Le côté syrien du poste frontalier de Qouneitra prêt à rouvrir, dit la Russie
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Le côté syrien du poste frontalier de Qouneitra prêt à rouvrir, dit la Russie

Israël avait annoncé avoir terminé les préparations en vue de l'ouverture de son seul poste-frontière avec la Syrie, marquant un retour aux conditions d'avant la guerre civile

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les soldats de l'ONU regardent un camion de la Croix-rouge internationale chargé de pommes traverser le poste-frontière de Quneitra entre le plateau du Golan israélien et la Syrie en février 2011 (Crédit :  Tsafrir Abayov/Flash90)
Les soldats de l'ONU regardent un camion de la Croix-rouge internationale chargé de pommes traverser le poste-frontière de Quneitra entre le plateau du Golan israélien et la Syrie en février 2011 (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Le seul poste-frontière syrien avec Israël peut dorénavant rouvrir, quatre ans après sa fermeture en raison de la guerre civile dans le pays, a déclaré mardi un général russe.

Cette annonce a eu lieu moins d’une semaine après qu’Israël a fait savoir que son côté du point de passage frontalier de Qouneitra, situé sur le plateau du Golan, était prêt à rouvrir.

« Le poste-frontière est prêt à être ouvert et à lancer ses opérations. Ceci grâce à un immense travail mené par les forces armées de la république arabe syrienne avec l’aide des forces aérospatiales russes », a commenté le lieutenant-général Sergei Kuralenko, commandant-adjoint des forces russes en Syrie, selon l’agence Tass.

La réouverture du poste-frontière de Quneitra marquerait un retour aux conditions pré-guerre civile le long de la frontière. Le conflit qui a ravagé le pays a éclaté en 2011.

Des soldats israéliens gardent le passage de Quneitra à la frontière syrienne avec le plateau du Golan le 27 septembre 2018. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

Le général russe a précisé que cette réouverture était l’ouvrage conjoint des militaires syriens et russes.

« Un groupe important d’officiers a travaillé avec des représentants des forces armées syriennes pour la mise en oeuvre d’initiatives qui permettent un règlement post-conflit », a indiqué Kuralenko.

Le poste-frontière avait été fermé au mois d’août 2014 suite à un certain nombre d’attaques de la part des rebelles syriens, qui avaient chassé les forces de maintien de la paix – connues sous le nom de force de l’ONU et chargée d’observer le désengagement ou UNDOF – qui contrôlaient le carrefour.

Ces troupes de maintien de la paix sont lentement revenues à la frontière entre Israël et la Syrie ces derniers mois – une initiative saluée par Jérusalem.

« Les soldats de l’UNDOF ont commencé à travailler et à patrouiller avec l’aide des soldats israéliens. Ce qui montre que nous sommes prêts à rouvrir le poste-frontière comme c’était le cas dans le passé. La balle est dorénavant du côté syrien », a déclaré le ministre de la Défense Avigdor Liberman jeudi, à l’occasion d’un déplacement sur le site.

Alors qu’Israël et la Syrie sont techniquement en guerre, le poste-frontière de Qouneitra n’a jamais été l’objet d’activités larges ou régulières. Néanmoins, les Druzes des deux pays ont eu l’autorisation, à certaines occasions, de le traverser pour rendre visite aux familles de l’autre côté – ce qui avait inspiré le film « La fiancée syrienne » en 2004. Le poste-frontière a également été utilisé pour transporter des pommes depuis les vergers druzes vers la Syrie.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, s’adresse aux journalistes au point de passage de Quneitra, à la frontière syrienne sur le plateau du Golan, le 27 septembre 2018. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

Liberman a souligné qu’Israël demandait que la Syrie se soumette à « toutes les clauses » de l’accord de cessez-le-feu qui avait mis un terme à la guerre de Yom Kippour, en 1973, entre les deux pays et avait décidé de l’établissement d’une zone démilitarisée le long de la frontière.

Le ministre de la Défense a noté que la décision de la réouverture du poste-frontière ne changeait pas la relation entretenue par l’Etat juif avec le régime syrien ou son leader despote, Bashar el-Assad, que le ministre de la Défense a qualifié de « criminel de guerre ».

Initialement, le poste-frontière servira majoritairement aux soldats de l’UNDOF, en leur permettant de le traverser pendant une heure le matin et pendant une heure dans la soirée.

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