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Le casse-tête du recrutement du chef de la coalition, pour remplacer Idit Silman

Nir Orbach, de Yamina, menace de suivre Idit Silman, qui a quitté la coalition ; l'époux de cette dernière se serait vu promettre un poste important par Netanyahu

La députée Idit Silman, présidente de la Commission de la santé de la Knesset, dirige une réunion de la commission à la Knesset, à Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
La députée Idit Silman, présidente de la Commission de la santé de la Knesset, dirige une réunion de la commission à la Knesset, à Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett a des difficultés à trouver un remplaçant à l’ancienne cheffe de la coalition, Idit Silman, issue de son parti Yamina. Silman a démissionné la semaine dernière et elle a rejoint l’opposition, privant la coalition de sa majorité à la Knesset et plaçant le gouvernement au bord de l’effondrement.

Selon un reportage qui a été diffusé mardi par la Douzième chaîne, les responsables de la coalition ont exprimé leur inquiétude à l’idée de ne trouver personne pour la remplacer dans ce contexte d’effilochage de l’alliance conclue entre les partis au pouvoir.

C’est le député Boaz Toporovsky, de la formation centriste Yesh Atid, qui occupe le poste de Silman depuis le départ de cette dernière, mais il ne pourra pas conserver cette fonction en raison des accords de coalition qui précisent que son remplaçant permanent doit appartenir à l’un des partis de droite de l’alliance.

Le législateur Yamina Nir Orbach, considéré comme le candidat naturel à cette fonction, a présenté à Bennett ses conditions pour rester au sein du gouvernement : l’abandon du plan gouvernemental visant à annuler les subventions versées pour la garde des petits enfants des étudiants en yeshiva ; la convocation de la commission de planification pour qu’elle approuve les plans de construction de 4 000 nouvelles habitations en Cisjordanie et le raccordement des avant-postes illégaux au réseau d’électricité.

« Sans solution à ces problèmes, je ne pourrai pas rester dans la coalition », a tranché Orbach, la semaine dernière.

Si une réponse a été apportée à certaines de ces demandes, la place d’Orbach reste incertaine au sein de la coalition – ce qui implique que pour le moment, il n’est pas un candidat viable au remplacement de Silman.

Le député Nir Orbach assiste à une réunion du comité des arrangements à la Knesset, à Jérusalem, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mardi, Bennett a reconnu avoir commis des erreurs dans sa gestion de la coalition disparate et il a promis de davantage se concentrer sur les dossiers intérieurs à l’avenir.

Il a aussi insisté sur le fait que son gouvernement en crise pouvait continuer à travailler, excluant toute perspective de coopération avec le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu, qu’il a critiqué pour sa conduite politique.

De son côté, le parti du Likud s’est entretenu avec des législateurs de droite pour tenter de les convaincre de quitter l’alliance de partis au pouvoir et de former un nouveau gouvernement.

Il aurait ainsi proposé à Ayelet Shaked, ministre de l’Intérieur et partenaire politique de longue date de Bennett, une place réservée sur sa liste pour les prochaines élections. Mais la députée de Yamina et d’autres, notamment Orbach, auraient décliné ces offres, préférant tenter une fois encore de stabiliser le gouvernement.

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked et le Premier ministre Naftali Bennett à la Knesset, le 11 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Même le mari de Silman a affirmé qu’un « poste politique à responsabilité » lui avait été offert dans un futur gouvernement qui serait placé sous l’autorité de Netanyahu, selon un reportage qui a été diffusé mardi par la Treizième chaîne – une information qui a été démentie avec véhémence par le chef de l’opposition.

Silman elle-même a confié à Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel, dans un entretien exclusif qui a été publié jeudi qu’elle avait quitté la coalition pour protester contre « l’érosion de l’identité juive » du pays au sein du gouvernement, qui comprend des partis de gauche, une faction arabe et des formations de droite, parmi lesquelles Yamina.

Son départ a eu lieu plusieurs jours après qu’elle a critiqué ouvertement Nitzan Horowitz, le ministre de la Santé, qui avait insisté pour que les hôpitaux se soumettent à un jugement de la Haute-cour qui autorisait l’introduction de Hametz – un produit au levain interdit aux Juifs pratiquants pendant Pessah – dans les établissements.

Elle a nié que le Likud l’ait faite venir dans l’opposition en lui promettant un portefeuille ministériel et d’autres bénéfices politiques, mais elle a affirmé que la coalition actuelle lui avait proposé de prendre la tête du ministère de la Santé pour la décider à renoncer à sa décision. Elle a précisé avoir rejeté cette offre.

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