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Le Congrès interroge les directeurs d’écoles sur leur gestion de l’antisémitisme post-7 octobre

"Comment les élèves juifs peuvent-ils se sentir en sécurité", si les responsables des districts de New York, Berkeley et Washington ne licencient pas leurs employés accusés de haine anti-Juifs

Kobie Talmoud, 16 ans, élève au lycée John F. Kennedy à Silver Spring, Maryland, s'entretenant avec Karla Silvestre, présidente du conseil d'éducation du comté de Montgomery, après une audition sur l'antisémitisme dans les écoles publiques de la maternelle à la Terminale, par la sous-commission de la petite enfance, de l'enseignement élémentaire et secondaire, au Capitole, à Washington, le 8 mai 2024. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)
Kobie Talmoud, 16 ans, élève au lycée John F. Kennedy à Silver Spring, Maryland, s'entretenant avec Karla Silvestre, présidente du conseil d'éducation du comté de Montgomery, après une audition sur l'antisémitisme dans les écoles publiques de la maternelle à la Terminale, par la sous-commission de la petite enfance, de l'enseignement élémentaire et secondaire, au Capitole, à Washington, le 8 mai 2024. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)

JTA – Durant deux heures, les membres du Congrès américain ont interrogé trois dirigeants d’écoles publiques majeures sur les allégations d’antisémitisme d’élèves – et les ont pris à partie pour ne pas faire plus pour contrer cette fâcheuse tendance en réelle augmentation depuis le 7 octobre.

Les trois directeurs d’écoles publiques – à New York, Berkeley, Californie et Montgomery County, Maryland, près de Washington – ont tous dénoncé avec véhémence l’antisémitisme et défendu leur approche de la lutte contre celui-ci.

« Notre salle de classe n’est pas isolée de la scène mondiale », a déclaré David Banks, chancelier des écoles publiques de la ville de New York, dans son préambule. « Il y a eu des incidents inacceptables d’antisémitisme dans nos écoles. Lorsque des élèves ou des enseignants juifs ne se sentent pas les bienvenus ou en danger, nous devrions tous nous alarmer. »

Ces auditions constituent la première incursion de la commission de l’Éducation et du Travail de la Chambre des représentants dans le domaine de l’antisémitisme dans les écoles primaires et secondaires, après deux auditions de présidentes d’universités d’élite. Ces auditions sur les campus – une troisième est prévue dans le courant du mois – ont transformé le débat national sur l’antisémitisme et ont conduit à la démission de deux présidentes de l’Ivy League et à de manifestations estudiantines anti-Israël de masse.

Les incidents survenus dans les trois districts font actuellement l’objet d’une enquête du ministère américain de l’Éducation. Alors que les écoles primaires et secondaires n’ont pas fait l’objet d’un examen aussi minutieux que les campus universitaires dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, déclenchée par l’assaut barbare et sadique du groupe terroriste palestinien le 7 octobre, plusieurs systèmes scolaires, en particulier dans les grandes villes, se sont encore interrogés sur la manière de gérer les diverses actions des élèves et des enseignants que les élèves et les familles juives ont jugées hostiles.

L’audition de mercredi ne s’est pas approchée de la durée exceptionnelle des auditions universitaires et n’a pas donné lieu à des échanges aussi enflammés ou polémiques. Néanmoins, les membres de la commission dirigée par les Républicains ont demandé aux témoins s’ils avaient renvoyé des enseignants et des administrateurs qui avaient participé à des actes d’antisémitisme ou n’avaient pas réussi à y mettre un terme, et ils se sont interrogés sur la manière dont ils enseignaient le conflit israélo-palestinien à leurs étudiants.

