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Le directeur de Rivarol à nouveau condamné pour négationnisme

Jérôme Bourbon a été condamné une quinzaine de fois, en particulier pour provocation à la haine, contestation de crime contre l'humanité et injure raciste

Jérôme Bourbon (Crédit : capture d'écran YouTube)
Jérôme Bourbon (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le directeur de publication de l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol, Jérôme Bourbon, a été condamné vendredi à 8 000 euros d’amende, avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement, pour contestation de crime contre l’humanité et provocation à la haine envers les juifs.

Fabrice (dit Jérôme) Bourbon, 49 ans, a été condamné à 80 jours-amende à 100 euros, pour des propos tenus dans une vidéo du 3 octobre 2020, publiée sur la chaîne Youtube de Rivarol, ensuite supprimée.

Il y commentait l’actualité et évoquait notamment la rafle du Vel d’Hiv, au cours de laquelle 13 000 juifs ont été arrêtés les 16 et 17 juillet 1942 par des policiers et gendarmes français avant d’être rassemblés au Vélodrome d’Hiver pour être envoyés en camp de concentration.

Jérôme Bourbon déclarait notamment : « (…) Encore une fois je ne dis pas ça pour valider ce qui s’est passé, je dis simplement qu’on ment souvent par omission en disant finalement que c’était la lutte contre les juifs etc. alors que le gouvernement français du maréchal Pétain s’est toujours opposé à ce qu’il y ait la moindre persécution ou atteinte quelconque aux juifs français ».

L’entrevue de Montoire, le 3 octobre 1940, entre le maréchal Pétain et Adolf Hitler. (Crédit : Wikimedia Commons)

Dans son jugement, le tribunal le reconnaît coupable de négationnisme en soulignant entre autres qu’ « affirmer la conviction que les juifs français ont été sauvés par le maréchal Pétain contient à la fois la négation de la participation de ce dernier à la politique d’extermination des juifs mené par le régime nazi (…) et de la mort des personnes qui ont succombé à ces exactions ».

Dans la même vidéo, Jérôme Bourbon abordait le mouvement des « gilets jaunes » et la pandémie de Covid-19, faisant allusion aux « assises financières, idéologiques » de la République et « ses lobbys », puis à la « question juive ». « Si on ne désigne pas l’ennemi, on manque à son devoir », disait-il.

Le prévenu reprend un « préjugé antisémite notoire » et présente les juifs comme un « ennemi » tout en parlant d’une « guerre à gagner », ce qui constitue une provocation à la haine et à la violence envers la communauté juive, a déclaré le tribunal.

Jérôme Bourbon a en revanche été relaxé des poursuites concernant un article de Rivarol du 2 septembre 2020, pour une question de procédure.

Le parquet avait requis six mois d’emprisonnement ferme.

Jérôme Bourbon a été condamné une quinzaine de fois, en particulier pour provocation à la haine, contestation de crime contre l’humanité et injure raciste.

En novembre 2020, il a été condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis et à des peines d’amendes pour des publications jugées antisémites.

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