Le Drian : L’Iran « est en train de se doter de la capacité nucléaire »
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Le Drian : L’Iran « est en train de se doter de la capacité nucléaire »

"Il est donc urgent de dire aux Iraniens que cela suffit et de prendre les dispositions pour que l’Iran et les Etats-Unis reviennent dans l’Accord de Vienne," a averti le ministre

Jean-Yves le Drian, le 15 janvier 2018 à Mur-de-Bretagne. (Crédit : AFP /Damien Meyer)
Jean-Yves le Drian, le 15 janvier 2018 à Mur-de-Bretagne. (Crédit : AFP /Damien Meyer)

Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, Jean-Yves Le Drian a exprimé ses inquiétudes sur les activités nucléaires de la République islamique, appelant à une réaction immédiate et à un retour des Etats-Unis dans l’accord de 2015 dès l’entrée en fonction de Joe Biden.

« L’Iran – je le dis clairement – est en train de se doter de la capacité nucléaire », a déclaré M. le Drian.

« Il y a également une élection présidentielle en Iran à la mi-juin. Il est donc urgent de dire aux Iraniens que cela suffit et de prendre les dispositions pour que l’Iran et les Etats-Unis reviennent dans l’Accord de Vienne ».

L’accord de Vienne a été conclu par l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (France, Royaume-Uni, Russie, Chine, Etats-Unis) plus l’Allemagne.

Cet accord prévoit une levée partielle des sanctions internationales contre l’Iran, en échange de mesures destinées à garantir que ce pays ne se dotera pas de l’arme atomique. Mais Donald Trump en était sorti unilatéralement en 2018.

« En sortant de cet accord, l’administration Trump a choisi la stratégie qu’il a appelée de la pression maximale contre l’Iran. Le résultat, c’est que cette stratégie n’a fait que renforcer le risque et la menace. Il faut donc enrayer cette mécanique », a prévenu le chef de la diplomatie française.

« Cela ne suffira pas », a-t-il toutefois ajouté. « Il faudra des discussions difficiles sur la prolifération balistique et les déstabilisations par l’Iran de ses voisins dans la région. Je suis tenu par le secret sur le calendrier de ce genre de dossier, mais il y a urgence ».

Par ailleurs, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont demandé samedi à l’Iran de renoncer à la production d’uranium métal, qui marquerait une nouvelle violation de ses engagements pris dans l’accord international de 2015.

« Nous, les gouvernements de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, sommes profondément préoccupés par l’annonce par l’Iran qu’il se prépare à produire de l’uranium métal », préviennent les trois pays dans un communiqué commun.

L’Iran avait indiqué mercredi à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avancer dans sa production d’uranium métal pour servir de carburant à un réacteur. Le sujet est sensible car l’uranium métal peut être utilisé comme composant pour des armes nucléaires et l’accord de 2015 comporte une interdiction de 15 ans sur « la production ou l’acquisition de métaux de plutonium ou d’uranium ou leurs alliages ».

En réponse au trio européen, l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) a fait savoir samedi soir n’avoir pas, à ce stade, « présenté d’information (…) au sujet du design de l’usine d’uranium métal » à l’AIEA.

Selon elle, ce sera fait lorsque « les préparations nécessaires auront été effectuées et dans les délais imposés par la loi ». L’OIEA fait référence à la période de cinq mois fixée en décembre par le Parlement iranien pour que Téhéran prépare l’usine, entre autres dispositions liées à son programme nucléaire.

L’organisme iranien a également espéré que l’AIEA ne cause pas de nouveaux « malentendus à l’avenir, en s’abstenant de mentionner des détails superflus dans ses rapports ».

« L’Iran n’a aucune utilisation civile crédible de l’uranium métal », ajoutent Londres, Berlin et Paris. « La production d’uranium métal peut avoir de graves implications militaires », déplorent-ils.

« L’Iran s’est engagé pendant quinze ans, dans le cadre de l’Accord nucléaire de Vienne (ANCV), à ne pas produire d’uranium métal ni à mener des activités de recherche et développement dans le domaine de la métallurgie de l’uranium », rappellent ces trois pays signataires de l’accord de 2015.

« Nous demandons instamment à l’Iran, dans les termes les plus forts, de cesser cette activité et de reprendre immédiatement ses obligations au titre du Plan d’action global conjoint si l’Iran veut vraiment préserver cet accord », concluent-ils.

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