Le frère d’un responsable de l’AP tué par la sécurité palestinienne
Rechercher

Le frère d’un responsable de l’AP tué par la sécurité palestinienne

Des proches ont tiré sur des bâtiments gouvernementaux après que Khalil al-Sheikh, frère d'un confident d'Abbas, a été tué par la sécurité préventive dans la banlieue de Ramallah

Hussein al-Sheikh, un proche confident du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, s'exprimant sur Palestine TV, la chaîne officielle de l'AP. (Crédit : capture d'écran Palestine TV)
Hussein al-Sheikh, un proche confident du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, s'exprimant sur Palestine TV, la chaîne officielle de l'AP. (Crédit : capture d'écran Palestine TV)

Le frère d’un haut fonctionnaire palestinien a été tué lors d’une querelle avec les forces de sécurité de l’AP en Cisjordanie mercredi soir, déclenchant une vague de colère et des coups de feu.

Khalil Al-Sheikh, 47 ans, était le frère du haut fonctionnaire de l’Autorité palestinienne Hussein al-Sheikh, un proche confident du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et chef d’une commission chargée de la coordination avec Israël.

Les responsables médicaux ont confirmé la mort de Khalil al-Sheikh au cours d’une fusillade qui a éclaté après que son neveu se soit disputé avec un officier de sécurité à el-Bireh, une banlieue de Ramallah. Al-Sheikh était arrivé sur les lieux avec un groupe d’hommes armés pour aider à défendre son neveu.

Après la mort de Khalil al-Sheikh, les membres de sa famille ont défilé dans Ramallah, tirant sur des bâtiments gouvernementaux et sur le siège de la Sécurité préventive, la force de sécurité qui emploie le tueur présumé, ont déclaré les responsables de la sécurité. Le bruit des tirs automatiques a pu être entendu dans toute la ville.

Un responsable de la sécurité, parlant sous couvert d’anonymat car il n’était pas autorisé à parler avec les médias, a déclaré que le tueur présumé était toujours en liberté.

Le porte-parole de la police palestinienne, Louay Erzeiqat, a déclaré dans un communiqué que la police enquêtait sur l’incident.

Lors des funérailles d’al-Sheikh jeudi, des coups de feu ont de nouveau retenti dans tout Ramallah. Certaines parties de la ville ont effectivement été bouclées en raison des tirs d’armes automatiques qui ont retenti dans les rues.

Il n’est pas clair si les tirs ont eu lieu aux funérailles ou s’ils étaient dûs à des affrontements, bien que des vidéos sur les réseaux sociaux semblent soutenir la première hypothèse, montrant des hommes armés en civil se promenant dans les rues de Ramallah.

Dans des remarques faites à son domicile après les funérailles, Hussein al-Sheikh a déploré le manque d’unité dans le « tissu national » qui, selon lui, a conduit à la mort de son frère.

« J’aurais presque préféré que les balles qui ont tué Khalil soient des balles israéliennes. Mais nous sommes responsables ici, nous sommes responsables du peuple… Je vais être franc avec vous : mon cœur me fait mal », a déclaré Hussein al-Sheikh.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, a annoncé la formation d’une commission pour enquêter sur l’assassinat de Khalil al-Sheikh.

Certains Palestiniens ont critiqué cette annonce comme une preuve évidente de favoritisme pour les proches des fonctionnaires.

Il y a eu des dizaines de décès récemment, sans qu’une telle « commission d’enquête » ne soit créée, a écrit un compte Twitter de l’opposition.

La Cisjordanie a connu une augmentation de la violence cette année en raison de la crise du coronavirus et du déclin économique qui l’accompagne.

Les forces de sécurité palestiniennes ont affronté plusieurs fois des civils violant les restrictions sur le coronavirus en mai, dont un incident dans le camp de réfugiés de Deheisheh qui a fait deux blessés par balles.

La semaine dernière, un affrontement entre les habitants de Balatat al-Balad, dans la banlieue de Naplouse, et les forces de sécurité palestiniennes a coûté la vie à un secrétaire local du Fatah, Emad al-Din Dweikat. Les responsables palestiniens ont demandé aux habitants de rester calmes alors qu’une enquête était en cours, mais des photos d’hommes armés, masqués et en civil, marchant dans les rues de Balatat al-Balad, ont commencé à apparaître sur Internet.

Irzeiqat a déclaré au site Dunya al-Watan, au lendemain de la fusillade, que la police palestinienne menait depuis plusieurs mois des opérations visant à récupérer des armes illégales qui se répandaient dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...