Le conseil étudiant de l’UCLA fustigé pour ses critiques d’un événement avec un ex-otage du Hamas
L’université, des associations juives et un membre du conseil d’administration ont dénoncé les leaders du grouvernement étudiant qui ont affirmé que le discours d'Omer Shem Tov "amplifie un récit biaisé qui occulte les systèmes d’oppression et d’occupation"
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JTA — Un événement organisé à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) qui a mis en vedette Omer Shem Tov, ex-otage du Hamas à Gaza, a créé une nouvelle crise dans le débat portant sur Israël sur le campus, après que le gouvernement étudiant de l’université a diffusé un communiqué où il condamnait cette intervention.
L’événement s’est déroulé sans incident. Mais le Conseil des étudiants de premier cycle de l’université a publié une lettre, le jour même, où il estimait que la venue de Shem Tov sur le campus était un exemple de « mise en avant sélective de récits qui occultent la réalité plus large de la violence étatique qui est actuellement en cours ».
Une déclaration qui a été à l’origine d’un tollé. Le gouvernement étudiant s’est attiré les foudres d’un administrateur de l’Université de Californie, de l’association Hillel du campus et de son propre président, qui a accusé une faction de leaders étudiants d’avoir fait adopter la résolution de façon dissimulée.
Cette controverse est survenue à un moment où l’UCLA continue de faire l’objet d’une surveillance particulière dans le cadre de la campagne qui a été lancée par l’administration Trump contre l’antisémitisme qui sévit sur les campus – une haine antijuive en grande partie liée aux mouvements de protestation des étudiants qui avaient suivi le pogrom commis par le Hamas dans le sud de l’État juif, le 7 octobre 2023. L’UCLA est aujourd’hui au cœur de poursuites judiciaires qui ont été intentées par le ministère de la Justice – l’administration ayant affirmé que l’université était responsable de la création d’un environnement de travail hostile pour les Juifs lorsque des manifestants avaient pris le contrôle de certaines parties du campus, cherchant à empêcher les « sionistes » d’y entrer.
Ce prestigieux établissement d’enseignement supérieur a également réglé un litige à hauteur de 6,13 millions de dollars avec des groupes juifs pour les mêmes faits.
« Je suis dégoûté et consterné par la récente déclaration qui a été faite par le Conseil, qui a condamné un événement qui était organisé sur le campus avec l’ancien otage israélien Omer Shem Tov », a écrit Jay Sures, un administrateur juif de l’UC et agent artistique de premier plan à Hollywood, dans une longue lettre ouverte qui a été rendue publique en début de semaine. « Quelle occasion manquée ! »
Le groupe Hillel de l’UCLA, en collaboration avec le centre d’études israéliennes du campus et son club d’étudiants « Student Supporting Israel », avait accueilli Omer Shem Tov pour un événement qui avait été organisé au début du mois et qui avait coïncidé avec Yom HaShoah, la Journée du souvenir de la Shoah. Le chancelier juif de l’université, Julio Frenk, qui n’a jamais caché son engagement dans la lutte contre l’antisémitisme sur le campus de l’UCLA, avait assisté à la conférence en compagnie de son épouse.
Shem Tov, âgé de 24 ans, avait été enlevé par le Hamas lors du festival de musique électronique Nova, le 7 octobre, et il avait été pris en otage à Gaza. il avait été retenu captif par le groupe terroriste dans la bande pendant 505 jours. Ses parents avaient cofondé le Forum des familles des otages et des disparus, un groupe israélien qui avait milité en faveur de la libération des otages pendant la guerre. Depuis sa libération, il s’est exprimé à de nombreuses reprises sur les campus universitaires et ailleurs, prenant notamment la parole devant les membres de Turning Point USA, une organisation conservatrice.
La venue de Shem Tov à l’université Duke, un autre campus américain, avait également précédemment suscité la controverse. Le comédien Jerry Seinfeld l’avait ainsi présenté en déclarant que les manifestants pro-palestiniens étaient pires que le Ku Klux Klan.