De gauche à droite, David Banks, chancelier des écoles publiques de New York, à côté de Karla Silvestre, présidente du conseil d’éducation du comté de Montgomery, Me Emerson Sykes, avocate de l’ACLU, et Enikia Ford Morthel, surintendant du Berkeley United School District, lors d’une audition sur l’antisémitisme dans les écoles publiques de la maternelle à la Terminale, à la sous-commission de la Chambre des représentants sur la petite enfance, l’éducation élémentaire et secondaire, sur la colline du Capitole à Washington, le 8 mai 2024. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)

Lorsque les trois responsables ont déclaré qu’ils n’avaient licencié aucun membre du personnel pour motif d’antisémitisme, les législateurs les ont dépeints comme négligents dans leurs engagements envers les familles juives.

« Vous leur avez donc permis de continuer à enseigner la haine », a déclaré à Karla Silvestre, présidente du conseil d’éducation du comté de Montgomery, le représentant républicain de Floride Aaron Bean, président de la sous-commission de l’Éducation de la petite enfance, de l’enseignement primaire et secondaire.

Silvestre a déclaré que le district n’avait licencié personne pour cause d’antisémitisme, mais qu’il avait suspendu des enseignants qui avaient diffusé des contenus antisémites avant de les réintégrer. Les Républicains ont également dirigé leurs tirs contre Banks à la suite d’allégations d’antisémitisme dans plusieurs écoles de New York depuis le 7 octobre.

Le représentant Brandon Williams, un républicain du nord de l’État de New York, a posé une question sur la réaction de Banks à une émeute d’étudiants survenue en novembre au lycée Hillcrest, dans le Queens, qui visait un enseignant juif. Banks avait déclaré que le principal de Hillcrest ne travaillait plus dans l’établissement, mais qu’il occupait toujours un poste administratif ailleurs dans le système scolaire de la ville.

« Comment les élèves juifs peuvent-ils se sentir en sécurité dans les écoles publiques de la ville de New York alors que vous n’arrivez même pas à licencier le directeur du lycée ‘Open Season on Jews' » ?, a demandé Williams.

« Ce n’est pas l’école ‘Open Season on Jews' », a rétorqué Banks avec force. « Il s’agit du lycée Hillcrest. » Il a ensuite évoqué la protection des employés.

« Chaque employé qui travaille dans nos écoles a droit à une procédure régulière, monsieur », s’est-il défendu. « Nous n’avons pas le pouvoir, juste parce que je ne suis pas d’accord, de licencier quelqu’un. Ce n’est pas ainsi que cela fonctionne dans notre système scolaire. »

Une forme populaire d’activisme contre Israël au niveau de la maternelle et du secondaire a été les débrayages d’étudiants. Interrogé par Elise Stefanik, représentante républicaine du nord de l’État de New York, qui lui demandait si son district prenait des mesures à l’encontre des élèves qui y participaient, Banks a répondu que les politiques l’empêchaient de le faire, si ce n’est de noter les élèves comme absents et d’interrompre les cours.

Des étudiants quittant le lycée Jones College Prep pour manifester en faveur des Palestiniens de Gaza, à Chicago, le 1er mai 2024. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Dans un cas au moins, les auditions ont fait resurgir une controverse de longue date sur l’antisémitisme dans les programmes des écoles publiques.

Enikia Ford Morthel, directrice du Berkeley Unified School District, a été confrontée à des questions difficiles concernant les plans de cours sur Israël et le 7 octobre dans son district.

Les plans ont été élaborés après que les élèves ont déclaré vouloir en savoir plus sur les attentats, a expliqué Morthel. Mais l’un des groupes impliqués dans la conception des leçons était le Liberated Ethnic Studies Consortium, qui promeut une première version du programme d’études ethniques de l’État que les groupes juifs ont décrié comme étant antisémite.

« Vous avez spécifiquement choisi de travailler avec un groupe dont le produit a été rejeté par les dirigeants politiques de toute la Californie comme étant antisémite », a déclaré le représentant Duncan Hunter, un républicain californien. Il s’est également opposé aux documents du district qui présentaient une vision positive du slogan « De la rivière à la mer, la Palestine sera libre », que les militants anti-Israël considèrent comme un appel à la libération, mais que de nombreux Juifs considèrent comme un appel à la destruction d’Israël. Au moins un district scolaire, dans le Minnesota, fait l’objet d’une enquête pour avoir suspendu des élèves qui avaient scandé cette phrase.

