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Le cyber-campus de Beer Sheva a inspiré Macron pour le cyber-campus de la Défense

L'idée de ce futur navire amiral de la cyber-sécurité française se calque sur le site CyberSpark, pensé par Netanyahu et qui regroupe les agents de la cyber-défense israélienne

Une vue d'artiste de ce que doit devenir CyberSpark, à Beer Sheva, en Israël, inauguré en 2014. (Crédit : CyberSpark)
Une vue d'artiste de ce que doit devenir CyberSpark, à Beer Sheva, en Israël, inauguré en 2014. (Crédit : CyberSpark)

Le ministre de l’Économie français Bruno Le Maire a inauguré mardi à la Défense (Hauts-de-Seine) le campus cyber, une tour de 26 000 mètres carrés qui doit devenir le navire amiral de la cyber-sécurité française en rassemblant sur un même lieu ses principaux acteurs.

« Ce lieu a bien vocation à être le cœur de la cyber-sécurité en France et en Europe », a martelé Bruno Le Maire, accompagné de Frédérique Vidal et Cédric O, respectivement ministre de l’Enseignement supérieur et secrétaire d’État au numérique.

Voulu par Emmanuel Macron, le campus a pour vocation d’accueillir des représentants d’acteurs très divers, de la petite start-up en cours de création à la grande entreprise, en passant par les services étatiques (DGSI, gendarmerie et police, ministère de la Défense) et les organismes de formation.

L’idée lui a été inspirée par le cyber-campus de Beer Sheva, CyberSpark, inauguré en 2014. Ce centre de 150 hectares vise à regrouper les agents de la cyber-défense israélienne, dont l’Unité 8200. De nombreux ingénieurs travaillant dans le civil s’y sont déjà installés. Pensé par Benjamin Netanyahu, le CyberSpark veut regrouper sécurité nationale et développement économique et industriel.

Comme Israël avec son campus, « le président de la République a voulu depuis cinq ans faire de la France le fer de lance de l’indépendance aux cyber-attaques en Europe. Ce n’est pas un hasard si en matière de cyber-sécurité, la nation la plus en pointe est la nation française désormais », a assuré mardi Bruno Le Maire.

« C’est la même volonté derrière d’affirmer un continent européen qui défend et protège ses intérêts économiques, sociaux et vitaux, et qui ne se laisse pas faire entre les deux grandes puissances que sont la Chine et les États-Unis », a-t-il ajouté.

La tour, qui pourra accueillir de 1 600 à 1 700 personnes, ne sera toutefois pas un centre opérationnel de la cyber-guerre, destiné à piloter au jour le jour les opérations de défense contre les criminels ou les services secrets.

Elle doit plutôt être un lieu d’innovation, d’échanges et de projets, dans un secteur devenu stratégique avec la numérisation croissante de la société.

Cinq des treize étages de la tour (dessinée par l’architecte Christian de Portzamparc) seront des espaces privatifs.

L’Anssi, l’agence nationale de la sécurité informatique disposera par exemple d’un étage, où elle prévoit d’installer son service de formation interne.

Le campus cyber disposera notamment d’un incubateur unique et dédié pour les jeunes pousses du secteur, avec l’objectif de lancer une dizaine de start-up chaque année et d’accélérer les levées de fonds.

À titre de comparaison, les jeunes pousses françaises ont levé 550 millions d’euros en 2021, contre respectivement 16 milliards d’euros et 7,8 milliards d’euros pour leurs concurrentes américaines et israéliennes.

Les acteurs présents dans la tour paient un loyer à la société gestionnaire de l’immeuble, dont 56 % du capital est détenu par des acteurs privés et 44 % par l’État.

Le directeur général du campus cyber est l’ancien directeur général d’Orange cyber-défense, Michel Van Den Berghe.

Le campus cyber s’inscrit dans le plan « cyber-sécurité » de 1 milliard d’euros, dont 720 millions d’euros de fonds publics, annoncé par l’exécutif il y a un an.

Le gouvernement a fixé pour objectif de parvenir en quelques années à tripler le chiffre d’affaires de la filière française de cyber-sécurité à 25 milliards d’euros, doubler le nombre d’emplois et faire émerger trois licornes (société valant plus d’un milliard de dollars).

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