Le chef de la Banque d’Israël met en garde contre un confinement
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Le chef de la Banque d’Israël met en garde contre un confinement

Amir Yaron a estimé qu'un confinement coûterait 0,5 % de croissance au PIB, ajoutant ne voir "aucun risque d'une explosion de l'inflation" au sein de l'État juif

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Le gouverneur de la Banque d'Israël Amir Yaron s'exprime lors de la conférence Eli Horowitz pour l'économie et la société, organisée par l'Institut israélien de la démocratie, à Jérusalem, le 17 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le gouverneur de la Banque d'Israël Amir Yaron s'exprime lors de la conférence Eli Horowitz pour l'économie et la société, organisée par l'Institut israélien de la démocratie, à Jérusalem, le 17 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le numéro un de la banque d’Israël a expliqué, mardi, que le gouvernement devait prendre toutes les mesures possibles pour éviter un nouveau confinement alors que le nombre de cas de coronavirus continue à grimper et que certaines restrictions ont été remises en place pour tenter de réduire la propagation du variant Delta.

Amir Yaron a dit à Bloomberg que la Banque nationale disposait néanmoins des fonds nécessaires pour répondre à un confinement et il a cherché à apaiser les craintes portant sur une explosion de l’inflation.

Un confinement d’un mois réduirait la croissance économique israélienne de 0,5 % pour l’année, selon les estimations de la Banque, a-t-il averti. Au mois de juillet, la Banque avait prévu une croissance du PIB de 5,5 % en 2021 et de 6 % en 2022.

Il a aussi mis en garde contre l’incertitude qui est entraînée par les confinements.

« Nous devons faire tous les efforts imaginables pour éviter un confinement », a continué Yaron. « Il y a des fonds, dans le budget actuel, pour soutenir tout ce qui est lié à la COVID-19. Nous devrons encore prendre en charge tous ceux qui peuvent être placés en congé sans solde ».

Il a réclamé un plus grand respect des mesures visant à contenir le virus, appelant aussi à administrer l’injection de rappel à un plus grand nombre de citoyens et à tenter de mobiliser davantage ceux qui n’ont pas encore été vaccinés.

Si un confinement doit être imposé pendant la prochaine période de fêtes, moins de journée de travail seront affectées – ce qui réduira les dégâts économiques essuyés, a-t-il noté.

Yaron a indiqué que le taux d’inflation était aux alentours de 1,7 %, ce qui le place dans la cible qui avait été définie par la Banque d’Israël – entre 1 et 3 %.

La Banque œuvre à déterminer si l’inflation est transitoire – provoquée par des facteurs tels que l’étranglement des chaînes d’approvisionnement ou la demande actuellement contenue – ou si cela pourrait annoncer un phénomène à plus long-terme.

Israël « ne court pas le risque d’une explosion de l’inflation », a-t-il asséné. « Notre point de vue actuel, c’est que la plus grande partie de ce que nous voyons à l’œuvre aujourd’hui est encore fondamentalement transitoire. »

Il a ajouté que l’inflation israélienne était en partie importée de l’étranger.

Un agent de santé a prélevé un échantillon par écouvillonnage sur un homme dans un centre de dépistage du coronavirus à Jérusalem, le 10 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Il a applaudi le nouveau budget du gouvernement, disant que la Banque d’Israël avait donné aux députés « un registre entier » de propositions, au premier jour de travail de la nouvelle Knesset, qui sont inclues dans le budget.

« C’est très important de mobiliser un grand nombre de choses qui sont restées en suspens pendant plus de deux années, des années pendant lesquelles nous n’avons pas eu de budget. Je pense que c’est une très bonne nouvelle pour l’économie », a dit Yaron.

Malgré plusieurs mois de quasi-normalité, l’économie israélienne est encore en train de se rétablir des effets de la première année de la pandémie. Le chômage est encore élevé même si le gouvernement a mis un terme à la plus grande partie des mesures de soutien appliquées pendant la crise de la COVID-19 et les salaires sont encore en train de se rééquilibrer avec le retour des travailleurs sur le marché de l’emploi.

Lundi, le ministre des Finances Avigdor Liberman a déclaré aux journalistes « qu’une corrélation entre confinement et diminution du nombre de cas et de personnes gravement malades n’est pas clairement établie, mais ce qui est néanmoins très clair, c’est qu’il y a une corrélation entre confinement et dégâts économiques ».

Il a ajouté que l’économie avait besoin de certitude et que la perspective d’un confinement « nuit à la certitude ».

Le Premier ministre Naftali Bennett prend la parole à la Knesset le 2 août 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le gouvernement met en place des mesures pour s’efforcer de prendre le contrôle de l’épidémie. Le Premier ministre Naftali Bennett a convenu, mardi, avec de hauts-responsables de la santé, de l’expansion des restrictions visant à lutter contre la COVID pour tenter de réduire la hausse du nombre de cas liée au variant Delta.

Le cabinet Corona – qui rassemble des ministres de haut-rang chargés de déterminer la politique gouvernementale face à la pandémie – se rencontrera mercredi pour débattre des mesures proposées.

De son côté, la Treizième chaîne a fait savoir que Bennett espérait pouvoir étendre l’éligibilité à l’injection de rappel aux personnes âgées de plus de 45 ans ou de plus de 50 ans dans un proche avenir. Actuellement, seuls les Israéliens immunodéprimés ou appartenant à la catégorie d’âge des 60 ans ou plus peuvent se faire administrer une troisième dose.

Les écoles sont devenues une inquiétude majeure. Une source proche du ministère de l’Éducation, dont les propos ont été repris dans différents médias israéliens, a estimé qu’en date du 1er septembre – le premier jour de l’année scolaire – le pays pourrait connaître 5 000 contaminations quotidiennes au coronavirus chez les élèves.

Selon le ministère de la Santé, 2 942 nouveaux cas de COVID avaient été diagnostiqués mardi en début d’après-midi – 6 343 infections avaient été enregistrées la veille. C’est la première fois depuis le début du mois de février que plus de 6 000 personnes sont testées positives en une journée. Il y avait, mardi, 36 251 cas actifs dans le pays.

Au début de la semaine, le système tout entier du Pass vert a été réimposé en Israël, limitant la majorité des rassemblements publics, en espace clos ou en plein air, aux seules personnes vaccinées ou rétablies du coronavirus ou à celles qui sont en mesure de présenter un test négatif de dépistage à la maladie – à l’exception des enfants de moins de 12 ans et ce jusqu’au 20 août.

En plus des mesures locales, Israël s’efforce également de réduire la vague des nouveaux cas et des variants en provenance de l’étranger avec des régulations strictes pour les voyageurs revenant sur le territoire – vaccinés et non-vaccinés – depuis presque toutes les destinations. Une mise en quatorzaine à domicile est obligatoire mais elle peut être réduite à sept jours sur présentation de deux tests négatifs.

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