Le domicile d’un éminent policier arabe cible de tirs
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Le domicile d’un éminent policier arabe cible de tirs

Jamal Hakrush, à la tête de l'unité luttant contre les crimes dans la communauté arabe, jure de ne pas se laisser dissuader par les intimidations dans son combat

Jamal Hakrush, le 11 février 2016. (Crédit : Police israélienne)
Jamal Hakrush, le 11 février 2016. (Crédit : Police israélienne)

Un éminent responsable arabe de la police a juré de continuer à se battre contre le crime qui touche sa communauté après des tirs qui ont pris pour cible son habitation vendredi soir. Les tireurs n’ont pas été identifiés.

« C’est la continuation des incidents violents que nous constatons sur le terrain – et c’est très exactement la raison pour laquelle nous avons établi l’unité de lutte contre le crime dans la communauté arabe », a expliqué Jamal Hakrush à la Douzième chaîne, samedi soir.

Hakrush a déclaré que l’incident ne l’arrêterait pas dans sa mission et qu’il ne se laisserait pas dissuader dans sa lutte contre les crimes en recrudescence dans les villes et villages arabes. Il a assuré que son unité poursuivrait son travail.

« Notre objectif est de garantir la sécurité de tous les citoyens et il est clair, à nos yeux, que pour atteindre cet objectif, nous devrons dépasser un certain nombre d’obstacles – mais rien ne nous arrêtera », a-t-il confié à la chaîne.

L’incident survenu vendredi soir, qui a endommagé le domicile de Hakrush, n’a pas fait de blessé, a rapporté un communiqué émis par la police.

Le quotidien Haaretz a annoncé que les services de sécurité du Shin Bet prenaient part à l’enquête de la police dans le but de localiser les tireurs.

Selon le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, l’incident est « une déclaration de guerre » faite à la police par le crime organisé.

Les communautés arabes connaissent une recrudescence des violences depuis quelques années – des violences dont le crime organisé est majoritairement à l’origine.

En 2020, 96 Arabes israéliens ont été tués dans des agressions violentes – ce qui est, et de loin, le bilan le plus lourd de mémoire récente. Environ 70 ont été tués cette année.

L’habitation de Jamal Hakroush, responsable de la police arabe israélien, prise pour cible par des tireurs dans la ville de Kafr Kanna, au nord du pays, le 10 septembre 2021. (Capture d’écran/Kan)

Les Arabes israéliens, de leur côté, mettent en cause la police, qui, selon eux, ne s’attaque pas aux puissantes organisations criminelles et détourne largement le regard face à ces violences – querelles familiales, guerres de gangs ou violences faites aux femmes.

Selon un rapport de la Knesset de 2020, quelque 400 000 armes illégales circulent en Israël, essentiellement dans les communautés arabes.

Au mois de juillet, le Premier ministre Naftali Bennett avait déclaré que la violence et la criminalité dans les communautés arabes israéliennes constituaient un « fléau national », alors qu’il rencontrait de hauts responsables du gouvernement et de la police pour formuler un plan national de lutte contre ce phénomène.

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