturant l’ambiance des coulisses d’un groupe de salsa new-yorkais à la Kern Gallery à Manhattan.

Le processus de peindre un portrait en direct, devant un sujet, est une sorte d’incarnation de la théorie de Levinas et une reconnaissance de la matérialité du corps pour Nisenbaum.

« Je trouve le processus extrêmement profond », dit-elle. « Voici une vraie personne avec son corps, indivisible, assise devant vous pendant six heures. C’est très intime, et vous vous sentez responsable d’elle. »

Voici quelques-unes des œuvres de Nisenbaum – et ce qu’elle en pense :

« London Underground : Brixton Station and Victoria Line Staff », 2019. (Autorisation de l’artiste et Art on the Underground, London ; Anton Kern Gallery, New York/© Aliza Nisenbaum)

London Underground : Brixton Station and Victoria Line Staff, 2019

« Au cours du processus de peinture de cette murale, j’ai parlé à des gens ayant des opinions très diverses sur le Brexit. Si vous êtes avec eux, et que vous voyez le poids de leur corps ou comment ils sont assis, vous comprenez leurs positions. »

« MOIA’s (Mayor’s Office of Immigrant Affairs) NYC Women’s Cabinet », 2016. (Autorisation de l’artiste et Anton Kern Gallery, New York/© Aliza Nisenbaum)

MOIA’s (Mayor’s Office of Immigrant Affairs) NYC Women’s Cabinet, 2016

« Quand on peint quelqu’un de la vie, la couleur est vraiment nuancée. On ressent la température de leur peau et leur présence… c’est comme par magie. »

Veronica, Marissa and Gustavo, 2013. (Autorisation de l’artiste et Anton Kern Gallery, New York/© Aliza Nisenbaum)

Veronica, Marissa, and Gustavo, 2013

« J’ai peint Marisa, Gustavo and Veronica plusieurs fois après mon travail au centre communautaire à New York. J’ai vu Marisa grandir et aller dans une école de l’Ivy League. Gardez à l’esprit qu’il s’agit d’une fille avec des parents sans papiers. »

« Alberto, David and Aliza avec peinture murale de Roberto Cueva del Rio », 2019. (Autorisation de l’artiste et Anton Kern Gallery, New York/© Aliza Nisenbaum)

Alberto, David and Aliza with mural by Roberto Cueva del Rio, 2019

« Je m’inspire du muralisme mexicain, mais leur exposition d’histoire sociale était trop épique et générale. Je suis aussi influencée par le travail d’Alice Neel, qui a peint des images intimes de gens réels. »

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