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Le 7 octobre « est aussi un choc français » – Crif

"Depuis un an, nous ne vivons pas une période de révolution, mais de révélation et de clarification des positions des uns et des autres au sujet de l’antisémitisme", a expliqué Yonathan Arfi

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Yonathan Arfi, lors de son discours prononcé à l'occasion du dîner annuel du CRIF au carrousel du Louvre, à Paris, le 6 mai 2024. (Crédit : Julien De Rosa/AFP)
Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Yonathan Arfi, lors de son discours prononcé à l'occasion du dîner annuel du CRIF au carrousel du Louvre, à Paris, le 6 mai 2024. (Crédit : Julien De Rosa/AFP)

Le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien « est aussi un choc français », « révélateur des crises et des fractures françaises » sur l’antisémitisme, a affirmé samedi le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) Yonathan Arfi.

« Avec le 7 octobre, un nouveau seuil a été franchi. Car c’est aussi un choc français », a souligné Arfi dans un entretien au journal Le Monde publié samedi, avant le premier anniversaire de l’assaut barbare et sadique du groupe terroriste palestinien sur le sol d’Israël qui en retour a déclenché une guerre à Gaza.

« C’est un catalyseur et un révélateur des crises et des fractures françaises. Depuis un an, nous ne vivons pas une période de révolution, mais de révélation et de clarification des positions des uns et des autres au sujet de l’antisémitisme », ajoute-t-il.

Pour le président du CRIF, « bien au-delà d’un conflit géopolitique, le 7 octobre est d’abord l’épicentre d’un puissant séisme antisémite, dont les répliques se font sentir dans le monde entier ».

« Si l’antisémitisme en France s’embrase quand il y a une étincelle au Proche-Orient, je crains, en revanche, que cela ne se calme pas, même si le conflit devait s’apaiser », dit-il, déplorant que « pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l’antisémitisme est désormais alimenté à tous les étages de la société ».

Pour Arfi, « depuis le 7 octobre, le monde juif subit les coups de boutoir de LFI, qui a hystérisé à marche forcée le débat public autour de la question de Gaza » et « Jean-Luc Mélenchon a redonné une caution politique à l’antisémitisme dans notre pays ».

« Il est le premier responsable de sa flambée en France », accuse-t-il. « Comment la gauche socialiste, dont la lutte contre l’antisémitisme fait partie de la colonne vertébrale depuis l’affaire Dreyfus, peut-elle encore le juger fréquentable ? »

Le chef du mouvement d’extrême-gauche radicale anti-Israël, La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a appelé vendredi à « mettre des drapeaux palestiniens partout où c’est possible » à partir du 8 octobre, en réaction à une circulaire du ministre de l’Enseignement supérieur Patrick Hetzel sur le « maintien de l’ordre » dans les universités à la veille du 7 octobre. Il a aussi réclamé des drapeaux libanais, estimant que le Hezbollah n’était pas le problème.

Le CRIF organise lundi soir une cérémonie d’hommage aux victimes et de soutien aux otages du Hamas, un an tout juste après le drame, à laquelle participera le Premier ministre Michel Barnier.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

En réponse à ce pogrom, le plus meurtrier de l’histoire du pays et le pire mené contre des Juifs depuis la Shoah, Israël, qui a juré d’anéantir le groupe terroriste palestinien et de libérer les otages, a lancé une opération aérienne suivie d’une incursion terrestre dans la bande de Gaza, qui a commencé le 27 octobre.

On estime que 97 des 251 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre se trouvent toujours à Gaza, y compris les corps de 33 otages dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne.

Le Hamas avait échangé 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine fin novembre contre des prisonniers. Quatre captives avaient été remises en liberté. Huit otages vivants ont été secourus par les soldats et les dépouilles de 37 otages ont été récupérées, notamment celles de trois Israéliens qui ont été tués accidentellement par Tsahal.

Le groupe terroriste palestinien détient également deux civils israéliens entrés dans la bande de Gaza en 2014 et 2015, ainsi que les corps de deux soldats tués en 2014.

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