Le Congrès juif mondial demande l’interdiction des célébrations pro-Hitler
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Le Congrès juif mondial demande l’interdiction des célébrations pro-Hitler

Le Congrès juif mondial souhaite faire annuler différents événements néo-nazis organisés à travers l'Europe à l'occasion de l'anniversaire du dirigeant nazi

Des membres du groupe polonais néo-Nazi Fierté et Modernité célèbrent l'anniversaire d'Adolf Hitler dans une vidéo sans date. (Copie d'écran : TVN24)
Des membres du groupe polonais néo-Nazi Fierté et Modernité célèbrent l'anniversaire d'Adolf Hitler dans une vidéo sans date. (Copie d'écran : TVN24)

Vendredi, le Congrès mondial juif a appelé les gouvernements et les législateurs européens à prendre des mesures contre une série de rassemblements néo-nazis prévus cette semaine en célébration de l’anniversaire d’Adolf Hitler.

Le communiqué du Congrès juif mondial a souligné que des événements pour commémorer les 130 ans de la naissance du dirigeant nazi, le 20 avril 1889, étaient prévus à travers le continent. Deux jours de conférence sont notamment organisés par un groupe fasciste à Sofia, la capitale bulgare. Une randonnée et un picnic sont prévus en Ukraine, un concert de rock en Italie, deux conventions en Allemagne et une poignée de rassemblements en France.

L’organisation a appelé les législateurs à participer à une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux concernant la récente recrudescence de mouvements néo-nazis en Europe en soulignant leurs liens avec des groupes nazis de l’époque de la Deuxième guerre mondiale.

Le dirigeant de l’organisation, Robert Singer, a appelé personnellement le ministre de l’Intérieur bulgare, Mladen Marinov, en lui demandant de faire tout ce qui était en son pouvoir pour annuler la conférence de l’Union nationale bulgare (BNU) qui devait avoir lieu à Sofia ce vendredi et samedi.

Les derniers événements de la BNU avaient attiré des militants nationalistes d’autres pays d’Europe. En février, des centaines de militants avaient défilé dans le centre ville de Sofia en portant des torches et en chantant des slogans nationalistes en l’honneur d’un général de la Deuxième guerre mondiale connu pour ses activités antisémites et collaborationnistes.

La marche annuelle Lukov s’était déroulée malgré les condamnations fermes de groupes de défense des droits de l’homme, de partis politiques et d’ambassades étrangères. Le maire de la ville avait interdit la manifestation, mais les organisateurs ont remporté un recours en justice pour renverser la décision.

Singer a déclaré que ce nouveau rassemblement de la BNU « s’inscrivait dans la nature violente et d’incitation à la haine de la marche annuelle [néo-nazi] Lukov et devrait être tout autant condamnée et dénoncée ».

L’année dernière, pour l’anniversaire d’Hitler, des centaines de néo-Nazis se sont rassemblés dans la ville d’Ostriz en Allemagne de l’est pour un festival. Des citoyens et des activistes anti-fascistes ont organisé des contre-manifestations dans la région, et étaient beaucoup plus nombreux que les participants au concert.

Les festivités étaient organisées par un membre du parti politique allemand d’extrême droite NPD, ouvertement xénophobe et antisémite. En 2017, il a évité l’interdiction parce qu’il compte peu de membres et dispose d’une influence limitée.

Des membres d’organisations nationalistes paradent avec des torches lors d’une manifestation pour commémorer le général et politicien bulgare Hristo Lukov, dans le centre de Sofia, le 16 février 2019. (Dimitar Dilkoff/AFP)

Dans la Pologne voisine, environ 100 personnes ont participé à un concert célébrant l’anniversaire d’Hitler à Dzierzoniow. Quelques jours plus tard, la police a organisé des perquisitions chez les organisateurs du concert, arrêtant deux personnes et confisquant des objets néo-fascistes, dont des drapeaux et des bannières.

La diffusion publique d’idéologies totalitaires comme le fascisme, le communisme, la haine ethnique ou raciale est interdite en Pologne et est passible d’une peine de deux ans de prison dans ce pays qui a encore du mal à traiter la mémoire de l’occupation nazie.

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