L’assassin israélien d’un ado palestinien jugé coupable de meurtre
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L’assassin israélien d’un ado palestinien jugé coupable de meurtre

La cour a considéré Yosef Ben David sain d’esprit, dit qu’il était conscient de ses actions, qui ont mené à la mort de Mohammad Abu Khdeir

Yosef Haim Ben David, le troisième accusé du meurtre de Mohammad Abu Khdeir, à la cour du district de Jérusalem, le 5 avril 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yosef Haim Ben David, le troisième accusé du meurtre de Mohammad Abu Khdeir, à la cour du district de Jérusalem, le 5 avril 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’Israélien accusé de l’enlèvement et du meurtre horrible d’un adolescent palestinien en 2014, Mohammad Abu Khdeir, a été jugé coupable de meurtre mardi par la cour du district de Jérusalem.

Yosef Ben David, habitant de 31 ans de la ville, devrait être condamné à la prison à vie pour le meurtre qui avait choqué le pays et déclenché des jours d’émeutes palestiniennes. Le juge rendra son verdict le mois prochain.

La cour a rejeté le plaidoyer de folie de Ben David déterminant qu’il avait assassiné Abu Khdeir pour des raisons « nationalistes » et soulignant qu’il était conscient de ses actions le soir du meurtre. Ses deux complices, qui étaient mineurs au moment de l’attaque, avaient été jugés coupables de meurtre en début d’année et condamnés à de longues peines de prison.

« Le tribunal a estimé qu’au moment où il a commis les faits, l’accusé n’était pas psychotique, qu’il a totalement compris les faits, qu’il était responsable de ses actes et n’avait pas de difficulté à appréhender la réalité », a indiqué un communiqué du ministère de la Justice.

Le jugement de Ben David avait été suspendu en attendant la décision du tribunal sur les différents examens psychiatriques dont il avait fait l’objet afin de déterminer s’il était apte à être jugé.

Mohammed Abu Khdeir (Photo fournie par sa famille)
Mohammed Abu Khdeir (Photo fournie par sa famille)

Hussein Abu Khdeir, le père de l’adolescent assassiné, a appelé mardi les autorités israéliennes à détruire les maisons des meurtriers, en cohérence avec la politique de démolition des attaquants palestiniens.

« Sa maison doit être démolie, comme ils le font pour les autres terroristes », a-t-il déclaré devant la salle d’audience.

« Chaque fois que je vois les visages de ceux qui ont brûlé mon fils, je ne peux pas dormir le soir. Une telle personne ne devrait avoir droit à aucune clémence, il devrait être condamné à perpétuité », a-t-il déclaré.

Abu Khdeir, 16 ans, avait été enlevé près de sa maison du quartier Shuafat de Jérusalem Est et tué le 1er juillet 2014, deux jour après que l’on ait appris que trois adolescents israéliens qui avaient été enlevés quelques semaines auparavant en Cisjordanie avaient été tués par leurs kidnappeurs palestiniens peu après leur enlèvement.

Les deux autres assassins, tous deux mineurs, avaient été condamnées à la perpétuité pour l’un et 21 ans de prison pour l’autre. Le premier, âgé de 17 ans, a été condamné pour avoir activement aidé à l’enlèvement et au meurtre d’Abu Khdeir. Il a été condamné à perpétuité pour avoir aidé à verser l’essence sur l’adolescent avant qu’il ne soit mis à feu, a reçu une autre peine de trois ans de prison et devra payer 35 000 shekels d’amende.

Le second, âgé de 16 ans, a été jugé coupable pour avoir aidé l’adolescent de 17 ans et Ben David à tuer le garçon, a été condamné à 21 ans de prison et devra payer 30 000 shekels de dédommagement à la famille Abu Khdeir.

Ces sentences sont rares pour des mineurs. La loi israélienne interdit de donner l’identité des mineurs jugés coupables de crimes.

Funérailles de Muhammed Abu Khdeir, le 4 juillet 2014. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Funérailles de Muhammed Abu Khdeir, le 4 juillet 2014. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le jugement de mardi intervient en pleine répression du terrorisme juif suite à la mise à feu fatale d’une maison palestinienne l’été dernier par des radicaux juifs présumés.

Israël a accusé Amiram Ben-Uliel et un mineur de l’attaque de juillet 2015 à Duma, un village de Cisjordanie, dans laquelle un bébé palestinien et ses parents ont été tués. Le seul survivant de la famille, Ahmed Dawabsha, 5 ans, est toujours hospitalisé en Israël, où il se remet doucement de sévères brûlures.

Plusieurs Israéliens de Cisjordanie d’extrême-droite, dont le chef de file présumé Meir Ettinger, ont été détenus sous le régime de la détention administrative depuis l’attaque mortelle contre la maison de la famille Dawabsha.

Dans ce cadre de détention, une mesure anti-terroriste fréquemment utilisée contre des prisonniers sécuritaires palestiniens, un détenu peut être emprisonné pendant six mois sans être accusé ou jugé. L’ordre de détention peut être renouvelé indéfiniment pour une période de six mois.

Des extrémistes juifs sont aussi suspectés d’avoir attaqué des Palestiniens, incendié des maisons et des voitures, et vandalisé des églises et des mosquées en Cisjordanie et dans le reste du pays.

Les procédures légales contre les extrémistes juifs sont attentivement surveillées à un moment de nouvelles tensions israélo-palestiniennes. Une vague mortelle d’attaques au couteau, à main armée et à la voiture bélier palestiniennes ciblant des Israéliens a commencé l’année dernière.

Vingt-neuf Israéliens et quatre ressortissants étrangers ont été assassinés depuis le mois d’octobre. Environ 190 Palestiniens ont été tués, dont les deux-tiers pendant qu’ils attaquaient des Israéliens, et les autres pendant des affrontements avec les troupes, selon l’armée israélienne.

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.

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