Retour des soldats syriens au Golan: Israël prêt à rouvrir le passage pour l’ONU
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Retour des soldats syriens au Golan: Israël prêt à rouvrir le passage pour l’ONU

En tournée sur le front nord, le ministre de la Défense a balayé les propos de Trump sur l'État palestinien, disant qu'il ne se souciait que d'un État juif

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens gardent le passage de Quneitra à la frontière syrienne avec le plateau du Golan le 27 septembre 2018. (Judah Ari Gross/Times of Israel)
Des soldats israéliens gardent le passage de Quneitra à la frontière syrienne avec le plateau du Golan le 27 septembre 2018. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

PASSAGE DE QOUNEITRA – Israël a achevé les préparatifs nécessaires pour rouvrir son principal point de passage avec la Syrie aux troupes de l’ONU après quatre ans de fermeture, laissant le sort du poste de contrôle aux mains du dictateur syrien Bashar el-Assad, a annoncé jeudi Avigdor Liberman, ministre de la Défense.

« Tout est prêt et réglé », a déclaré Liberman lors d’une conférence de presse tenue sur le site. « La décision appartient à l’autre camp maintenant ».

Cette offre israélienne de rouvrir le point de passage de Qouneitra rétablirait la situation le long de la frontière entre les deux pays telle qu’elle prévalait avant la guerre civile syrienne, qui a débuté en 2011.

De l’autre côté de la barrière métallique qui sépare les deux camps, les équipes syriennes pouvaient être également vues au travail. Les autorités israéliennes ont émis l’hypothèse que le point de passage pourrait rouvrir dans les semaines à venir.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, s’adresse aux journalistes au point de passage de Quneitra, à la frontière syrienne sur le plateau du Golan, le 27 septembre 2018. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

M. Liberman a souligné qu’Israël exigeait de la Syrie qu’elle respecte « chaque point » de l’accord de cessez-le-feu de 1974 entre les deux pays, qui a mis fin à la guerre de Yom Kippour en 1973 et créé une zone démilitarisée à la frontière.

Au cours de la conférence de presse, le ministre de la Défense a également discuté brièvement des déclarations du président américain Donald Trump concernant son soutien présumé à la création d’un État palestinien comme solution au conflit israélo-palestinien.

Quelques heures plus tard, lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Trump a semblé faire marche arrière, affirmant que la solution réelle était moins importante pour lui, à condition qu’il y ait finalement un accord de paix.

« Un État palestinien ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est l’État juif », a affirmé M. Liberman.

Le ministre de la Défense a réitéré ses appels aux citoyens arabes d’Israël pour qu’ils fassent partie d’un futur État palestinien, affirmant qu’il s’agissait de la « question principale ».

Des soldats israéliens gardent le passage de Quneitra à la frontière syrienne sur le plateau du Golan, le 27 septembre 2018. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

Liberman a refusé de commenter l’évolution de la crise qu’Israël traverse actuellement avec la Russie après la perte de l’avion espion russe abattu par la Syrie lors d’un raid aérien mené lundi dernier par Israël.

« Nous n’avons aucun intérêt à dialoguer avec la Russie par médias interposés », a-t-il déclaré.

M. Liberman a déclaré qu’il ne comptait que réaffirmer l’importance de la poursuite des efforts de coordination d’Israël avec la Russie et adresser ses condoléances aux familles des 15 soldats tués dans l’incident provoqué par des tirs amis, dont Moscou a entièrement rejeté la faute sur Israël.

Ces derniers mois, les soldats d’Assad, aidés par la Russie, ont arraché le contrôle du sud-ouest de la Syrie aux groupes rebelles locaux.

Le point de passage de Qouneitra a été fermé en août 2014 suite à un certain nombre d’attaques des rebelles syriens, qui ont chassé la force de maintien de la paix des Nations unies qui contrôlait le passage.

La FNUOD – Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement, connue aussi sous l’acronyme UNDOF, [United Nations Disengagement Observer Force ou UNDOF] est peu à peu revenue à la frontière entre Israël et la Syrie – une décision qui a été accueillie avec satisfaction par Jérusalem.

« Les soldats de la FNUOD ont commencé à travailler et à patrouiller, avec l’aide de Tsahal. Cela montre que nous sommes prêts à ouvrir le point de passage comme il l’était auparavant. La balle est maintenant dans le camp syrien, a dit M. Liberman.

Les forces de maintien de la paix pouvaient être vues en train de surveiller le passage de la frontière depuis une tour de garde métallique toute proche.

Des soldats de la force de maintien de la paix de la FNUOD gardent la frontière israélo-syrienne près du point de passage de Quneitra sur Ie Plateau du Golan, le 27 septembre 2018. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

M. Liberman a déclaré que la décision de rouvrir le point de passage ne changeait rien aux relations d’Israël avec le régime syrien ou avec Assad, que le ministre de la Défense a qualifié de « criminel de guerre ».

Dans le passé, le point de passage était principalement utilisé par la population druze des deux pays, mais s’il rouvre, il servira surtout aux soldats de la FNUOD, leur permettant de le traverser pendant une heure le matin et une heure le soir.

En plus de servir de passage piétonnier pour les Druzes vivant en Syrie et sur le plateau du Golan israélien, le passage a également été utilisé pour transporter des pommes d’Israël en Syrie, ce qui pourrait se reproduire selon M. Liberman.

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