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Nécrologie

Le comique Richard Lewis, prince noir de la névrose juive, meurt à 76 ans

Avec des rôles mémorables dans "Larry et son nombril" et "Robin des Bois" de Mel Brooks, Richard Lewis disait qu'il considérait la comédie comme un acte profondément juif

Le comédien Richard Lewis assistant à un match de basket-ball de la NBA, à Los Angeles, le 25 décembre 2012. (Crédit : Alex Gallardo/AP Photo/Dossier)
Le comédien Richard Lewis assistant à un match de basket-ball de la NBA, à Los Angeles, le 25 décembre 2012. (Crédit : Alex Gallardo/AP Photo/Dossier)

JTA – Le comédien Richard Lewis, qui a su tirer parti de sa personnalité juive névrosée et de son humour plein d’autodérision pour mener une carrière de 50 ans en tant qu’humoriste et acteur, est décédé mercredi. Il avait 76 ans.

Lewis était en mauvaise santé depuis un certain nombre d’années et avait annoncé en avril dernier qu’on lui avait diagnostiqué la maladie de Parkinson deux ans auparavant. Bien qu’il se considérait comme retraité du stand-up, il était réapparu en tant qu’acteur régulier dans la saison actuelle de « Larry et son nombril », l’émission de HBO créée par son ami d’enfance Larry David et dont il est l’un des acteurs principaux.

« Richard et moi sommes nés à trois jours d’intervalle dans le même hôpital et, pendant la majeure partie de ma vie, il a été comme un frère pour moi », a déclaré David dans un communiqué publié par HBO. « Il avait cette rare faculté d’être à fois la personne la plus drôle et aussi la plus douce. Mais aujourd’hui, il m’a fait sangloter et je ne le lui pardonnerai jamais. »

La sensibilité de Lewis, dans les clubs et à l’écran, pouvait être aussi sombre que les costumes funèbres qu’il portait souvent. Dans une blague caractéristique, il parlait d’un oncle si déprimant qu’il s’asseyait chez lui en écoutant la bande originale de « Le Prêteur sur gages », le film sinistre de 1964 sur un survivant de la Shoah.

On lui doit également le slogan « d’enfer », comme dans « l’ex-femme de l’enfer ». Lorsque le Yale Book of Quotations (« Livre de citations de Yale ») lui avait attribué la paternité de cette phrase en 2022, il avait demandé sur X : « Où est mon prix Nobel ? »

Lewis est également apparu dans un certain nombre de films, dont « Robin des Bois : Les hommes en collants », la parodie de Mel Brooks de 1993, dans laquelle il jouait un Prince Jean extrêmement juif.

Lewis est né à Brooklyn et a grandi à Englewood, dans le New Jersey. Il est le fils d’un traiteur et d’une actrice de théâtre communautaire. « Mon père était tellement connu en tant que traiteur et tellement occupé qu’il était complet le week-end de ma bar mitzvah et que j’ai dû organiser ma fête le mardi », avait-il raconté un jour à un intervieweur.

Après avoir obtenu un diplôme en marketing à l’université d’État de l’Ohio, il a commencé à écrire et à se produire régulièrement comme humoriste en 1972. Les humoristes juifs Woody Allen et Lenny Bruce ont été des modèles manifestes, même si Lewis s’est avéré influent dans son propre domaine : Comedy Central l’avait classé 45e sur sa liste des « 100 plus grands comiques de tous les temps » en 2004.

Dans la sitcom de 1989 « Tout sauf toi », qui a duré quatre saisons, Lewis établit que son personnage est juif dès les premières minutes du pilote. En 2011, Lewis avait déclaré à un hebdomadaire britannique, le Jewish Telegraph, qu’il ne fréquentait pas la synagogue, mais qu’il insufflait consciemment son identité juive dans sa comédie – et qu’il considérait la comédie comme un acte profondément juif.

« J’ai une grande histoire d’amour avec le fait d’être juif », avait-il déclaré à l’époque. « Je suis tellement fier de faire partie de ce peuple. Je ne voudrais pas faire partie de quoi que ce soit d’autre. »

« En raison de ce que les Juifs ont subi depuis le premier jour, l’un des mécanismes de survie a été de parler de tout l’enfer que nous avons vécu. Il est tellement plus drôle d’être juif que n’importe quoi d’autre. Si nous ne trouvons pas d’humour, nous aurons de gros problèmes », avait-il ajouté.

Lewis a lutté contre des problèmes d’addiction pendant des années, expliquant fièrement en 2016 qu’il était « sobre depuis 22 ans » et qu’il encadrait des personnes dans la communauté du rétablissement.

La même année, Lewis avait reconnu que son état de santé l’avait empêché de se produire, mais qu’il continuerait à écrire, à jouer et à faire du stand-up de temps en temps.

« J’ai appris à accepter le fait que je ne suis plus comme avant », avait-il déclaré.

« J’essaie de rester en bonne santé, de rester sobre et de rendre la pareille. J’ai reçu beaucoup d’aide. J’ai vécu beaucoup de tzures [soucis en yiddish]. L’art de vieillir consiste à être reconnaissant d’être en vie, à rire et à aider les autres. »

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