Le général Soleimani aurait « personnellement » chapeauté les attaques de drone
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Le général Soleimani aurait « personnellement » chapeauté les attaques de drone

L'armée indique que Téhéran a envoyé des drones "kamikazes" et des conseillers militaires en Syrie pour cibler Israël ; les frappes israéliennes auraient fait 5 morts

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une image satellite de la petite base située dans la ville syrienne d'Aqrabah depuis laquelle l'Iran prévoyait d'envoyer des drones chargés d'explosifs dans le nord d'Israël, d'après l'armée, août 2019. (Crédit : armée israélienne)
Une image satellite de la petite base située dans la ville syrienne d'Aqrabah depuis laquelle l'Iran prévoyait d'envoyer des drones chargés d'explosifs dans le nord d'Israël, d'après l'armée, août 2019. (Crédit : armée israélienne)

Tsahal a indiqué dimanche que Téhéran avait acheminé les drones d’attaque destinés à cibler l’État juif samedi soir il y a plusieurs semaines en Syrie, ainsi que plusieurs officiels militaires iraniens pour une mission de conseil.

Les déclarations de l’armée surviennent alors que le nombre de morts causés par les raides israéliens est passé à cinq, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) basé au Royaume-Uni.

Selon le porte-parole de l’armée, le Lt. Col. Jonathan Conricus, quatre membres des Forces Al-Qods des Gardiens de la Révolution ont été diligentés en Syrie pour former une équipe qui enverrait les drones kamikazes chargés d’explosifs dans le nord d’Israël.

Le commandant des Gardiens de la Révolution islamique, le général Qassem Soleimani, (au centre), lors d’une réunion avec le Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, et les commandants des Gardiens de la révolution à Téhéran, en septembre 2016 (Crédit : Office of the Iranian Supreme Leader via AP)

« Chacun de ces drones d’attaque aurait transporté plusieurs kilos d’explosifs », a-t-il rapporté.

Jonathan Conricus a révélé que l’armée surveillait depuis « de nombreuses semaines » le plan iranien.

Lorsque l’armée a remarqué que l’équipe dirigée par Téhéran — qui comptait également des miliciens chiites — s’apprêtait à lancer les drones samedi soir, l’armée de l’Air israélienne est entrée en action et a bombardé leur base.

« Grâce à d’importants efforts de renseignements, une attaque iranienne a été déjouée et Israël a échappé à des dégâts », s’est félicité le chef des renseignements militaires, Tamir Heyman, dans un communiqué.

Conricus a fait savoir que les forces israéliennes étaient en état d’alerte élevée près de la frontière syrienne depuis les frappes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef d’Etat-major Aviv Kohavi assistent à un entraînement militaire dans le nord d’Israël (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, un combattant iranien et deux autres du Hezbollah libanais figuraient parmi les victimes des raids, ainsi que deux autres individus dont l’identité n’est pas encore connue.

“Celui qui a commandé cette attaque, c’est Qassem Soleimani en personne. Il a financé, entraîné et formé des agents chiites, censés les commettre”, a dénoncé Aviv Kochavi dans une vidéo d’une réunion au sein du Commandement nord de Tsahal samedi soir, rendue publique par l’armée. Le chef d’état-major a prévenu que l’armée devait “se préparer à toute éventualité”, car l’Iran pourrait mener des représailles contre les frappes aériennes.

“Nous nous y préparerons du mieux possible”, a-t-il assuré.

Une carte illustrant les emplacements depuis lesquels l’Iran prévoyait de lancer des drones chargés d’explosifs sur le nord d’Israël depuis la Syrie, d’après l’armée, août 2019. (Crédit : armée israélienne)

Dimanche après-midi, Tsahal a publié une image satellite de la base d’opérations iranienne installée dans le village d’Aqraba, à l’est de Damas, ainsi qu’une carte illustrant les emplacements approximatifs des activités de la cellule iranienne.

Jeudi dernier, cette dernière avait d’abord essayé de lancer des drones tueurs dans le nord d’Israël depuis le village syrien d’Erneh, près du plateau du Golan israélien, mais il a été intercepté par l’armée israélienne, a rapporté le porte-parole de Tsahal.

Conricus a refusé de commenter sur la méthode précise employée jeudi pour déjouer l’attaque.

D’après le porte-parole, les drones iraniens en question était du même type que ceux auxquels ont recours des milices soutenues par la République islamique ailleurs au Moyen-Orient, à savoir les Houthis yéménites.

« Le modus operandi est similaire à celui que nous avons observé ailleurs au Moyen-Orient — au Yémen et en Arabie saoudite », a expliqué Conricus.

Toujours d’après lui, les équipements ainsi que les conseillers des Gardiens de la Révolution avaient été acheminés depuis Téhéran via l’aéroport international de Damas plusieurs semaines plus tôt.

L’équipe était dirigée par de hauts responsables des Gardiens de la Révolution, notamment son commandant, Qassem Soleimani.

« Un travail de renseignements a permis de mettre au jour les préparatifs de l’équipe encadrée par Soleimani, dans une structure iranienne près de Damas et de contrecarrer l’attaque. La Force Al-Qods continue de tenter de déstabiliser la région. Nous poursuivons nos efforts pour mettre un terme à leurs intentions de nuire à Israël et à ses citoyens », a rapporté le chef des renseignements militaires.

L’équipe supervisée par Téhéran a établi une petite base clôturée à Aqraba, où elle entreposait les drones et des engins explosifs, et qui renfermait également une piscine et un jardin.

Extrait d’une vidéo montrant une frappe israélienne contre les forces soutenues par l’Iran en Syrie, le 24 août 2019 (Capture d’écran : Twitter)

D’après Conricus, la « brigade hautement compartimentée et secrète » avait placé le site sous surveillance afin de s’assurer qu’aucun civil syrien n’y pénètre.

Le porte-parole de Tsahal a indiqué que l’État juif jugeait le régime du dictateur syrien Bashar Assad responsable des attaques, car il était au courant du projet iranien et lui a apporté son soutien de facto en lui laissant voir le jour.

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