Le chef de l’USC Shoah Foundation exhorte Amazon à lâcher ‘Hunters’
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Le chef de l’USC Shoah Foundation exhorte Amazon à lâcher ‘Hunters’

Stephen Smith, directeur de la Fondation des archives de l'histoire audiovisuelle des survivants de la Shoah de Spielberg, dit que les rescapés "ont cherché justice, pas vengeance"

Une capture d'écran de la nouvelle série d'Amazon "Hunters". (Crédit : Amazon Studios)
Une capture d'écran de la nouvelle série d'Amazon "Hunters". (Crédit : Amazon Studios)

JTA – Le directeur de la Fondation des archives de l’histoire audiovisuelle des survivants de la Shoah (USC Shoah Foundation) fondée par Steven Spielberg a appelé Amazon Prime à ne pas poursuivre la production d’une deuxième saison de « Hunters », une série fictive sur une équipe de chasseurs de nazis dans l’Amérique des années 1970, menée par l’acteur Al Pacino.

« Les survivants de la Shoah ont recherché la justice, pas la vengeance », a écrit le célèbre universitaire, Stephen Smith, dans une tribune publiée jeudi par le Jewish Journal.

Smith dirige l’USC Shoah Foundation, l’organisation à but non lucratif créée en 1994 par le cinéaste juif américain Steven Spielberg, dont l’idée est de répertorier des témoignages filmés de survivants et d’autres témoins de la Shoah.

En ne faisant pas la différence entre justice et vengeance, la série « anéantit toutes les différences significatives entre la victime et l’agresseur, » déplore Smith, qui a cité une scène du premier épisode dans laquelle l’un des justiciers vengeurs gaze un ancien chimiste nazi dans sa douche.

« Les Juifs n’ont jamais gazé les nazis. Point. Le fait que je doive même faire valoir ce point prouve suffisamment à quel point cette pente glissante peut devenir dangereuse », explique Smith. « Amazon ne doit pas la renouveler pour une deuxième saison. »

A LIRE : Un escadron de la mort juif poursuit les nazis dans la série « Hunters » d’Amazon

« En brouillant la frontière entre réalité et fiction, ‘Hunters’ brouille les archives historiques, manque de respect à ceux qui ont péri et fournit des armes à ceux qui cherchent à nier la vérité de l’Holocauste », estime-t-il.

Si les cinéastes « avaient pris le temps et la peine d’écouter de vraies expériences », a-t-il ajouté, « les flashbacks sur l’Holocauste dans la série auraient pu être de vraies choses qui sont arrivées à de vraies personnes, plutôt que des fantasmes de scénaristes ».

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David Weil, le réalisteur de la série Hunters assite à l’avant première de la série diffusée sur Amazon Prime Video le 19 février 2020 à Los Angeles, California. (Crédit : Frazer Harrison/Getty Images/AFP)

La série « Hunters » produite par Amazon, qui met en scène des chasseurs de nazis dans les années 1970, contient des scènes historiquement fausses, a déploré le mémorial du camp de la mort d’Auschwitz, qui craint que cela n’encourage les thèses négationnistes.

« Auschwitz était rempli de douleurs et de souffrances atroces, documentées par les récits des survivants. Inventer un faux jeu d’échecs humain pour (la série) Hunters est non seulement une stupidité dangereuse et une caricature, mais c’est aussi accueillir les futurs négationnistes… Nous honorons les victimes en préservant l’exactitude des faits », a écrit dimanche sur Twitter le musée d’Auschwitz, situé en Pologne.

Le message était accompagné d’une photo tirée de la scène de « Hunters » en question, montrant des prisonniers d’Auschwitz sur les cases d’un échiquier géant – chaque « pion » est tué quand il est éliminé du jeu.

La scène, l’un des « flashbacks » des évènements vécus par l’un des personnages, ne s’appuie sur aucune réalité historique, d’où la réaction de l’institution.

Le créateur de la série, David Weil, s’est défendu des critiques du mémorial d’Auschwitz, mettant en avant le fait qu’il s’agissait d’une œuvre de fiction.

« Hunters » a beau « être inspirée d’événements réels », « ce n’est pas un documentaire. Et ça n’a jamais prétendu l’être », écrit-il dans un communiqué transmis à l’AFP.

L’auteur, qui souligne avoir visité le camp de concentration où sa grand-mère a été déportée, qualifie ainsi la scène du jeu d’échecs « d’événement fictionnalisé ».

Pour lui, cette scène était importante afin de « montrer le sadisme et la violence extrêmes commis par les nazis contre les Juifs et les autres victimes » et ainsi « contrer le révisionnisme ».

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