Le dernier vol d’olim éthiopiens de l’année a atterri malgré des incertitudes
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Le dernier vol d’olim éthiopiens de l’année a atterri malgré des incertitudes

Le gouvernement a atteint les 1 300 nouveaux migrants juifs éthiopiens, mais le financement n'a pas encore été alloué pour que l’objectif puisse être au même niveau en 2018

Les membres d’une famille s'embrassent à l'aéroport Ben Gurion alors que 72 nouveaux immigrants d'Éthiopie arrivent le 6 juin 2017 (Miriam Alster / Flash90)
Les membres d’une famille s'embrassent à l'aéroport Ben Gurion alors que 72 nouveaux immigrants d'Éthiopie arrivent le 6 juin 2017 (Miriam Alster / Flash90)

Le dernier vol de Juifs éthiopiens migrant en Israël a atterri à l’aéroport Ben Gurion ce jeudi soir, amenant 59 nouveaux immigrants et permettant à quelques jours près d’atteindre l’objectif de 1 300 personnes sur 2017. Néanmoins, les politiciens et les militants s’inquiètent d’un gel des financements qui pourrait mettre en péril les prochains vols en 2018.

Environ 8 000 Juifs éthiopiens qui comptent des parents proches en Israël attendent toujours d’émigrer.

En novembre 2015, le gouvernement a annoncé qu’il permettrait aux Juifs éthiopiens en attente d’immigration de faire leur alyah. Le ministère des Finances a alloué des financements pour permettre l’alyah de 1 300 Éthiopiens sur 2017 – la première étape d’un programme quinquennal visant à attirer de nouveaux immigrants au rythme d’environ 100 par mois.

Mais le processus d’immigration a été entaché d’accusations de racisme et d’inefficacité à l’encontre du ministère de l’Intérieur, et il y a eu un retard de six mois dans les vols, suscitant des craintes – finalement infondées – que l’objectif de 2017 ne serait pas atteint.

« Cela montre que, lorsque [les organes de l’Etat concernés] veulent travailler, ils peuvent le faire », a déclaré le député Avraham Neguise (Likud), qui a mené le combat pour la réunification des familles éthiopiennes.

« Le problème est qu’ils ne veulent pas de cette communauté. S’ils en voulaient, tout le monde pourrait arriver en même temps, mais ce n’est pas ce qu’ils veulent. C’est le problème. »

Les députés du Likud Avraham Neguise (à gauche) et David Amsalem débatent au sujet du gel de l’aliyah éthiopienne lors d’une audience à la Knesset, le 21 mars 2017 (Melanie Lidman / Times of Israel)

M. Neguise a déclaré que lui et les autres députés impliqués dans cette lutte, notamment Eli Alaluf (Koulanou) et David Amsalem (Likud), avaient commencé à rencontrer des représentants du ministère des Finances, du ministère de l’Intérieur et du bureau du Premier ministre il y a quatre mois pour tenter de continuer à obtenir des financements afin de maintenir le processus d’immigration, mais qu’ils avaient échoué.

M. Neguise a déclaré que le gouvernement devait approuver un financement de 200 millions de shekels pour couvrir tous les coûts d’absorption de 1 300 nouveaux immigrants éthiopiens.

Bien que Neguise soit inquiet à propos de l’obtention de ces financements, il affirme qu’une fois qu’ils seraient obtenus, il ne devrait plus y avoir de gel similaire à celui qui a retardé l’immigration éthiopienne pendant six mois cette année.

« Les infrastructures sont là, a-t-il déclaré. Le système et les travailleurs sont déjà là… C’est une décision qui a déjà été prise ; il ne suffit plus que d’attendre les instructions et la permission du gouvernement. »

« J’appelle le ministère des Finances et le ministère de l’Intérieur à encourager l’approbation du gouvernement », a déclaré Neguise.

« Ils doivent se dépêcher d’unir nos frères avec leurs proches en terre d’Israël. »

Sabine Hadad, porte-parole de l’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières, la branche du ministère de l’Intérieur chargée de l’immigration éthiopienne, a déclaré que le ministère de l’Intérieur attendait des instructions du gouvernement. Un porte-parole du ministère des Finances a déclaré que la question était actuellement à l’étude.

L’ambassade chrétienne internationale de Jérusalem a payé pour tous les vols d’immigrants éthiopiens en 2017 dans le cadre de son programme de soutien à l’immigration juive en Israël. En plus des 59 migrants qui devaient arriver jeudi soir, 60 étaient déjà arrivés la veille. L’organisation espère poursuivre son financement en 2018, a déclaré Howard Flower, responsable du centre.

Les Juifs restés en Ethiopie sont désignés comme des Falashmura – un terme pour les Juifs éthiopiens dont les ancêtres se sont convertis au christianisme, souvent sous la contrainte, il y a des générations.

Des femmes à Gondar, en Éthiopie, étudient les textes juifs avant le jeûne du 10 Tevet, le 27 décembre 2017 (photo publiée avec l’autorisation du comité pour l’aliyah éthiopienne)

Etant donné que le ministère de l’Intérieur ne considère pas les Falashmura comme Juifs, ils ne peuvent pas immigrer en vertu de la loi du retour et doivent donc obtenir une autorisation spéciale du gouvernement pour se rendre en Israël. Les détracteurs du projet craignent que des dizaines de milliers d’Ethiopiens puissent prétendre à la nationalité dans le cadre de ce processus.

La communauté rétorque que le processus de détermination de leur judéité était mal exécuté et divisait les familles. Au moins 80 % des Juifs d’Ethiopie ont des parents au premier degré qui vivent en Israël, affirment-ils.

En août 2013, le gouvernement a annoncé la « fin » de l’aliyah éthiopienne, affirmant que tous les Juifs éthiopiens se trouvaient désormais en Israël.

Depuis lors, l’Agence juive a cessé ses subventions à la synagogue communautaire de Gondar, mettant fin à un programme de nutrition pour les enfants – à un moment donné, cela a même conduit au retrait du rouleau de la Torah de la ville.

Bien que le gouvernement ait approuvé à l’unanimité l’immigration de tous les Juifs encore en Ethiopie en novembre 2015, la décision a été annulée trois mois plus tard lorsque le bureau du Premier ministre a refusé de mettre en œuvre le programme étant donné que le milliard de shekels nécéssaire à l’opération n’était pas disponible dans le budget de l’Etat.

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