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Le blogueur et militant saoudien Raif Badawi est libre après 10 ans de prison

Il avait été condamné en 2014 à 10 ans de prison et à 50 coups de fouet par semaine pendant 20 semaines pour "insulte à l'islam"

Sur cette photo d'archives prise le 16 décembre 2015, Ensaf Haidar tient une photo de son mari Raif Badawi après avoir accepté le prix Sakharov des droits de l'homme du Parlement européen au nom de son mari, au Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)
Sur cette photo d'archives prise le 16 décembre 2015, Ensaf Haidar tient une photo de son mari Raif Badawi après avoir accepté le prix Sakharov des droits de l'homme du Parlement européen au nom de son mari, au Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)

Le blogueur et militant saoudien Raif Badawi a été libéré après dix années de prison pour avoir prôné la fin de l’influence de la religion sur la vie publique en Arabie Saoudite, où il était détenu.

« Raif m’a appelée, il est libre », a déclaré très émue à l’AFP vendredi sa femme, Ensaf Haidar. Une nouvelle confirmée par un responsable de la sécurité saoudienne à l’AFP sous le couvert de l’anonymat: « Oui, il a été libéré aujourd’hui », a indiqué cette source sans donner plus de détails.

L’ancien lauréat du prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse avait été condamné fin 2014 à dix ans de prison et à 50 coups de fouet par semaine pendant vingt semaines pour « insulte à l’islam ».

L’homme âgé aujourd’hui de 38 ans était devenu dans le monde un symbole de la liberté d’expression.

Sa femme et ses trois enfants, devenus citoyens canadiens, vivent au Québec. Ensaf Haidar se bat depuis des années pour la libération de son mari et pour qu’il puisse les rejoindre au Canada.

« Raif Badawi, défenseur des droits humains en Arabie saoudite, a enfin été libéré! », a tweeté Amnistie internationale Canada, parlant d’une « nouvelle tant attendue ».

« Vous vous êtes mobilisé.e.s par milliers à nos côtés dans la défense de Raif Badawi depuis 10 ans. Un grand merci à toutes et tous pour votre soutien sans relâche », a ajouté l’ONG.

Sur cette photo d’archive prise le 8 janvier 2021, un militant de l’ONG de défense des droits de l’homme Amnesty International tient un portrait de Raif Badawi devant l’ambassade d’Arabie saoudite à Bruxelles, demandant la libération du blogueur saoudien emprisonné. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

Pour Colette Lelièvre d’Amnistie internationale Canada, c’est un « grand soulagement ».

« Ensaf perdait ses mots parce que c’était trop soudain. Elle a travaillé tellement fort pour libérer son mari que les émotions la submergent », raconte-t-elle vendredi après avoir parlé avec la femme de Raif Badawi.

Amnistie rappelle que le blogueur saoudien reste pour l’instant soumis à une interdiction de quitter le royaume pendant dix ans une fois sa peine purgée.

Le Québec a ouvert la voie à l’exil de Raif Badawi au Canada en le plaçant sur une liste prioritaire d’immigrants potentiels pour raisons humanitaires.

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