Le cabinet donne le feu vert à la fermeture des petits commerces lors du Shabbat
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Le cabinet donne le feu vert à la fermeture des petits commerces lors du Shabbat

Le projet de loi qui pourrait voir les commerces de proximité fermés le samedi dans la majorité du pays rencontre l'opposition au sein de la coalition

Deux fillettes mangent une glace en sortant d'un petit commerce de Jérusalem, le 2 août 2010 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Deux fillettes mangent une glace en sortant d'un petit commerce de Jérusalem, le 2 août 2010 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Un projet de loi controversé qui pourrait empêcher les magasins de proximité d’ouvrir durant le Shabbat a été approuvé par le cabinet dimanche malgré l’opposition d’un partenaire essentiel de la coalition, le parti Yisrael Beytenu, dirigé par le ministre de la Défense Avigdor Liberman.

Les ministres issus de Yisrael Beytenu se sont opposés à la législation, le ministre du Logement Yoav Galant, issu de Koulanou, s’est abstenu, et tous les autres ministres ont voté en sa faveur. Le projet de loi passera dorénavant en Commission des Lois avant sa première lecture devant la Knesset.

Tandis que l’approbation par le cabinet confère habituellement à un projet de loi le soutien de la Knesset, dans ce cas particulier, la législation a des opposants, même au sein des partis de la coalition.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, lors de la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 3 décembre 2017 (Crédit : Sebastian Scheiner/AFP)

Le projet de loi, parrainé par le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri du parti ultra-orthodoxe Shas, accorderait au ministère la capacité de superviser et de rejeter les décrets locaux liés à l’ouverture des petits commerces le jour du Shabbat, la journée de repos juive qui s’étend du vendredi soir au samedi dans la nuit.

Même si ce projet de loi ferait une exception pour Tel Aviv – une ville majoritairement laïque – il pourrait mener d’autres magasins situés ailleurs à fermer pendant le Shabbat. Cette mesure survient après que la Haute cour a maintenu le droit de Tel Aviv à permettre aux petits commerces de rester ouverts pendant la journée juive de repos.

La semaine dernière, le chef de la faction du parti Yisrael Beytenu, le député Robert Ilatov, avait averti le chef de la coalition David Bitan dans un courrier que toute tentative visant à amener au vote du projet de loi dit des petits commerces rencontrerait l’opposition des cinq législateurs de sa formation à la Knesset.

« C’est une violation claire du statu-quo et un coup porté au public laïc qui est majoritaire en Israël », a dit dimanche Ilitov Sunday, réaffirmant l’intention de son parti de voter contre la loi au Parlement.

Avigdor Liberman, président de Ysrael Beytenu et ministre de la Défense, lors d’une réunion de son groupe parlementaire à la Knesset, le 8 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Liberman a indiqué, la semaine dernière, qu’il ne voyait aucune justification à une telle législation. « Je ne cherche pas à faire ouvrir les petits commerces à Bnei Brak, un lieu ultra-orthodoxe, et il n’y a aucune raison de les faire fermer à Haïfa ou n’importe où ailleurs », a-t-il dit.

Au cours du débat, Deri a expliqué que « nous souhaitons maintenir le statu-quo à travers le pays et empêcher Shabbat de devenir la journée nationale du commerce ».

Deri a noté à regret qu’il ne pouvait rien faire concernant Tel Aviv mais que « nous voulons simplement que ce qui existait dans le passé perdure à l’avenir ».

La position adoptée par Yisrael Beytenu pourrait nuire aux efforts livrés par Netanyahu de guérir les divisions de la coalition après une crise avec les partis ultra-orthodoxes entraînée par la question du travail lors du Shabbat.

Le mois dernier, Yaakov Litzman, du parti YaHadout HaTorah, a démissionné de son poste de ministre de la Santé en raison des travaux ferroviaires réalisés lors de la journée hebdomadaire de repos juif.

Dimanche dernier, Netanyahu a trouvé un accord avec les partis ultra-orthodoxes. Selon ses termes, le gouvernement chercherait à maintenir le statu-quo concernant l’observation du Shabbat dans le pays, avec notamment l’adoption de la loi sur les petits commerces.

Au-delà de cette dernière, Netanyahu, Litzman et Deri ont également convenu d’appuyer une proposition émanant du ministre des Transports Yisrael Katz qui prendrait en compte plusieurs considérations – dont l’identité juive – pour ordonner des travaux sur les lignes de train israéliennes. Mercredi, les législateurs ont donné leur accord préliminaire à ce projet de loi.

Le ministre de la Santé Yaakov Litzman, qui est également dirigeant du parti ultra-orthodoxe YaHadout HaTorah, parle aux journalistes après avoir donné sa démission au Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 26 novembre 2017 (Crédit : AFP/GALI TIBBON)

La loi israélienne interdit aux entreprises de fonctionner durant la journée de repos juif à l’exception des lieux de divertissement, des restaurants et des services de base comme les pharmacies. Elle interdit également les travaux susceptibles d’être réalisés à d’autres moments.

Les responsables des lignes ferroviaires indiquent pour leur part que si la maintenance n’est pas faite le jour du Shabbat – lorsque les trains sont à l’arrêt – ils se trouveront dans l’obligation de suspendre les services le dimanche, qui est souvent le jour où il y a le plus de déplacements.

Tel Aviv, qui accueille une population majoritairement laïque, a cherché à élargir le nombre de commerces ouverts lors du Shabbat tandis que les factions politiques ultra-orthodoxes se sont efforcées d’ajouter des restrictions et de durcir l’application des lois en vigueur pour le Shabbat.

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