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Le Danemark ne financera pas des groupes qui font la promotion de BDS

Le ministre des Affaires étrangères a annoncé une politique qui découle du mécontentement croissant face à la politisation et aux abus réalisés sur les fonds danois versés en aides

Anders Samuelsen, (deuxième à partir de la droite), ministre des Affaires étrangères du Danemark, rencontre des représentants de l'industrie israélienne de haute technologie à Jérusalem (Crédit : autorisation Yossi Zwecker)
Anders Samuelsen, (deuxième à partir de la droite), ministre des Affaires étrangères du Danemark, rencontre des représentants de l'industrie israélienne de haute technologie à Jérusalem (Crédit : autorisation Yossi Zwecker)

Le Danemark ne financera plus des organisations entretenant des liens avec des terroristes, qui s’engagent dans des tentatives de boycott d’Israël ou qui mettent en doute la légitimité de sa création, a annoncé le gouvernement – une initiative qualifiée par les activistes comme étant une avancée significative.

Le ministre des Affaires étrangères Anders Samuelsen a annoncé cette nouvelle politique au début du mois dans un document intitulé « Explications sur les conditions du soutien apporté par le Danemark aux organisations de la société civile israéliennes et palestiniennes ».

Il est venu suivre un audit réclamé par le ministère des Affaires étrangères l’année dernière, dans un contexte de mécontentement croissant face à la politisation et aux abus commis avec les fonds d’aides versés par le pays.

« L’utilisation des fonds danois dans des objectifs politiques, notamment pour les activités de BDS, est inacceptable », lit-on dans une directive qui utilise l’acronyme désignant le mouvement de Boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) contre Israël.

Les quatre autres directives exigent l’arrêt du financement de tout destinataire « associé à un mouvement terroriste » ou lui versant des fonds ; qui viole les principes des droits de l’Homme ou qui « met en doute le droit d’Israël à exister ».

Manifestation du mouvement BDS à Barcelone, en Espagne, en juin 2014. Illustration. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Olga Deutsch, directrice du département Europe à l’ONG Monitor, une organisation basée à Jérusalem qui enquête sur les financements des organisations actives dans le conflit israélo-palestinien, a salué l’initiative danoise.

« La Suisse et la Norvège se sont attaquées à des problèmes similaires au début de l’année et nous espérons que les directives adoptées par le Danemark serviront d’exemple aux autres pays européens », a-t-elle commenté. Un haut-responsable de l’ONG a qualifié « d’importante » la démarche danoise.

Au mois de décembre, le Danemark a suspendu ses aides versées à de nombreux groupes palestiniens et depuis, le pays a plus que réduit de moitié le nombre des destinataires qu’il avait décidé de soutenir financièrement en 2018.

L’enquête danoise, lancée au mois de mai, a eu lieu après l’ouverture d’un centre pour les femmes dans la ville de Buraq, en Cisjordanie, qui portait le nom de Dalal Mughrabi, qui avait dirigé un massacre perpétré en 1978 sur une autoroute, près de Tel Aviv, qui avait tué 37 civils – dont de nombreux enfants – et fait des douzaines de blessés. La ville a refusé de changer le nom du centre, disant qu’il avait été choisi par les habitants « pour commémorer une héroïne palestinienne qui s’est sacrifiée pour son pays ».

« Les habitants n’ont donc aucunement l’intention de changer ce nom, indépendamment du prix que ça coûtera », avait fait savoir la municipalité à ce moment-là.

Les Palestiniens tiennent une pancarte avec la photo de Dalal Mughrabi, une terroriste palestinienne qui a tué des douzaines de civils israéliens lors du détournement d’un bus, en 1978, alors qu’ils manifestant à Ramallah, en Cisjordanie, le 11 mars 2010 (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Le mois dernier, la Belgique a mis un terme à son financement des écoles palestiniennes en raison d’une institution qui porte également le nom de Mughrabi.

Le centre Mughrabi avait été construit par la commission technique des affaires liées aux femmes, qui avait reçu en soutien des financements du Danemark par le biais du Secrétariat du droit humanitaire international et des droits de l’Homme de Ramallah – un programme de dons parrainé par le Danemark, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse.

La Norvège a également cessé de financer le centre l’année dernière, et s’est aussi retirée du Secrétariat.

Entre 2006 et 2018, le Danemark a fourni 12 millions de dollars sur 45 millions au total du budget à destination des groupes palestiniens et israéliens, selon l’ONG Monitor. Le Secrétariat a pour sa part reçu 24 millions de dollars entre 2013-2018, une somme à laquelle le Danemark a cotisé à hauteur de 6,5 millions de dollars.

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