Le cerveau de l’évasion affirme que personne ne l’a aidé à s’échapper
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Le cerveau de l’évasion affirme que personne ne l’a aidé à s’échapper

Mahmoud al-Arida, membre du Jihad islamique, aurait déclaré à son avocat que lui et les 5 autres fugitifs avaient suivi la couverture médiatique de l'évasion à l'aide de radios

Mahmoud al-Arida est vu lors d'une audience au tribunal de district de Nazareth, le 11 septembre 2021. (David Cohen/Flash90)
Mahmoud al-Arida est vu lors d'une audience au tribunal de district de Nazareth, le 11 septembre 2021. (David Cohen/Flash90)

Le cerveau présumé de l’évasion de la prison de Gilboa la semaine dernière a déclaré que lui et les cinq autres évadés avaient planifié leur opération il y a neuf mois, et n’avaient reçu aucune aide des autres prisonniers.

Mahmoud al-Arida a échangé mardi soir avec son avocat, Raslan Mahajna, pour la première fois depuis son arrestation vendredi, et a révélé de nouvelles informations concernant l’évasion.

« Je suis responsable de toute la planification de l’évasion et de l’excavation », s’est vanté al-Arida, selon des informations rapportées par les médias mercredi. Il a affirmé qu’ils n’avaient reçu aucune aide de l’intérieur ou de l’extérieur de la prison.

Mais selon une information publiée mardi, les enquêteurs chargés de l’évasion de lundi dernier pensent qu’au moins 11 prisonniers ont contribué à creuser le tunnel – un travail qui aurait commencé dès novembre 2020.

Al-Arida, considéré comme un membre haut placé du Jihad islamique, a été condamné à la prison à vie pour des activités terroristes, notamment des attaques dans lesquelles des soldats ont été tués.

Son avocat a déclaré qu’al-Arida avait affirmé que lui et les autres évadés avaient écouté les reportages sur l’évasion à l’aide de petites radios qu’ils avaient emportées de la prison.

Sur cette photo fournie par le Service des prisons d’Israël, on voit un trou au sol après que six prisonniers palestiniens se sont échappés de la prison de Gilboa, dans le nord d’Israël, le 6 septembre 2021. (Crédit : Service pénitentiaire israélien via AP)

Al-Arida a également confirmé que les six hommes s’étaient dirigés à pied vers la ville arabe voisine de Na’ura, à environ sept kilomètres de la prison, où ils se sont douchés et ont changé de vêtements avant de quitter la ville.

Citant des détails divulgués lors de l’interrogatoire du Shin Bet des quatre évadés qui ont été recapturés – parmi lesquels le commandant terroriste notoire Zakaria Zubeidi –, les informations indiquent qu’ils ont supplié plusieurs résidents de les conduire à la ville de Jénine en Cisjordanie, mais que ces derniers avaient refusé.

Les fugitifs capturés ont déclaré au Shin Bet qu’eux et leurs camarades avaient décidé de se séparer en trois paires et de se cacher dans le nord d’Israël jusqu’à ce que la zone frontalière de Cisjordanie se calme.

La police des frontières israélienne dans le village de Nau’ra recherche six fugitifs palestiniens qui se sont échappés d’une prison de haute sécurité dans le nord d’Israël, le 7 septembre 2021. (Crédit : Flash90)

« Nous voulions rejoindre la Cisjordanie, mais nous savions que de nombreuses unités nous attendaient aux frontières », a déclaré al-Arida mardi.

La police a capturé deux des fugitifs – dont al-Arida – à Nazareth dans la nuit de vendredi à samedi. Quelques heures plus tard, deux autres ont été appréhendés dans la ville voisine de Shibli-Umm al-Ghanam. Dans les deux cas, des Arabes israéliens qui ont rencontré les fugitifs avaient signalé leur présence suspecte aux autorités, ce qui a facilité leur capture.

Mais selon al-Arida, personne à Nazareth ne l’a signalé, lui et les autres fugitifs, aux autorités, et ils ont été arrêtés par hasard quand une patrouille de police les a repérés.

L’armée israélienne dit se rapprocher de l’endroit où se trouvent les deux derniers – Iham Kamamji et Munadil Nafiyat – qui sont tous deux membres du groupe terroriste du Jihad islamique.

Selon Haaretz, les autorités estiment que Nafiyat a réussi à se rendre à Jénine après avoir été identifié sur des images de sécurité franchissant la barrière frontalière la semaine dernière. Alors que les forces sont toujours à la recherche de Kamamji en Israël, il est estimé qu’il a également traversé en Cisjordanie et qu’il se dirigeait vers Jénine, selon l’article.

Des soldats israéliens prennent position le long de la frontière entre le nord de la Cisjordanie, près de Jénine, et Israël, alors qu’ils recherchent deux Palestiniens qui se sont échappés d’une prison de haute sécurité la semaine dernière, sur une route menant à la ville de Jénine en Cisjordanie, près de Gan Ner Israël, le 12 septembre 2021. (Crédit : AP/Ariel Schalit)

Il est de plus en plus craint que la capture des deux derniers fugitifs ne devienne beaucoup plus compliquée s’ils parviennent à atteindre le camp de réfugiés de Jénine, une zone interdite aux forces israéliennes et à l’Autorité palestinienne.

Cela nécessiterait un raid de Tsahal, ce qui non seulement augmenterait les risques de pertes israéliennes, mais rendrait également beaucoup plus difficile la capture des fugitifs vivants. Israël craint de faire d’eux des martyrs, alors qu’ils sont déjà idolâtrés par une grande partie de l’opinion publique palestinienne pour leur évasion audacieuse.

Les six prisonniers se sont échappés de la prison de Gilboa à l’aube lundi dernier, en passant par le système de drainage de leur cellule et un espace vide sous la prison.

Des policiers et des gardiens de prison inspectent les lieux de l’évasion de six prisonniers palestiniens, à l’extérieur de la prison de Gilboa, dans le nord d’Israël, le 6 septembre 2021. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner, File)

Alors que les autorités avaient prévenu que les évadés préparaient peut-être une attaque terroriste, al-Arida a déclaré qu’il était simplement « à la recherche de la liberté, pour embrasser ma mère ».

Les prisonniers auraient creusé à l’aide d’assiettes et de poignées de casseroles aiguisées et auraient déversé les déblais dans les égouts, dans des poubelles et dans des réserves d’eau de leur aile.

L’évasion est considérée comme l’une des plus graves de l’histoire d’Israël et le service pénitentiaire a fait l’objet de nombreuses critiques à la suite de l’incident, un enchaînement de maladresses ayant permis aux six détenus de s’échapper.

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