Le Biélorusse Loukachenko affirme que « les Juifs ont mis le monde à genoux »
Rechercher

Le Biélorusse Loukachenko affirme que « les Juifs ont mis le monde à genoux »

Le président autoritaire biélorusse a déploré "l'holocauste du peuple biélorusse" pendant l'occupation nazie du pays au cours de la Seconde Guerre mondiale

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko assiste à une cérémonie de dépôt de gerbes au monument aux morts Mound of Glory, marquant le Jour de l'Indépendance, dans la banlieue de la capitale Minsk, en Biélorussie, le 3 juillet 2021. (Crédit : Maxim Guchek/BelTA Pool Photo via AP)
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko assiste à une cérémonie de dépôt de gerbes au monument aux morts Mound of Glory, marquant le Jour de l'Indépendance, dans la banlieue de la capitale Minsk, en Biélorussie, le 3 juillet 2021. (Crédit : Maxim Guchek/BelTA Pool Photo via AP)

Le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, a déclaré que les Juifs avaient mis le monde « à genoux » devant eux.

Le dirigeant autoritaire s’exprimait samedi à l’occasion de la fête de l’indépendance de la Biélorussie, qui marque la libération par les forces soviétiques de la capitale Minsk des mains des nazis en 1944.

« Les Juifs ont réussi à mettre le monde entier à genoux devant eux et personne n’osera élever la voix et nier l’Holocauste », a déclaré Loukachenko, dont les propos ont été rapportés par le radiodiffuseur public israélien Kan.

Selon une autre traduction effectuée lundi par le site d’information Ynet, Loukachenko aurait déclaré : « Les Juifs ont réussi à prouver à tous qu’ils ont vécu l’Holocauste et le monde entier s’agenouille devant eux. »

Faisant référence aux actions de l’Allemagne nazie durant l’occupation du territoire d’Europe de l’Est pendant la Seconde Guerre mondiale, Loukachenko a déclaré qu’il y avait eu un « Holocauste du peuple biélorusse ».

« Nous sommes si tolérants, si bons, nous ne voulions offenser personne et nous en sommes donc venus à être insultés », a-t-il déclaré, selon Ynet.

Kan a fourni une traduction différente de cette remarque, rapportée comme venant immédiatement après les remarques de Loukachenko sur les Juifs.

« D’un autre côté, les Biélorusses, une nation tolérante, se sont laissés cracher au visage », aurait-il dit.

Un conseiller principal de Sviatlana Tsikhanouskaya, qui a fui la Biélorussie l’année dernière après avoir défié Loukachenko lors d’une élection présidentielle largement considérée comme truquée, a critiqué le dirigeant biélorusse pour ses commentaires.

« Loukachenko démontre son incivilité, ses mensonges pathologiques et son antisémitisme manifeste. Cet homme tente d’entretenir en Biélorussie tout le mal contre lequel le monde se bat au 21e siècle », a déclaré Franak Viacorka à Kan.

La publication des commentaires de Loukachenko est intervenue après que le président Reuven Rivlin a envoyé une lettre samedi pour le féliciter à l’occasion de la fête nationale de la Biélorussie, faisant apparemment de lui l’un des rares chefs d’État occidentaux à féliciter le dirigeant biélorusse, qui est largement considéré comme un dictateur.

Le bureau de Rivlin a déclaré, en réponse aux critiques formulées sur les réseaux sociaux, que la lettre avait été envoyée conformément au protocole du ministère des Affaires étrangères pour la fête nationale de tout pays avec lequel Israël entretient des liens diplomatiques.

La Biélorussie a été secouée par des protestations alimentées par la réélection de Loukachenko à un sixième mandat lors d’une élection en août 2020 qui a été largement considérée comme truquée. Les autorités ont répondu aux manifestations par une répression massive qui a entraîné l’arrestation de plus de 35 000 personnes et le passage à tabac de milliers d’autres par la police.

Loukachenko, qui dirige d’une main de fer cette nation ex-soviétique de 9,5 millions d’habitants depuis 27 ans, a accusé à plusieurs reprises l’Occident d’avoir fomenté les manifestations et tenté de mettre en place des complots visant à l’évincer.

Vendredi, Loukachenko a affirmé que son gouvernement avait déjoué une série de complots prétendument soutenus par l’Occident, à la suite d’une série de nouvelles sanctions brutales imposées par l’UE suite à un incident survenu le mois dernier, au cours duquel des avions de chasse ont forcé un avion de ligne à atterrir dans le pays pour arrêter un journaliste dissident qui se trouvait à bord.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...