Le bail de l’île de la Paix ne sera pas prolongé avec la Jordanie – ministre
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Le bail de l’île de la Paix ne sera pas prolongé avec la Jordanie – ministre

Steinitz a dit que de nouvelles terres devront être trouvées pour les agriculteurs qui accédaient aux parcelles concernées sous les termes du traité de paix de 1994

Le passage vers l'île de la Paix du côté jordanien, le 29 janvier 2019 (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
Le passage vers l'île de la Paix du côté jordanien, le 29 janvier 2019 (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz a déclaré vendredi qu’Israël allait restituer des terres situées le long de la frontière, ce qui indique que les initiatives prises par l’Etat juif pour conserver l’accès aux parcelles concernées ont échoué.

La Jordanie avait annoncé l’an dernier qu’elle ne renouvellerait pas les dispositions présentes dans le traité de paix signé entre les deux pays en 1994 et qui accordait des baux de 25 ans sur ces terres agricoles.

Ces clauses arriveront à expiration le mois prochain.

Amman avait ultérieurement indiqué avoir reçu une demande du gouvernement israélien d’ouvrir officiellement des négociations sur l’avenir de ces terres, connues en Israël sous le nom de Naharayim, dans le nord, et de l’enclave de Tzofar, dans le désert d’Arava, au sud.

Au cours d’un entretien accordé à la radio militaire, Steinitz a été interrogé sur les chances israéliennes de conserver l’accès aux parcelles mises en cause.

« Non. C’était une clause particulière dans le traité de paix », a-t-il dit, expliquant que les zones concernées « font partie de la Jordanie mais qu’elles étaient jusqu’à aujourd’hui exploitables par les agriculteurs israéliens ».

Steinitz, membre du cabinet de sécurité et du parti du Likud au pouvoir, a déclaré que l’Etat juif trouverait d’autres terres pour les exploitants agricoles dans des secteurs placés sous contrôle israélien.

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz lors d’une conférence à Tel Aviv, le 27 février 2019 (Crédit : Flash90)

Idan Greenbaum, chef du conseil régional d’Emek HaYarden, dans le nord d’Israël, a critiqué Steinitz pour ses propos.

« Ce sont des paroles défaitistes et irresponsables », aurait-il affirmé, selon le site d’information Walla.

Greenbaum a déploré la restitution de la zone par Israël et appelé le gouvernement à engager des pourparlers avec la Jordanie, dont le ministre des Affaires étrangères avait exclu, l’année dernière, toute négociation sur la prolongation des baux.

La Jordanie a indiqué qu’elle exerçait un droit légal en décidant de ne pas renouveler l’accord, niant que l’initiative affecterait le traité conclu il y a plusieurs décennies – tentant ainsi d’apaiser les craintes, à Jérusalem, d’une dégradation des relations bilatérales.

Les responsables, au sein de l’Etat juif, se sont en effet inquiétés de ce que cette décision prise par la Jordanie ne signale une volonté de réduire les liens diplomatiques en place. Un grand nombre estime par ailleurs qu’elle reflète les pressions intérieures intenses exercées par l’opinion publique jordanienne qui considère encore – très largement – Israël comme un ennemi.

La Jordanie est le seul pays arabe avec l’Egypte avec lequel l’Etat juif a conclu un accord de paix.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) en Jordanie avec le roi Abdallah II (Crédit : Kobi Gideon/GPO/FLASH90)

Naharayim est également connu sous le nom d’île de la Paix, suite à un attentat meurtrier survenu au mois de mars 1997 au cours duquel un groupe de jeunes élèves, des filles, originaires de Beit Shemesh avaient été tuées par balles au cours d’une sortie scolaire. Les victimes et leurs professeurs, qui n’étaient pas armés, se tenaient au sommet d’une colline, au-dessus d’un lac abandonné de l’enclave quand un soldat jordanien avait ouvert le feu en leur direction, tuant sept élèves.

Suite aux meurtres, feu le roi Hussein avait effectué un voyage auprès des familles des jeunes victimes pour exprimer son chagrin personnel et la douleur de sa nation.

Les tensions entre Israël et la Jordanie ont augmenté ces dernières années sur les questions notamment du statut de Jérusalem et des lieux saints – un objet de conflit – ainsi qu’en raison des négociations de paix dans l’impasse avec les Palestiniens et suite à la mort de deux citoyens jordaniens qui avaient été tués par un gardien d’ambassade israélien à Amman, ce qui avait entraîné une crise diplomatique.

La semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis, en cas de victoire aux élections de mardi, d’étendre l’application de la souveraineté israélienne sur la partie de la vallée du Jourdain située en Cisjordanie.

Une promesse qui, selon le président du Parlement jordanien, pourrait remettre « en jeu » le traité entre les deux pays.

L’AFP a contribué à cet article.

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