Israël en guerre - Jour 142

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Le chef de l’ONU dénonce une « punition collective » contre le peuple palestinien

Guterres a condamné "sans réserve" les attaques du 7 octobre, mais a ajouté que "les violences perpétrées par le Hamas ne peuvent en aucun cas justifier la punition collective"

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres lors d'une conférence de presse au sommet climatique de l'ONU COP28 à Dubaï, le 2 décembre 2023. (Crédit : Alejandro Azcuy/Présidence cubaine/AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres lors d'une conférence de presse au sommet climatique de l'ONU COP28 à Dubaï, le 2 décembre 2023. (Crédit : Alejandro Azcuy/Présidence cubaine/AFP)

Les violences du groupe terroriste palestinien du Hamas ne justifient « en aucun cas la punition collective » des Palestiniens, a jugé vendredi le secrétaire général de l’ONU, mettant la pression sur le Conseil de sécurité qui doit se prononcer sur son appel à un « cessez-le-feu humanitaire immédiat ».

« Je condamne sans réserve » les attaques du Hamas du 7 octobre, mais « les violences perpétrées par le Hamas ne peuvent en aucun cas justifier la punition collective du peuple palestinien », a déclaré Antonio Guterres qui a pour la première fois invoqué mercredi l’article 99 de la Charte de l’ONU pour provoquer cette réunion extraordinaire du Conseil sur un dossier qui « pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internationales ».

« Si les tirs indiscriminés de roquettes du Hamas vers Israël, et l’utilisation de civils comme boucliers humains sont des violations du droit de la guerre, un tel comportement n’absout pas Israël de ses propres violations », a-t-il insisté, décrivant une nouvelle fois une situation humanitaire « au point de rupture » et le risque d’un « effondrement total de l’ordre public » dans la bande de Gaza.

« Le monde et l’Histoire nous regardent. Il est temps d’agir », a-t-il ajouté devant les membres du Conseil, leur réclamant de « pousser pour un cessez-le-feu humanitaire immédiat ».

Israël a répondu à l’attaque du 7 octobre – qui a fait selon les autorités israéliennes 1 200 morts, majoritairement civils – par une incursion aérienne et terrestre visant à éliminer le Hamas.

Les combats ont poussé les habitants de Gaza vers le sud, transformant Rafah, près de la frontière égyptienne, en un vaste camp pour une grande partie des 1,9 million de personnes déplacées par le conflit, soit 80 % de la population de Gaza, qui ont dû quitter leur logement selon l’ONU depuis le début des hostilités, qui aurait fait plus de 17 000 morts selon le ministère de la Santé, contrôlé par le Hamas à Gaza.

Des Palestiniens évacuant une femme blessée dans le camp de réfugiés de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 décembre 2023. (Crédit : Mohammed Dahman/AP)

Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. Selon les estimations de l’armée israélienne, 5 000 membres du Hamas auraient été tués dans la bande de Gaza, auxquels s’ajoutent plus de 1 000 terroristes tués en Israël lors de l’assaut du 7 octobre.

Suite à l’invocation de l’article 99 par Guterres, les Émirats arabes unis ont préparé un projet de résolution, qui devait être soumis au vote vendredi matin. Mais le vote a été reporté à la fin de journée.

« Obligation d’empêcher les atrocités » 

La dernière version vue par l’AFP souligne la « situation catastrophique dans la bande de Gaza » et « exige un cessez-le-feu humanitaire immédiat ».

Le texte très court appelle également à la protection des civils, à la libération « immédiate et inconditionnelle » de tous les otages et à « assurer l’accès humanitaire ».

Mais l’issue d’un vote est incertaine, quatre projets de résolution ayant été rejetés par le Conseil dans les semaines suivant le début de la guerre.

Le Conseil était finalement sorti de son silence mi-novembre, réussissant à adopter une résolution qui appelait à des « pauses et couloirs humanitaires » dans la bande de Gaza, pas à un « cessez-le-feu » ni même une « trêve ».

Les États-Unis, alliés d’Israël qui ont mis leur veto à un des projets précédents et qui ont rejeté l’idée d’un cessez-le-feu, répètent qu’un nouveau texte du Conseil ne serait « pas utile à ce stade ».

« Notre position n’a pas changé », a insisté jeudi l’ambassadeur américain adjoint Robert Wood. « Nous pensons que la meilleure chose à faire, pour nous tous, (…) est de laisser la diplomatie discrète en coulisses se poursuivre et nous pensons que c’est le meilleur espoir pour essayer d’améliorer la situation sur le terrain, pour l’aide humanitaire, la libération des otages », a-t-il expliqué à quelques journalistes.

« Les États-Unis et tous les autres États membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont l’obligation claire, en vertu du droit international, d’empêcher les atrocités », a commenté dans un communiqué la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard.

« Nous espérons qu’aujourd’hui (…) le Conseil sera enfin capable d’appeler à un cessez-le-feu immédiat », a lancé de son côté l’ambassadeur palestinien à l’ONU Riyad Mansour. « Le temps du courage est venu (…) Vous devez agir maintenant. »

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