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Le gouvernement israélien va payer les salaires des autorités religieuses féminines

Matan Kahana a annoncé cette mesure, qui constitue son dernier effort pour accroître la participation des femmes à la vie religieuse publique

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Illustration : Des femmes juives orthodoxes étudient le Talmud au séminaire d'études religieuses du kibboutz de Migdal Oz, le 23 mai 2013. (Crédit: FLASH90 / Gershon Elinson)
Illustration : Des femmes juives orthodoxes étudient le Talmud au séminaire d'études religieuses du kibboutz de Migdal Oz, le 23 mai 2013. (Crédit: FLASH90 / Gershon Elinson)

Le gouvernement israélien va commencer à payer les salaires des conseillères en droit juif, a annoncé jeudi le vice-ministre Matan Kahana, marquant ainsi un pas important vers l’égalité des sexes de la part du ministère des Affaires religieuses qui, jusqu’à présent, hésitait à prendre des positions progressistes sur ces questions.

« Il est clair pour tout le monde que les ‘femmes savantes’ font désormais partie intégrante du monde communautaire et religieux », a déclaré Kahana lors de l’annonce de cette décision.

Cette décision, qui constitue une étape importante vers la reconnaissance et le financement officiels par le gouvernement des autorités religieuses féminines, est la dernière mesure prise par Kahana pour faire progresser la parité entre les sexes dans les domaines de la vie religieuse.

Les femmes en question ne seront pas des rabbins mais porteront le titre distinct de « conseillères halachiques » – halacha étant le terme hébreu pour la loi juive – qui sont en mesure de répondre aux questions religieuses. Elles se concentreront spécifiquement sur les questions féminines, comme les lois de pureté familiale (entourant les menstruations), mais pourront également offrir leur expertise dans d’autres domaines.

Cette mesure innovante vise à intégrer les femmes dans l’espace communautaire halakhique et à fournir une source de réponses pour les femmes sur des questions sensibles et privées concernant la « pureté familiale », a déclaré le ministère des Affaires religieuses dans son communiqué.

Le ministère a ajouté que ces femmes « occuperont une position de leadership halakhique aux côtés des rabbins communautaires ».

Le vice-ministre des Affaires religieuses Matan Kahana à Meron, dans le nord d’Israël, le 4 janvier 2022. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Kahana, qui dirige le ministère depuis un an, a institué un certain nombre de réformes visant à élargir les rôles des femmes dans la vie communautaire juive, notamment en installant des femmes dans les conseils religieux locaux et en exigeant que les femmes constituent 40 % des comités qui choisissent les rabbins municipaux.

Les conseillères halakhiques seront employées par les communautés où elles travaillent. Le ministère des Affaires religieuses assurera le financement de leurs salaires, a déclaré un porte-parole de Kahana.

Le ministère prévoit d’allouer suffisamment d’argent pour que jusqu’à 21 conseils locaux puissent engager une conseillère halakhique. De nombreuses femmes remplissent déjà ce rôle à titre bénévole non officiel ou par le biais de postes financés localement, a noté Kahana.

« Les conseillères halakhiques sont reconnues et bienvenues dans les communautés israéliennes et le moment est venu pour l’État d’Israël de reconnaître leur travail sacré et de financer leurs activités. Je suis convaincu qu’il s’agit d’une étape importante et bienvenue pour le judaïsme et que cela ajoutera de la Torah et de la sainteté à Israël », a-t-il déclaré.

L’annonce du ministère a été saluée par le groupe orthodoxe libéral Neemanei Torah Va’avoda, qui a déclaré qu’elle laissait présager une plus grande reconnaissance des rôles de leadership des femmes juives.

« Nous espérons qu’à l’avenir, ce financement reconnaîtra les activités de celles qui servent déjà en tant que femmes rabbins dans les communautés et nous espérons que cela amènera plus de femmes à ces postes », a déclaré l’organisation.

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