Le Crif demande l’annulation de Kneecap dans les festivals d’été en France
Le groupe de rap nord-irlandais Kneecap, récemment au cœur d’une polémique après des propos anti-Israël, est désormais visé par une demande de déprogrammation du Crif

« Le Crif demande la déprogrammation immédiate de Kneecap à Rock en Seine ainsi que dans l’ensemble des festivals où le groupe doit se produire cet été en France, » lit)on sur un message publié le 7 mai sur le réseau X.
Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a appelé à l’annulation de la venue du groupe nord-irlandais Kneecap au fameux festival Rock en Seine. Ce festival de musique, qui se tient chaque année dans le parc de Saint-Cloud, près de Paris, doit se dérouler du 20 au 24 août prochain.
Dans le viseur du Crif : le groupe de rap nord-irlandais qui a suscité une vive polémique lors de la dernière édition du festival Coachella, le 19 avril dernier. Au moment de monter sur scène, Kneecap avait en effet projeté sur écran géant le message suivant : « Israël commet un génocide contre le peuple palestinien. Cela est rendu possible par les États-Unis, qui arment et financent Israël malgré ses crimes de guerre. » Le message se concluait par : « Fuck Israël, libérez la Palestine. »
Sur scène, Mo Chara, l’un des membres du groupe, a déclaré : « C’est leur putain de maison. Et ils les bombardent depuis le ciel. Si vous n’appelez pas ça un génocide, alors comment vous appelez ça, bordel ? »
Cette séquence a provoqué l’indignation sur les réseaux sociaux, où d’autres vidéos du groupe ont refait surface. Dans l’une d’elles, filmée à Londres l’an dernier, on voit un des rappeurs scander : « Allez le Hamas, allez le Hezbollah. » Deux organisations islamistes considérées comme terroristes au Royaume-Uni, où leur soutien public est illégal.
Face à la polémique, le groupe s’est défendu dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux : « Que ce soit clair : nous ne soutenons pas et n’avons jamais soutenu le Hamas ou le Hezbollah. Nous condamnons toutes les attaques contre des civils, toujours. »
"Vive le Hamas ! Vive le Hezbollah !" Voilà ce qu'ont hurlé les chanteurs du groupe irlandais Kneecap dans un de leurs concerts.
Logiquement, ce groupe fait l'objet de poursuites pour apologie du terrorisme au Royaume-Uni. Des concerts ont été annulé en Allemagne.
Alors,… pic.twitter.com/VYQi9uBdLe
— Yonathan Arfi (@Yonathan_Arfi) May 7, 2025
Ces controverses ont poussé plusieurs artistes et groupes à prendre la défense de Kneecap au nom de la liberté d’expression. Une tribune, signée par près de quarante groupes dont The Pogues, Thin Lizzy, Dexys, Pulp ou Massive Attack, affirme : « Il y a eu, la semaine dernière, une tentative claire et concertée de censurer et de bannir, de fait, le groupe Kneecap. » Et de poursuivre : « Dans une démocratie, aucune personnalité politique ni aucun parti ne devrait avoir le pouvoir de décider qui peut ou non jouer dans un festival de musique ou lors d’un concert auquel assistent des milliers de personnes. »
Dans son message appelant à l’annulation de leur participation à Rock en Seine, Yonathan Arfi conclut : « Leur programmation est une injure à toutes les victimes du terrorisme, et en particulier à la mémoire des 50 Français assassinés par le Hamas depuis le 7 octobre. Refusons la tournée de la haine. »