Morthel a répondu que le Liberated Ethnic Studies Consortium était un « partenaire de réflexion » et une « ressource » pour les plans de cours de Berkeley, mais qu’il n’était pas le seul auteur du programme. Elle a également défendu l’intégration du point de vue palestinien dans la leçon « De la rivière à la mer ».

« Nous pensons qu’il est important d’exposer nos élèves à une diversité d’idées et de points de vue », a-t-elle souligné. Auparavant, elle et les autres témoins avaient déclaré qu’ils comprenaient que les Juifs considéraient ce slogan comme antisémite.

Enikia Ford Morthel, surintendante du Berkeley United School District, s’exprime lors d’une audition sur l’antisémitisme dans les écoles publiques de la maternelle à la Terminale, avec la sous-commission de la Chambre des représentants sur la petite enfance, l’éducation élémentaire et secondaire, sur la colline du Capitole, à Washington, le 8 mai 2024. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)

Certains Démocrates de la commission ont cherché à défendre les éducateurs, avec le représentant de la ville de New York Jamaal Bowman – un progressiste et ancien enseignant qui est un critique sévère d’Israël – insistant sur le fait que l’antisémitisme n’était pas un problème omniprésent dans les écoles publiques.

« Nos enseignants, dans nos écoles, n’enseignent pas la haine, la majorité d’entre eux », a-t-il déclaré. « Les enseignants commettent des erreurs, et il faut les éduquer et les sanctionner si nécessaire lorsqu’ils commettent ces erreurs. »

La veille de l’audition, le ministère américain de l’Éducation a annoncé qu’il ouvrait une enquête sur la discrimination fondée sur « l’ascendance commune » (Title VI) dans le district de Berkeley, sur la base d’une plainte pour antisémitisme déposée par l’Anti-Defamation League (ADL) et le groupe d’activistes juridiques pro-Israël Brandeis Center for Human Rights Under Law. Morthel a déclaré que le district était au courant de l’enquête et qu’il avait l’intention de coopérer pleinement. L’implication de l’ADL dans cette affaire est remarquable, car l’organisation n’a pratiquement pas touché à la centaine d’autres enquêtes sur le Titre VI qui ont suivi le 7 octobre. (New York et le comté de Montgomery ont également ouvert des enquêtes antisémites en vertu du Titre VI ; celle de New York concerne un ancien enseignant, qui ne travaille plus pour l’école, qui a accusé Israël de génocide et de nettoyage ethnique).

Une poignée d’élèves et de parents juifs des districts concernés étaient présents dans la salle lors de l’audience. Au moins l’un d’entre eux a déclaré à la JTA qu’il était déçu que les législateurs n’aient pas insisté davantage sur les mesures disciplinaires à prendre en cas d’antisémitisme.

« Je pensais que cela me donnerait un sentiment de justice. Et ce n’était pas le cas », a déploré Darci Rochkind, une lycéenne du comté de Montgomery et présidente de l’Association des étudiants juifs de son école. Elle souhaite que les législateurs fassent davantage pression sur Silvestre pour qu’il reconduise les enseignants qui ont été suspendus pour avoir suggéré que des éléments de l’assaut barbare et sadique du groupe terroriste palestinien du Hamas du 7 octobre avaient été fabriqués.

Rochkind, qui bénéficie d’une bourse du Fonds national juif et qui fréquentera le Dartmouth College à l’automne, a déclaré qu’elle était « très reconnaissante à la commission d’avoir organisé cette réunion, car je pense qu’elle met en lumière ce qui se passe dans les écoles primaires et secondaires ».

Mais, a-t-elle ajouté, « il y avait certainement un sentiment de frustration ».

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