Le chef de la diplomatie française prochainement en Iran
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Le chef de la diplomatie française prochainement en Iran

Jean-Yves Le Drian veut se montrer “très ferme et exigeant” sur les dossiers balistique et régionaux

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, pendant une conférence de presse au complexe présidentiel d'Ankara, en Turquie, le 14 septembre 2017. (Crédit : Adem Altan/AFP)
Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, pendant une conférence de presse au complexe présidentiel d'Ankara, en Turquie, le 14 septembre 2017. (Crédit : Adem Altan/AFP)

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a annoncé mardi à New York qu’il se rendrait prochainement en Iran « pour préparer une visite » d’Emmanuel Macron et se montrer « très ferme et exigeant » sur les dossiers balistique et régionaux.

Ce déplacement interviendra « dans les jours qui viennent », a déclaré le ministre, invité du centre de réflexion Council of foreign relations, en réaffirmant l’opposition de la France à toute mise en cause de l’accord conclu en 2015 entre six grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume Uni, France et Allemagne) et l’Iran pour garantir le caractère pacifique de son programme nucléaire.

Le président américain Donald Trump a récemment choisi de ne pas « certifier » cet accord et de s’en remettre au Congrès pour décider d’en retirer ou non les Etats-Unis, jugeant contraire à son « esprit » l’attitude iranienne dans les domaines balistique et d’influence régionale.

Le débat au Congrès est « crucial », a convenu Jean-Yves Le Drian. Mais « il ne faut pas se tromper de sujet », car « l’enjeu majeur dans le monde, c’est la prolifération chimique et nucléaire », a-t-il ajouté. « L’accord empêche, enraye la possibilité pour l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire ». « Le paquet nucléaire doit être traité à part », « l’accord est robuste », et « la France a été plus exigeante que les Etats-Unis » lors de sa rédaction, a-t-il dit.

Le président français Emmanuel Macron pendant la conférence du corps diplomatique à l'Elysée, à Paris, le 29 août 2017. (Crédit : Yoan Valat/Pool/AFP)
Le président français Emmanuel Macron pendant la conférence du corps diplomatique à l’Elysée, à Paris, le 29 août 2017. (Crédit : Yoan Valat/Pool/AFP)

« Ça n’empêche pas d’être ferme et exigeant sur les autres sujets » du programme balistique et de l’influence iranienne régionale, a poursuivi le ministre des Affaires étrangères, en indiquant qu’il comptait l’être lors de sa prochaine visite à Téhéran. Celle-ci devrait intervenir dans la deuxième moitié de novembre, a précisé son entourage.

La date à laquelle Emmanuel Macron se rendrait ensuite à Téhéran, ce qui serait la première visite d’un chef d’Etat français en Iran depuis 1976, n’a pas été précisée par Jean-Yves Le Drian.

Interrogé par des médias, le ministre a indiqué ne pas avoir évoqué le sujet du nucléaire iranien avec l’ambassadrice américaine, Nikki Haley, lors d’un entretien bilatéral lundi à New York intervenu avant une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée au Sahel. Selon des diplomates, Nikki Haley est à l’origine de la décision américaine de ne pas « certifier » l’accord avec l’Iran et de transférer le dossier au Congrès.

« On a des désaccords profonds avec l’Iran » sur le développement balistique « contraire à une résolution des Nations unies », et « la manière dont l’Iran directement ou par éléments interposés essaye de créer un canal direct [avec] la Méditerranée. »

« C’est à combattre, c’est ce que je vais dire à M. [Mohammad Javad] Zarif », a indiqué à des journalistes Jean-Yves Le Drian, précisant s’attendre à un « échange sportif. »

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