Le chef de Raam discute de la solution à deux États avec le roi de Jordanie
Une rare rencontre a lieu à Amman, selon des responsables du parti islamiste. La Jordanie et Israël cherchent à améliorer leurs relations sous le nouveau gouvernement Bennett-Lapid

Le chef du parti islamiste Raam, Mansour Abbas, a rencontré le monarque jordanien, le roi Abdallah II, à Amman mardi, ont annoncé des responsables du parti Raam.
Walid al-Hawashleh, responsable du parti Raam, a confirmé au Times of Israel la rencontre, rapportée pour la première fois par la douzième chaîne, mais a refusé de faire d’autres commentaires.
Dans un communiqué, les médias d’État jordaniens ont déclaré qu’Abdallah et Abbas ont discuté du processus de paix entre Israël et les Palestiniens. Abdallah a réitéré son soutien à une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.
En outre, Abdallah et Abbas ont tous deux souligné l’importance de maintenir le statu quo sur le Mont du Temple de Jérusalem.
« Abbas a exprimé son appréciation pour les positions de Sa Majesté le Roi envers la cause palestinienne et les efforts inlassables de la Jordanie pour préserver le statu quo à Jérusalem », selon un communiqué publié par l’agence officielle jordanienne Petra News Agency.
Le monarque jordanien n’a jamais rencontré un chef de parti arabe israélien qui était membre d’un gouvernement israélien. Raam est le premier parti arabe israélien à rejoindre une coalition israélienne depuis des décennies, alors qu’Abdallah règne depuis 1999.
La famille hachémite au pouvoir en Jordanie a aussi traditionnellement entretenu des relations conflictuelles avec les factions islamistes locales, notamment les Frères musulmans. Raam partage des liens idéologiques avec les Frères musulmans et s’inspire de certains des mêmes penseurs islamistes.
Le nouveau gouvernement israélien a cherché à rétablir les liens avec la Jordanie. Les relations entre Jérusalem et Amman ont atteint un niveau historiquement bas dans les dernières années de l’administration de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Le Premier ministre Naftali Bennett a rencontré secrètement Abdallah début juillet, presque immédiatement après son entrée en fonction. Bennett a ensuite promis de « réparer les relations » avec le royaume voisin lors d’un discours à la Knesset.
Dans une interview avec CNN, Abdallah s’est ensuite déclaré « encouragé » par la réunion, bien qu’il ait reconnu que le Bennett pro-implantations était peu susceptible d’établir un État palestinien, que le monarque soutient.
« Ce gouvernement n’est peut-être pas le gouvernement le plus idéal, à mon avis, pour [faire] avancer la solution à deux États, qui, selon moi, est la seule solution », a déclaré Abdullah.
Les responsables politiques jordaniens et israéliens ont depuis lors tenu un certain nombre de réunions de haut niveau, jusqu’alors rares. La semaine dernière, les ministres de l’Économie de Jordanie et d’Israël ont d’ailleurs signé un accord visant à accroître les exportations jordaniennes vers l’Autorité palestinienne.







