Le chef de l’ONU exhorte Israël à renoncer à l’annexion en Cisjordanie
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Le chef de l’ONU exhorte Israël à renoncer à l’annexion en Cisjordanie

Une réunion semestrielle du Conseil sur le conflit israélo-palestinien est programmée mercredi avec la participation de plusieurs ministres à la demande de la Ligue arabe

Le secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres s'adresse à la presse après sa visite du musée de l'Holocauste de Yad Vashem à Jérusalem, le 28 août 2017. (Crédit : Menahem Kahana / AFP Photo)
Le secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres s'adresse à la presse après sa visite du musée de l'Holocauste de Yad Vashem à Jérusalem, le 28 août 2017. (Crédit : Menahem Kahana / AFP Photo)

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, « exhorte Israël à renoncer à ses plans d’annexion » en Cisjordanie qui constituerait « une violation des plus graves du droit international », dans un nouveau rapport au Conseil de sécurité rendu public mardi.

Alors qu’une réunion semestrielle du Conseil sur le conflit israélo-palestinien est programmée mercredi avec la participation de plusieurs ministres à la demande de la Ligue arabe, le document souligne qu’une annexion serait « dévastatrice pour la solution à deux Etats ».

Elle « menacerait les efforts en faveur de la paix dans la région », insiste Antonio Guterres, en rappelant l’opposition y compris au sein de la société israélienne contre le projet israélien. « L’annexion unilatérale par Israël d’une partie quelconque de la Cisjordanie occupée fermerait effectivement la porte à une reprise des négociations et détruirait les perspectives d’un État palestinien viable et la solution à deux États. Ce serait catastrophique pour les Palestiniens, les Israéliens et la région », a-t-il écrit.

Le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit annoncer à partir du 1er juillet sa stratégie pour mettre en place le plan américain qui prévoit l’annexion par Israël des implantations juives et de la vallée du Jourdain, une vaste plaine agricole, en Cisjordanie, et la création d’un Etat palestinien sur un territoire réduit.

Ce plan a été rejeté par les Palestiniens.

La visioconférence du Conseil de sécurité sera la dernière grande réunion internationale tenue avant l’annonce de la stratégie israélienne.

L’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, Danny Danon, au Conseil de sécurité de l’ONU, New York, le 11 février 2020. (Crédit : UN Webcast)

« Toute décision sur la souveraineté relève exclusivement du gouvernement israélien », a souligné mardi dans un communiqué l’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon.

Selon des diplomates, une très forte majorité des membres de l’ONU devraient à nouveau s’opposer mercredi au projet israélien. « Il faut envoyer un message clair » et « on ne peut pas se contenter de condamner » la politique israélienne, souligne un ambassadeur sous couvert d’anonymat, en évoquant une saisine de la Cour de justice internationale.

Lors de la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël, une résolution condamnant cette décision avait été approuvée fin 2017 au Conseil de sécurité par 14 membres sur 15 mais les Etats-Unis avaient utilisé leur veto. Une résolution similaire présentée ensuite à l’Assemblée générale de l’ONU, où le veto n’existe pas, avait recueilli 128 voix en sa faveur, 35 pays s’abstenant.

Interrogés sur la possibilité de sanctions contre Israël, comme celles qui avaient été imposées par certains pays ou groupes de pays contre la Russie après l’annexion de la Crimée, des diplomates semblent l’écarter.

« Toute annexion aurait d’énormes conséquences pour la solution à deux Etats dans le processus de paix », relève un ambassadeur sous couvert de l’anonymat. Mais « il est difficile de comparer avec la Crimée où il y a eu invasion par un voisin alors qu’au Proche-Orient il s’agit d’une situation politique compliquée » depuis des décennies, précise-t-il.

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