La lettre écrite par le gouvernement étudiant de l’UCLA, où ce dernier s’opposait à la prise de parole de Shem Tov, indiquait que l’événement « met en avant un récit unique, dépourvu de tout cadre politique et humanitaire critique ». Elle condamnait également le centre d’études israéliennes de l’université pour avoir accueilli cette conférence, écrivant : « Les universités ne doivent pas se rendre complices de la production ou de l’amplification de récits unilatéraux qui effacent les systèmes d’oppression et d’occupation ».
Dans un post publié sur le réseau social Instagram, la section Hillel de l’UCLA et le groupe Students Supporting Israel ont conjointement accusé le conseil étudiant d’antisémitisme.
« Les membres du gouvernement étudiant de l’UCLA (USAC) ont une fois de plus montré qu’ils étaient opposés au dialogue, à l’apprentissage, à la vérité, aux étudiants, aux Juifs et qu’ils étaient antisémites en condamnant notre magnifique événement qui a eu lieu, la semaine dernière, en présence d’Omer Shem Tov, ce jeune homme enlevé lors d’une rave et emprisonné, torturé et traité de manière inhumaine, otage et esclave du Hamas à Gaza pendant plus de 500 jours », ont écrit les groupes.
La note rédigée par Sures a contenu des critiques plus acerbes encore à l’égard du positionnement adopté par le gouvernement étudiant.
« Omer Shem Tov n’est pas un représentant du gouvernement israélien », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « Vous prétendez vouloir de l’équilibre dans la programmation et plus qu’un ‘récit unique’ de la part des intervenants. L’équilibre, par définition, implique intrinsèquement la prise en compte égalitaire de plusieurs points de vue. En condamnant la présence publique de cet intervenant sur notre campus, vos paroles et vos actes montrent clairement que vous ne portez aucun intérêt à l’équilibre. C’est le plus grand double standard qui soit ».
Lorsqu’il a été amené à s’exprimer, Shem Tov a souvent évoqué la torture psychologique dont il avait été victime pendant sa captivité, concluant que ses ravisseurs du Hamas n’avaient « aucune humanité ». Il a confié avoir transporté des centaines de cartons d’aide alimentaire provenant des Nations unies dans les tunnels du Hamas à Gaza, affirmant que le Hamas s’appropriait ces rations pour nourrir ses hommes armés. Lors d’une récente conférence à Harvard, Shem Tov a également parlé des citoyens de Gaza n’appartenant pas au Hamas : « Je suis sûr que certains aspirent à la paix et qu’ils veulent la paix. Mais je peux affirmer ceci : la majorité d’entre eux, la grande majorité, veulent nous éliminer ».
Dans sa propre déclaration, le président du corps étudiant, Diego Bollo, a indiqué que lui-même et d’autres membres du conseil – l’un d’entre eux avait d’ailleurs aidé à promouvoir l’événement en présence de Shem Tov – étaient absents lors de la réunion au cours de laquelle la lettre avait été rédigée et votée.
« Je pense que le membre du conseil qui a présenté cette lettre a choisi de la soumettre un jour où [la membre qui avait promu l’événement avec Omer Shem Tov] était absente et, en conséquence, dans l’incapacité de donner son point de vue en tant que personne impliquée dans cette conférence », a expliqué Bollo.
Il a répondu, aux côtés d’autres représentants des étudiants, aux personnes qui, sur le campus, s’opposaient à la lettre lors d’une réunion ultérieure. Bollo a annoncé, à cette occasion, qu’il allait réexaminer « nos processus internes de rédaction et de publication des déclarations publiques ».
L’UCLA elle-même, dans sa déclaration, a apporté son soutien aux groupes qui avaient choisi d’accueillir Shem Tov, affirmant : « Le message qui a été transmis par cet événement a été un message de résilience, de respect des droits de l’homme et de la dignité — ce que nous soutenons ». L’université a ajouté que « la condamnation d’un événement aussi pacifique visant à partager un récit de résilience face à une souffrance extrême est contraire aux valeurs de notre communauté ».
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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