Le chef de Rafael démissionne après une série de controverses
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Le chef de Rafael démissionne après une série de controverses

Yedidia Yaari, PDG de longue date de l'entrepreneur en armement détenu par l’Etat, aurait été poussé vers la sortie après un conflit avec le ministre de la Défense

Le logo de Rafael (Crédit : Tsahi Ben-Ami / Flash 90)
Le logo de Rafael (Crédit : Tsahi Ben-Ami / Flash 90)

Le chef de longue date de l’un des principaux entrepreneurs de la Défense d’Israël a été forcé de quitter son emploi par les fonctionnaires du ministère de la Défense la semaine dernière.

Yedidia Yaari, dirigeant de Rafael Advanced Defense Systems, le fabricant d’armes appartenant à l’État et artisan du système d’interception de missiles « Dôme de fer », a présenté sa démission dimanche dernier après une altercation avec le ministre de la Défense Moshe Yaalon.

Selon un reportage publié dans le quotidien Haaretz, en dépit d’une carrière réussie et de 11 ans à la tête de l’entreprise de technologie militaire, Yaari avait prévu de démissionner à la fin de 2015, après plusieurs mésaventures médiatisées.

Mais un incident supplémentaire survenu début mai a poussé les officiels de la Défense à le pousser vers la sortie plus tôt que prévu et ce avant d’avoir trouvé un remplaçant à son poste.

Un incident aurait impliqué des ventes d’armes non autorisées de Rafael à un pays d’Asie centrale, sous le nez du gouvernement israélien et en concurrence directe avec un autre entrepreneur israélien, comme l’indique l’article.

La bourde est particulièrement délicate car elle fait écho à un épisode semblable de 2013 – au cours duquel deux entrepreneurs de la défense israéliennes d’Etat, plombés par un comportement concurrentiel, avaient coulé un contrat de vente armes à la Pologne.

Sous le mandat de Yaari, un employé de Rafael avait commis une autre gaffe en téléchargeant des documents sensibles liés à l’armée sur son ordinateur de travail à partir du réseau interne de l’armée israélienne. Ce qui constitue une violation caractérisée de la sécurité.

L’officier supérieur de l’employeur était au courant de la violation mais n’avait pas informé le bureau du ministère de la Défense concerné.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase s’est produite à Singapour, pendant le spectacle de la défense maritime IMDEX Asie, du 19 au 21 mai.

Au pavillon israélien, Yaari a prononcé un discours en hébreu évoquant la politique étrangère d’Israël vis-à-vis de Singapour et fustigeant les autres responsables de la Défense israélienne en visite au salon.

Yedidia Yaari, en 2003. (Crédit : Wikipedia/Johnny Bivera, U.S. Navy photo, Public domain)
Yedidia Yaari, en 2003. (Crédit : Wikipedia/Johnny Bivera, U.S. Navy photo, Public domain)

Bien que ce ne soit pas officiel, Israël est largement soupçonné d’avoir donné un élan aux ventes d’armes à la cité-État d’Asie du Sud-Est.

Après l’incident, les hauts responsables du ministère de la Défense, y compris Yaalon, ont exercé des pressions sur Yaari, le poussant à démissionner. Yaalon a également menacé d’annuler une visite prévue lundi dernier au siège de Rafael.

Yaari a obtempéré et a démissionné par téléphone dimanche dernier. Aucun candidat n’a encore été choisi pour le remplacer.

Rafael développe et produit des armes, des technologies militaires et des techniques de défense pour l’armée israélienne et pour l’exportation à l’étranger.

Ses projets comprennent des roquettes guidées, la balistique et le missile intercepteur « Dôme de fer », un énorme succès, essayé et testé lors de conflits entre Israël et le Hamas à Gaza.

Les ventes de 2013 s’élevaient à deux milliards d’euros.

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