L’autopsie montre que l’agresseur palestinien à Jéricho est mort par fusillade
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L’autopsie montre que l’agresseur palestinien à Jéricho est mort par fusillade

Les légistes contredisent l'armée; l'homme qui a attaqué les soldats n'est pas mort par inhalation de gaz lacrymogène, mais conviennent qu'il n'est pas mort sous les coups

Un manifestant palestinien donne un coup de pied à un pneu en feu durant des affrontements avec les forces israéliennes après les prières du vendredi à Bethléem, en Cisjordanie, le 29 décembre 2017  (Crédit : AFP / Musa al Shaer)
Un manifestant palestinien donne un coup de pied à un pneu en feu durant des affrontements avec les forces israéliennes après les prières du vendredi à Bethléem, en Cisjordanie, le 29 décembre 2017 (Crédit : AFP / Musa al Shaer)

Des heures après que les militaires ont déclaré qu’un Palestinien tué jeudi après avoir attaqué des soldats avec un objet métallique est probablement mort par inhalation de gaz lacrymogène, les médecins légistes pratiquant une autopsie sur le corps ont contredit les conclusions de l’armée, affirmant que la cause probable du décès était une fusillade.

Les légistes de l’Institut médico-légal Abu Kabir de Tel Aviv ont déclaré qu’ils avaient également trouvé des signes légers d’ecchymoses dus aux coups que le suspect avait reçus de la part de soldats lors de son arrestation, mais que ceux-ci ne semblaient pas être la cause du décès – une conclusion conforme à l’enquête initiale menée par l’armée sur l’incident.

Un médecin palestinien était également présent lors de l’autopsie.

L’enquête de l’armée a révélé qu’au cours d’une émeute dans la ville de Jéricho, en Cisjordanie, l’homme avait tenté d’attaquer un soldat et de voler son arme.

Alors que le Palestinien – Yassin al-Saradeeh, 33 ans – est mort pendant qu’il était en détention, la police militaire a ouvert sa propre enquête sur l’affaire « pour évaluer les circonstances de sa mort et procéder à une autopsie de l’agresseur », a déclaré l’armée.

Pendant les violences, Al-Saradeeh a été pris en train de courir vers un soldat israélien avec une petite table à la main. On pouvait alors voir le soldat sortir et tirer sur Al-Saradeeh, mais l’armée a déclaré que le tir avait apparemment été tiré en l’air et qu’il l’avait manqué, bien que le Palestinien soit quand même tombé au sol.

Selon l’armée, l’homme semble être mort après avoir inhalé du gaz lacrymogènes utilisés pour faire reculer une cinquantaine d’émeutiers, qui ont jeté des pierres et brûlé des pneus alors que les soldats entraient à Jéricho tôt jeudi matin.

Il n’a pas été clairement établi comment l’autopsie cadrait avec le rapport de l’armée et si le coup de feu tiré par Al-Saradeeh était celui mentionné dans le rapport de l’armée. Les militaires ont dit qu’ils étaient au courant du rapport d’autopsie, mais qu’ils n’avaient pas d’autres commentaires.

Dans la vidéo, on pouvait voir d’autres soldats donner des coups de poing et de pied à l’homme après qu’il soit tombé au sol, et qui se battait avec eux, et le frapper avec la crosse d’un fusil, avant de le tirer hors du champ.

Un porte-parole de l’armée a déclaré, lors de l’arrestation d’al-Saradeeh, qu’il avait tenté de voler le pistolet d’un soldat, en montrant un moment de la séquence – autour des 28 secondes – où l’on peut voir le Palestinien se précipiter sur l’un des soldats.

L’armée a également déclaré qu’un couteau a été retrouvé plus tard en possession de ce Palestinien.

Après son interpellation initiale, un médecin de l’armée a examiné Al-Saradeeh et l’a trouvé en « bon état », a déclaré l’armée vendredi. Son état de santé s’est détérioré, il a été emmené et soigné par les soldats de l’armée israélienne, qui l’ont finalement déclaré mort.

Jeudi, des membres de la famille d’Al-Saradeeh et une ONG palestinienne ont affirmé qu’il était mort après avoir été battu par les soldats. Ils n’ont pas réagi immédiatement à l’enquête initiale de l’armée sur sa mort.

Une organisation non gouvernementale, le Club des prisonniers palestiniens, a également déclaré jeudi que al-Saradeeh avait inhalé une quantité considérable de gaz lacrymogène pendant les affrontements.

La famille de l’homme a déclaré qu’il ne souffrait d’aucune maladie ou de problèmes médicaux préexistants. Des proches ont affirmé que sa mort avait été causée par des blessures subies lors de son arrestation, alors qu’il avait été battu.

L’agence de presse officielle palestinienne WAFA a cité un membre de sa famille, Ismail al-Masri, qui a déclaré que des soldats avaient tabassé Al-Saradeeh « dès qu’il s’était approché de la maison de son oncle pour vérifier pourquoi les militaires l’attaquait ».

Son frère est également intervenu à la télévision palestinienne et a déclaré qu’Al-Saradeeh avait été incarcéré par Israël pendant la Deuxième Intifada pour activités terroristes.

Khaled Abu Toameh a contribué à cet article.

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