Le chef de l’UNRWA suspendu de ses fonctions
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Le chef de l’UNRWA suspendu de ses fonctions

Une enquête interne faisant état de mauvaise gestion et d'abus de pouvoir vise Pierre Krähenbühl

Pierre Krahenbuhl, Commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), assiste à une cérémonie marquant le début de l'année scolaire dans une école de l'UNRWA dans le camp de réfugiés palestiniens Al-Wehdat, à Amman, le 2 septembre 2018. (Photo AP / Raad Adayleh)
Pierre Krahenbuhl, Commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), assiste à une cérémonie marquant le début de l'année scolaire dans une école de l'UNRWA dans le camp de réfugiés palestiniens Al-Wehdat, à Amman, le 2 septembre 2018. (Photo AP / Raad Adayleh)

Le Suisse Pierre Krähenbühl, commissaire général de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) et mis en cause par une enquête interne pour abus de pouvoir, a quitté ses fonctions temporairement, a annoncé mercredi l’agence.

Son remplaçant par intérim, Christian Saunders, a été nommé par le secrétaire général de l’ONU, a indiqué l’Unrwa dans un communiqué.

Les résultats de l’enquête « ont révélé des problèmes de gestion qui concernent spécifiquement le commissaire général », précise l’agence. Celui-ci « s’est retiré (de l’Unrwa) jusqu’à la fin » de l’enquête.

Fin juillet, un rapport émanant du département éthique de l’Unrwa et envoyé au secrétaire général de l’ONU faisait état de mauvaise gestion et d’abus de pouvoir commis par un petit groupe de hauts responsables – pour la plupart des expatriés – qui ont contourné les mécanismes de contrôle de l’ONU.

L’AFP s’était procuré une copie du rapport qui décrit comme « crédibles et corroborés » de graves abus éthiques commis par des hauts dirigeants, dont le commissaire général de l’Agence, Pierre Krähenbühl.

Parmi les accusations figurent celles « d’agissements à caractère sexuel inappropriés, népotisme, représailles, discriminations et autres abus d’autorité, (commis) à des fins personnelles, pour réprimer des divergences d’opinion légitimes », selon le rapport.

Pierre Krähenbühl aurait lui-même noué une relation amoureuse avec sa conseillère principale, nommée en 2015, après un processus de recrutement « extrêmement rapide », précise le document.

Cette conseillère aurait ainsi suivi le commissaire général en classe affaires lors de ses déplacements à l’international.

Fondée en 1949, l’Unrwa gère des écoles et fournit une aide vitale à des millions de réfugiés palestiniens en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans les Territoires palestiniens. Elle emploie 30 000 personnes, principalement des Palestiniens.

Plus de 700 000 Palestiniens ont été expulsés ou ont fui leurs terres entre avril et août 1948, au moment de la création d’Israël, selon l’ONU. Ces personnes, ainsi que leurs descendants, ont le statut de réfugiés.

Israël et les Etats-Unis s’opposent au fait que les Palestiniens puissent transmettre le statut de réfugié à leurs enfants (les seuls au monde à pouvoir transmettre le statut), souhaitant ainsi réduire le nombre de personnes bénéficiant d’une aide de l’Unrwa, ce que les Palestiniens dénoncent comme une violation de leurs droits.

En 2018, les Etats-Unis ont mis fin à leur aide financière annuelle de 300 millions de dollars (270 millions d’euros) à l’Unrwa.

Un diplomate européen, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a déclaré qu’il était « reconnaissant pour tout ce qu’il (Pierre Krähenbühl) a fait pour maintenir l’organisation pendant une période difficile, mais que la décision de se retirer maintenant était la bienvenue ».

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