Le chef de la diplomatie iranienne juge « possible » un accord autour du 30 juin
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Le chef de la diplomatie iranienne juge « possible » un accord autour du 30 juin

Londres et Berlin ont appelé à plus de "flexibilité" de la part de Téhéran

Le ministre des Affaires étrangères de l'Iran Mohammad Javad Zarif lors de son interview sur NBC le 4 mars 2015 (Crédit : Capture d'écran)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Iran Mohammad Javad Zarif lors de son interview sur NBC le 4 mars 2015 (Crédit : Capture d'écran)

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a estimé lundi qu’un accord avec les Occidentaux sur le programme nucléaire controversé de Téhéran était « possible » d’ici la date-butoir du 30 juin « ou quelques jours après ».

« Il y a engagement politique de la part de chacun pour avancer » et « il y a une possibilité que nous terminions (cette négociation) d’ici la date-butoir ou quelques jours après », a déclaré M. Zarif à l’issue d’une réunion à Luxembourg avec ses homologues français, allemand et britannique et Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l’UE.

Ban exhorte les parties à faire « tous les efforts possibles »

Le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-Moon a exhorté mardi l’Iran et les grandes puissances à « faire tous les efforts possibles » pour parvenir à un accord sur le nucléaire, à une semaine de la date butoir des négociations.

« J’encourage fortement (les parties) à faire tous les efforts possibles (…) je leur demande de faire de leur mieux pour obtenir un accord », a déclaré M. Ban dans un entretien à la chaîne de télévision France 24.

Le secrétaire général de l’Onu a également demandé à Téhéran et au groupe des 5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) de faire preuve d' »esprit de flexibilité et de compromis » pour régler ce dossier sources de tensions internationales depuis plus d’une décennie.

Interrogé sur la possibilité d’avoir un accord historique dans les jours qui viennent, il a répondu: « Oui, je l’espère ».

Fabius énumère trois points indispensables à un accord avec l’Iran

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a détaillé lundi trois points indispensables pour parvenir à un accord avec Téhéran sur son programme nucléaire controversé, après une rencontre d’une heure avec son homologue iranien à Luxembourg.

« La France souhaite un accord robuste (…) qui comporte la limitation dans la durée des capacités nucléaires iraniennes de recherche et de production, ça veut dire un régime de vérification poussé y compris si c’est nécessaire sur des sites militaires », a énuméré Fabius devant la presse.

« Et ça veut dire qu’il faut aussi prévoir le retour automatique des sanctions en cas de violations par l’Iran de ses engagements », a-t-il ajouté.

« Tout cela est important à la fois pour la sécurité régionale et pour l’action contre la prolifération nucléaire », a continué le ministre.

Ces points délicats dans la négociation sont connus de longue date, mais la mise au point du ministre intervient alors qu’elles vont s’accélérer en fin de semaine, la date butoir pour ces discussions étant fixée au 30 juin.

« Ce sera la position que tiendra la France », a assuré Fabius.

Hammond : « Pas de compromis » possible sur la vérification des installations

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond, a estimé lundi qu’il n’y avait « pas de compromis » possible sur les inspections de sites nucléaires iraniens en cas d’accord avec Téhéran sur son programme controversé.

« Nous ne pouvons faire de compromis sur les lignes rouges absolues que nous avons dessinées. Si nous trouvons un accord, il doit être vérifiable (car) il y a un manque de confiance des deux côtés », a déclaré M. Hammond après avoir rencontré son homologue iranien Mohammad Javad Zarif à Luxembourg.

« Seule une pleine vérification, la possibilité pour l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) de confirmer que les deux parties respectent leurs engagements, pourra régénérer cette confiance à l’avenir », a continué M. Hammond.

M. Hammond a souligné que les discussions tournaient « à plein régime ». « Nous faisons des progrès et à un moment donné, plus tard cette semaine, ce week-end ou en début de semaine prochaine, les ministres se retrouveront pour s’impliquer », a-t-il ajouté.

Mais « il y a un nombre de domaines différents où nous n’avons pas encore trouvé d’accord. Comme dans toutes ces négociations, à la fin, il faut du donnant-donnant (…) et nous avons besoin d’un peu de flexibilité de la part des Iraniens », a estimé le ministre.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a également réuni les ministres européens en charge des négociations pour une courte réunion. Elle a qualifié ces retrouvailles de « bonnes » et « utiles ».

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