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Le chef de la diplomatie canadienne contre une procédure à la CPI

John Baird a récemment demandé à Saeb Erekat de retirer la comparaison faite entre l'EI et Israël

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, et le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, signent un document - mardi 21 Janvier, 2014. (Crédit : Flash 90.)
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, et le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, signent un document - mardi 21 Janvier, 2014. (Crédit : Flash 90.)

Le ministre canadien des Affaires étrangères a dénoncé dimanche l’ouverture par la Cour pénale internationale (CPI) d’un examen préliminaire sur des crimes de guerre présumés commis par Israël depuis l’été dans les Territoires palestiniens.

John Baird a qualifié de « très regrettable » la décision de la CPI, lors d’une conférence de presse commune avec son homologue israélien, Avigdor Liberman, à Jérusalem.

Le procureur de la CPI a annoncé vendredi l’ouverture de cet examen préliminaire pour savoir s’il existe une « base raisonnable » pour ouvrir une enquête, quelques jours après l’adhésion de la Palestine, Etat observateur à l’ONU depuis fin 2012, à la CPI.

Le Canada a joué un grand rôle dans la création de la CPI, juridiction compétente pour poursuivre des auteurs présumés de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, ce qui n’a pas échappé aux Israéliens.

« Nous pensons qu’il est totalement inacceptable qu’une organisation terroriste comme le Hamas (islamiste palestinien) puisse porter plainte contre Israël », a lancé M. Lieberman. « C’est se moquer du droit international, et l’opposition de l’un des fondateurs de la CPI est très importante, peut-être même cruciale ».

« Si nous n’observons pas de réel changement dans la position (palestinienne), nous demanderons à tous nos amis d’arrêter de financer la CPI », a encore dit M. Lieberman.

Le Canada a contribué en 2014 à hauteur de 5,6 millions d’euros au budget de la CPI.

Le Japon, dont le Premier ministre se trouve aussi en Israël, est le plus grand contributeur, avec 20,4 millions d’euros.

‘Blasphème’ juridique

Plus tôt dimanche, lors de sa rencontre avec son homologue Ryiad al-Malki à Ramallah, le siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, M. Baird a plaidé pour un retour à des négociations israélo-palestiniennes « directes », option que Palestiniens et Israéliens rejettent fermement en l’état.

« J’ai demandé au ministre (palestinien) de réévaluer les conséquences de toute action qui pourrait être contre-productive en vue d’une solution négociée avec l’Etat d’Israël », a affirmé M. Baird dans un communiqué.

En quittant Ramallah, le convoi de John Baird a reçu des œufs lancés par des Palestiniens.

Apprenant cela, le président israélien Reuven Rivlin a brisé le protocole et est venu accueillir en personne le ministre canadien à la porte de sa voiture.

Rivlin a qualifié la décision de la CPI de « blasphème à l’encontre des lois internationales ». En réponse, M. Baird l’a assuré que le Canada serait du côté d’Israël dans cette bataille juridique.

Fin 2012, le Canada avait été l’un des très rares pays à s’opposer à l’accession de la Palestine au statut d’Etat observateur à l’ONU. Et durant l’été, le gouvernement canadien réaffirmait le droit d’Israël à se défendre.

La presse palestinienne se faisait dimanche l’écho d’une nouvelle passe d’armes entre Baird et le négociateur en chef palestinien Saëb Erekat : il y a quelques jours, le premier exigeait du second qu’il s’excuse auprès d’Israël après avoir comparé l’Etat hébreu à l’organisation djihadiste Etat islamique qui multiplie les exactions en Irak et en Syrie.

Dans une tribune publiée dans un journal canadien, M. Erekat a retourné la même exigence, appelant M. Baird à s’excuser auprès du peuple palestinien pour avoir placé son pays « du mauvais côté de l’Histoire ».

Les pays alliés d’Israël, Canada et Etats-Unis en tête, s’opposent fermement à l’offensive diplomatique des Palestiniens qui entendent faire revoter un projet de résolution sur la fin de l’occupation israélienne sous trois ans.

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