Le co-fondateur de WeWork, Adam Neumann, poursuit SoftBank en justice
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Le co-fondateur de WeWork, Adam Neumann, poursuit SoftBank en justice

L'entrepreneur israélien a engagé des poursuites contre le conglomérat japonais qui s'était retiré d'un accord visant à sauver financièrement WeWork

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Adam Neumann, co-fondateur de WeWork, participe à la cérémonie de l'ouverture du Nasdaq à New York, le 16 janvier 2018. (AP/Mark Lennihan, File)
Adam Neumann, co-fondateur de WeWork, participe à la cérémonie de l'ouverture du Nasdaq à New York, le 16 janvier 2018. (AP/Mark Lennihan, File)

Lundi, l’ancien PDG de WeWork Adam Neumann a engagé des poursuites judiciaires contre SoftBank et son important fonds d’investissements Vision Fund. Il leur reproche d’avoir retiré leur offre de 3 milliards de dollars pour sa startup de partage d’espace de bureaux.

Dans l’action en justice, déposée au tribunal de Chancery dans l’État du Delaware, Neumann affirme que le conglomérat japonais a rompu « ses engagements contractuels et ses obligations fiduciaires ». Neumann accuse SoftBank d’avoir « mené des démarches secrètes pour nuire à l’accord », a rapporté CNN.

L’offre faisait partie d’une enveloppe de sauvetage de 9,6 milliards de dollars validé en octobre. L’accord permettait à SoftBank de prendre le contrôle de WeWork après la tentative désastreuse d’OPA de la startup l’année dernière.

SoftBank s’est retiré de l’accord le 1er avril, en affirmant que WeWork n’avait pas rempli certaines des pré-conditions du plan. L’entreprise américaine n’aurait notamment pas réussi à obtenir l’accord des autorités antitrust et à régler des procédures criminelles et civiles en cours, avait indiqué SoftBank dans un communiqué.

Ce dernier affirmait que Neumann, sa famille et d’autres grands actionnaires profiteraient le plus de l’appel d’offre, pas les employés de WeWork.

Les appels d’offres sont un moyen de prendre le contrôle publiquement d’une entreprise en achetant les parts des actionnaires, habituellement pour un prix spécifique et sur une période de temps définie.

« SoftBank se défendra fermement contre ces allégations infondées, a averti Rob Townsend, le conseiller juridique de SoftBank, dans un communiqué. Selon les termes de notre accord, qu’Adam Neumann a signé, SoftBank n’avait aucune obligation de remplir l’appel d’offre dans laquelle M. Neumann – le plus grand bénéficiaire – cherchait à vendre pour près d’un milliard de dollars en actions ».

SoftBank a enregistré de grosses pertes à cause de l’épidémie du coronavirus, et WeWork a vu son taux d’occupation plonger.

Le mois dernier, le conseil d’administration de WeWork a engagé des poursuites séparées contre SoftBank pour l’accord avorté. L’action en justice déposée lundi cherche à associer les deux dossiers.

Neumann, qui est né en Israël et qui a partiellement grandi dans un Kibboutz, avait bouleversé le monde des startups avec son entreprise. Pourtant des pertes financières de plus en plus importantes et une gestion chaotique de l’entreprise lui ont donné une image négative, sans compter la tentative ruineuse et avortée d’OPA à la fin de l’année dernière.

L’entreprise avait été considérée comme l’une des start-ups les plus chères aux États-Unis, atteignant une valeur de 47 milliards de dollars. Quand elle a accepté l’offre de sauvetage de SoftBank, sa valeur se situait autour de 8 milliards de dollars.

WeWork gagne de l’argent en louant des bâtiments, puis en les divisant en espaces de bureau que l’entreprise sous-loue sur une base flexible et à court-terme.

Neumann avait impressionné les investisseurs privés par sa vision de création d’espaces de travail qui se soucient du bien-être général de ses utilisateurs.

Il a été forcé de quitter son poste de directeur exécutif en 2019, la valeur de l’entreprise ayant plongé et faisait lui-même l’objet de fortes critiques concernant son comportement et sa gestion. En octobre 2019, WeWork a été repris par SoftBank, qui a dépensé plus de 5 milliards de dollars pour l’achat. Neumann a empoché près de 2 milliards de dollars dans l’accord.

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