Le fils de l’écologiste mort en prison affirme que sa famille a été menacée
Rechercher

Le fils de l’écologiste mort en prison affirme que sa famille a été menacée

Kavous Seyed Emami avait été arrêté en janvier et était accusé d'espionnage au profit des services de renseignement israélien et américain

Kavous Seyed Emami, éminent écologiste irano-canadien, donne une conférence en Iran en novembre 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Kavous Seyed Emami, éminent écologiste irano-canadien, donne une conférence en Iran en novembre 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le fils de l’écologiste irano-canadien mort en prison a déclaré tard mercredi que sa famille avait été menacée par les autorités avant le décès de son père et que la vidéo de son « suicide » n’était pas « concluante ».

Kavous Seyed Emami, universitaire de renom et directeur de la Fondation pour la faune persane, avait été arrêté en janvier et était accusé d’espionnage au profit des services de renseignement israélien et américain.

Selon les autorités, il s’est suicidé dans sa cellule la semaine dernière.

Le président Hassan Rouhani a ordonné une enquête sur les « événements désagréables survenus dans certains centres de détention » et de lui faire un rapport sur « les éventuels manquements ou fautes », a rapporté l’agence Isna.

Ramin Emami, le fils de l’écologiste, a affirmé sur son site internet que sa mère avait été « interrogée et menacée » vendredi pendant trois heures avant d’être informée de la mort de son mari.

Un tribunal local « a convoqué ma mère et on lui a dit de venir pour rencontrer son mari », a écrit Ramin Emami. « Au lieu de cela, ils l’ont interrogée et menacée pendant trois heures avant de lui annoncer la mort de son mari et lui faire signer un papier pour qu’elle ne parle pas aux médias ».

Ramin Emami a également affirmé avoir visionné la vidéo montrant son père dans sa cellule, que les autorités présentent comme la preuve de son suicide.

« Je dois dire qu’il n’y a rien de concluant car on ne voit pas dans le film la manière du décès », ajoute-t-il. « Tout ce que j’ai pu voir, c’est que mon père était très nerveux. Il arpentait sa cellule de long en large et n’était pas dans un état psychologique normal ».

Dans la vidéo, on voit M. Emami entrer dans une autre pièce que les autorités présentent comme une salle de bains.

« Sept heures plus tard, son corps est sorti de la pièce. La demande des avocats pour voir la cellule a été rejetée. Nous avons porté plainte » immédiatement, ajoute-t-il.

Ramin Emami a affirmé qu’il était le seul membre de la famille à avoir pu visionner la vidéo, rejetant les affirmation des autorités judiciaires selon lesquelles son oncle avait également pu la voir et avait accepté l’hypothèse du suicide.

Les autorités ont déclaré qu’une autopsie avait été effectuée et qu’il faudra entre quatre et six semaines pour avoir le rapport.

Mais le procureur général de Téhéran Abbas Jafari Dolatabadi a déclaré mercredi que l’autopsie de M. Emami montrait qu’il avait commis un suicide.

Selon lui, M. Emami « a vu que l’organe qui avait menait l’enquête disposait de nombreux documents et d’informations et il a décidé de commettre un suicide ».

M. Jafari Dolatabadi avait auparavant affirmé que la Fondation pour la faune persane, qui s’occupait notamment d’un programme pour la protection du guépard asiatique, avait été créée « il y a une décennie environ » pour masquer des activités de collecte « d’informations classifiées dans les secteurs de la défense et des missiles » pour la CIA et le Mossad.

Selon lui, Kavous Seyed Emami était l’un des principaux contacts des agents du renseignement américain.

Le procureur général de Téhéran avait par ailleurs affirmé que le principal soutien financier de ce réseau était un citoyen irano-britano-américain aux initiales « MT », faisant probablement référence à Morad Tahbaz, un riche homme d’affaires et membre de la Fondation pour la faune persane, qui a été arrêté le mois dernier.

L’Iran ne reconnaît pas la double nationalité et refuse aux binationaux certains services consulaires.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...