Le contrôleur de l’armée confirme que Tsahal est « en excellente forme »
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Le contrôleur de l’armée confirme que Tsahal est « en excellente forme »

Son rapport confirme celui de la commission parlementaire, prévoit des améliorations, mais rejette l'alarmisme de Yehuda Brick, qui craint que l'armée ne soit pas prête à la guerre

Des soldats de la brigade de commando de l'armée israélienne participent à un exercice à grande échelle au mois de novembre 2018 (Crédit : Armée israélienne)
Des soldats de la brigade de commando de l'armée israélienne participent à un exercice à grande échelle au mois de novembre 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Le contrôleur de l’armée israélienne a rejeté les propos répétés du médiateur du ministère de la Défense, qui affirme que Tsahal n’est pas prêt à une guerre terrestre, affirmant que l’armée est en meilleure forme qu’elle ne l’a jamais été.

Le rapport du général de brigade Ilan Harari, dont des extraits ont été diffusés mercredi matin, soulève certains problèmes et certaines améliorations qu’il faut apporter aux forces au sol, mais assure avec détermination que « les forces terrestres de l’armée israélienne sont sans équivoque prêtes à la guerre ».

Il a déclaré que la commission qu’il supervise a observé des « décalages conséquents » entre les affirmations du général de brigade Yitzhak Brick et « les résultats de notre rapport ».

Brick a averti à maintes reprises les élus et le public au fil des ans que l’armée n’était pas prête à la guerre, et note des disparités quantitatives et qualitatives entre ce que l’armée dit avoir besoin et ce qu’elle a en réalité.

Brick a critiqué l’état des véhicules militaires et ses unités de stockage d’urgence, cruciaux pour armer et fournir les troupes pendant la guerre. Il a également fustigé les changements des ressources humaines de l’armée israélienne ces dernières années, qui a vu le nombre de soldats drastiquement diminuer.

Le général de division lan Harari , contrôleur de l’armée : (Crédit : capture d’écran YouTube)

Il a déclaré qu’il fondait ses allégations sur des conversations avec des commandants sur le terrain plutôt qu’avec des hauts-gradés.

La commission militaire, qui a été nommée par le chef d’Etat-major Gadi Eizenkot en septembre, et chargée d’étudier les accusations d’échec de Brick est composée d’ancien généraux à la retraite.

Elle a pointé du doigt plusieurs domaines qui nécessitent une attention particulière, notamment la logistique – une pénurie de camions cargo et de certains équipements de combat ; les ressources humaines – la nécessité de mieux encourager et répondre aux besoins des jeunes commandants ; le commandement et le contrôle – la nécessité de mieux intégrer des systèmes de contrôle numérique dans l’infanterie, et davantage de jours de service pour les réservistes.

Le médiateur du ministère de la Défense, le général de division (rés.) Yitzhak Brick, lors d’une réunion de la Commission de contrôle de la Knesset à la Knesset, le 12 décembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les points soulevés étaient similaires à ceux soulevés par une commission parlementaire qui a publié un rapport la semaine dernière. Les deux commissions ont rejeté l’alarmisme de Brick, malgré les quelques critiques qu’elles avaient à apporter.

Les membres de la commission militaire ont estimé que les propos de Brick se basaient davantage sur l’impression qu’il a eue de conversations avec des responsables plutôt que sur des preuves empiriques.

Harari a déclaré que le rapport, qui préconise 41 améliorations, a été soumis à Eizenkot ces derniers jours, et qu’il les a toutes acceptées.

Un haut responsable du Commandement des Forces terrestres a déclaré à Ynet qu’il n’était « pas surpris par le rapport de Brick » et qu’il « n’a pas eu besoin de signaler ce que nous savons manquant… [mais} ses préoccupations auraient pu être communiquées d’une meilleure manière. La façon dont il a présenté ses allégations porte atteinte à notre force de dissuasion et à la confiance du public dans l’armée. »

Gadi Eizenkot, chef d’état-major de l’armée israélienne, pendant la conférence de Herzliya, le 20 juin 2017. (Crédit : Hagai Fried/conférence de Herzliya)

Le rapport de la commission parlementaire de la semaine dernière admet que certains problèmes existent mais affirme que le niveau de préparation opérationnelle de l’armée « s’est considérablement amélioré depuis l’opération Bordure protectrice », le nom officiel de la guerre de Gaza en 2014. Il a déclaré que l’enquête a mis en évidence « une amélioration considérable du niveau du préparation selon tous les indicateurs, notamment au niveau du nombre d’exercices, des stocks de munitions, et de l’inventaire. »

Dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu au début du mois d’octobre, Brick, officiellement agent principal chargé de la conformité au ministère de la Défense, a affirmé que la situation actuelle de l’armée israélienne était « pire que ce qu’elle était au moment de la guerre de Kippour » en 1973, quand Israël a été pris par surprise par l’Egypte et la Syrie.

Dans un courrier adressé à la Commission des Affaires étrangères et de Défense à la Knesset, il a averti que les officiers de l’armée ne disaient pas la vérité sur leurs manquements.

Ancien chef de char et du système éducatif de l’armée, il est ombudsman du ministère de la Défense depuis 2008, Brick a longtemps déploré la présence de nombreux problèmes, mais ses critiques se sont fait plus virulentes ces dernières mois, s’attirant les reproches des chefs de l’armée qui l’ont accusé d’être alarmiste.

En septembre, Eizenkot a assuré les élus que l’armée était prête à la guerre, quel que soit le scénario.

« L’armée est à son plus haut niveau de préparation, quelle que soit la menace », avait affirmé Eizenkot.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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