Le chef du Shin Bet met en garde contre les investissements chinois
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Le chef du Shin Bet met en garde contre les investissements chinois

Pour Nadav Argaman, Israël doit mettre en place un système de contrôle pour empêcher les entreprises chinoises de s'emparer d'infrastructures stratégiques clés

Le chef des services de sécurité du Shin Bet  Nadav Argaman lors de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, le 6 novembre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le chef des services de sécurité du Shin Bet Nadav Argaman lors de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, le 6 novembre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le responsable du Shin Bet a averti que les investissements massifs chinois pourraient présenter un danger pour la sécurité nationale, d’après un reportage diffusé mercredi sur Channel 10.

« L’influence chinoise en Israël est particulièrement dangereuse en terme d’infrastructures stratégiques et d’investissements dans de grandes entreprises, » a déclaré Nadav Argaman lors d’un discours prononcé derrière des portes closes lundi à l’université de Tel Aviv.

Dans son discours — lors duquel il a également mis en garde contre des ingérences étrangères lors des prochaines élections israéliennes — le chef du Shin Bet a souligné que des entreprises chinoises ont déjà pris le contrôle de l’activité d’exploitation du port d’Haïfa et de la construction du réseau de tramway de Tel Aviv et tentait d’acquérir d’autres grades entreprises israéliennes.

Pour Argaman, la Knesset doit voter une loi permettant de surveiller les investissements étrangers en Israël.

« Il y a des vides juridiques dans la législation israélienne en ce qui concerne la surveillance des investissements étrangers », aurait-il jugé d’après Channel 10. « Cela pourrait être dangereux, il faut légiférer. »

La Chine et l’Etat juif ont resserré leurs liens commerciaux ces dernières années et ont entamé des discussions sur un projet de libre-échange.

Les entreprises de l’Empire du milieu sont parvenues à des incursions majeures dans l’économie israélienne, dont notamment le rachat du géant local de l’agro-alimentaire, Tnuva, en 2014 et des accords pour prendre le contrôle des ports clés d’Haïfa et d’Ashdod.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président chinois Xi Jinping, (à droite), se serrent la main à la résidence des visiteurs officiels de l’Etat de Diaoyutai à Pékin le 21 mars 2017 (Crédit : Etienne Oliveau/Pool/ AFP Photo)

D’après certains médias israéliens, ces inquiétudes d’une présence croissante de la Chine dans des secteurs cruciaux pour la sécurité nationale ont avaient poussé le ministre des Finances à saborder des accords visant à racheter les sociétés d’assurance Clal et Phoenix en 2016 et 2017. Argaman aurait été impliqué dans ces décisions.

Lors de sa visite en Israël la semaine dernière, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison blanche, John Bolton, a encourage les autorités israéliennes à s’opposer plus fermement aux géants chinois des télécommunications Huawei et ZTE, a indiqué un représentant américain officiel mercredi.

« Nous sommes tous préoccupés par le vol de propriété intellectuelle et par l’utilisation d’entreprises de télécommunications par le gouvernement chinois afin de rassembler des renseignements », a indiqué un cadre de l’administration informé des discussions, d’après Reuters.

L’article rapporte que l’administration américaine ne veut pas que des obstacles l’empêchent de partager des informations sensibles avec les Israéliens. Le cadre a souligné des inquiétudes concernant les technologies chinoises et les investissements dans le port d’Haïfa.

« Nous suivons cela avec la plus grande attention, » a-t-il ajouté.

Plusieurs analystes et officiels ont exprimé leur grande préoccupation ces dernières semaines au sujet d’un accord qui confiera au Shanghai International Port Group la responsabilité du terminal à conteneurs du port à partir de 2021.

Le poste de pilotage de l’USS George H.W. Bush, au large de Haïfa, le 1er juillet 2017. (Crédit : Momi Gabay/Haifa Port Authority)

Ils craignent qu’autoriser Pékin de s’implanter dans un lieu d’une telle importance stratégique, à proximité d’une base navale israélienne, ne compromette les moyens de renseignement israéliens et ne conduise même les navires militaires américains à éviter tout arrimage à Haïfa.

Selon une source bien informée, le ministère des Transports a commis une grave erreur en choisissant les Chinois sans consulter le Conseil de sécurité nationale.

Lors de son discours de lundi, Argaman a également averti l’Etat juif qu’un pays étranger « compte intervenir » dans les élections législatives d’avril via des cyber-attaques.

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