Le comité du contrôle de l’État rejette l’aide financière réclamée par Netanyahu
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Le comité du contrôle de l’État rejette l’aide financière réclamée par Netanyahu

L'organe de contrôle accepte l'avis du procureur général selon lequel le don de 10 millions de shekels d'un milliardaire américain pourrait être considéré comme un don illicite

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 28 juin 2020. (RONEN ZVULUN / POOL / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 28 juin 2020. (RONEN ZVULUN / POOL / AFP)

La commission des permis du bureau du contrôleur de l’État a déclaré jeudi qu’elle ne prendrait pas en considération la demande du Premier ministre Benjamin Netanyahu de recevoir des fonds d’un bienfaiteur étranger pour payer sa défense juridique dans son procès pour corruption.

Celui-ci avait demandé au comité de surveillance d’autoriser un don de 10 millions de shekels (2,5 millions d’euros) de Spencer Partrich, un magnat de l’immobilier basé dans le Michigan. Parce que ce dernier est également un témoin dans l’une des affaires, le comité avait demandé l’avis du procureur général Avichai Mandelblit sur la question.

Mardi, Mandelblit a déclaré à la commission qu’il s’opposait à la demande du Premier ministre, affirmant que le don équivalait à un don illicite.

Dans une lettre envoyée jeudi aux avocats de Netanyahu, la secrétaire de la commission, Eden Bizman, a fait savoir que « étant donné que le procureur général a décidé que le Premier ministre ne devrait pas recevoir de financement pour sa défense juridique de la part de M. Spencer Partrich, témoin dans l’accusation, [étant donné] le montant demandé, et considérant la nature de la relation entre le Premier ministre et M. Partrich, la demande ne répond pas aux règles autorisant de recevoir un cadeau conformément à la loi sur les cadeaux ».

Spencer Partrich.

La commission a également déclaré qu’elle ne renouvellera pas les discussions sur une demande rétroactive de l’intéressé de recevoir quelque 300 000 dollars de fonds pour ses frais juridiques de la part de son cousin Nathan Milikowski.

La demande ayant été précédemment rejetée par la commission, Benjamin Netanyahu devra rembourser les fonds à Milikowski.

L’année dernière, la commission des permis avait rejeté sa demande concernant le soutien financier de Partrich, disant que cela était inapproprié étant donné qu’il fait face à des accusations relatives à des dons d’hommes d’affaires étrangers. La commission a précisé que sa décision était définitive.

Mais lorsqu’un nouveau comité a été formé sous la direction du contrôleur de l’État, trié sur le volet par Netanyahu, celui-ci a réexaminé la demande, en invoquant « un changement significatif des circonstances » survenu à la suite de l’inculpation du Premier ministre en janvier, selon les documents du comité. Il attendait depuis l’avis du procureur général – lequel a, jeudi, après l’avoir reçu, refusé une nouvelle fois la demande du Premier ministre.

Mardi soir, Netanyahu a lancé une attaque cinglante et sans précédent contre Mandelblit – qu’il a lui-même nommé et qui était auparavant son chef de cabinet – l’accusant de participer à un complot d’État visant à l’évincer pour des raisons politiques.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) s’entretient avec le secrétaire du cabinet de l’époque, Avichai Mandelblit, lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le dimanche 21 septembre 2014. (AP Photo/Menahem Kahana, Pool)

Netanyahu a été fustigé par ses rivaux pour ces accusations, qu’il a faites dans une série de tweets et de retweets, et un organisme de surveillance a avancé qu’il déposerait une plainte à la police pour incitation.

« Le plan de Mandelblit pour renverser le leadership est exposé dans toute sa laideur », a-t-il tweeté. « Mandelblit essaie de renverser la décision démocratique de millions de citoyens qui ont choisi Benjamin Netanyahu comme Premier ministre. »

Son procès pour fraude, abus de confiance et acceptation de pots-de-vin s’est ouvert le mois dernier devant un tribunal de Jérusalem. Les accusations comprennent l’acceptation de quelque 200 000 dollars de cadeaux tels que des cigares et du champagne de la part de deux milliardaires, le magnat du cinéma israélien Arnon Milchan, basé à Hollywood, et le magnat australien James Packer.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration avant d’entrer dans une salle d’audience du tribunal de district de Jérusalem, le 24 mai 2020, pour le début de son procès pour corruption. Parmi ceux qui l’accompagnent à partir de la gauche, on trouve les députés du Likud et les ministres Gadi Yevarkan, Amir Ohana, Miri Regev, Nir Barkat, Israel Katz, Tzachi Hanegbi, Yoav Gallant et David Amsalem. (Yonathan SINDEL / POOL / AFP)

Netanyahu est également accusé d’avoir proposé de faire adopter une législation bénéficiant aux puissants magnats des médias israéliens en échange d’une couverture plus positive dans leurs publications. Netanyahu a déclaré être victime d’une chasse aux sorcières et a qualifié les allégations de corruption de non fondées, affirmant qu’accepter des cadeaux de ses amis n’était pas un crime.

Netanyahu serait multimillionnaire, grâce à ses livres à succès, ses biens immobiliers et ses honoraires lucratifs lorsqu’il travaillait dans le secteur privé.

Pendant des décennies, Netanyahu a fréquenté les ultra-riches et ses partisans estiment qu’il a renoncé à amasser de grandes richesses pour servir à la place le pays. Mais lui et sa femme ont acquis la réputation de mener une grande vie, se retrouvant à plusieurs reprises accusé d’avoir pour cela détourné des fonds de l’État.

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