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Le gouvernement prévoirait de reconnaître 10 à 12 villages bédouins

Les négociations sur un programme "sans précédent" devraient débuter jeudi ; 21 personnes ont été arrêtées lors d'émeutes liées à la plantation d'arbres dans le Neguev par le KKL

La police israélienne détient un homme alors que des Bédouins protestent dans le désert du Néguev contre un projet de plantation du Fonds national juif (JNF), le 12 janvier 2022. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)
La police israélienne détient un homme alors que des Bédouins protestent dans le désert du Néguev contre un projet de plantation du Fonds national juif (JNF), le 12 janvier 2022. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Alors que des émeutes ont encore éclaté au sein des communautés bédouines du Neguev et que la coalition traverse une crise majeure à propos du boisement controversé mené par le Fonds national Juif (JNF/KKL) dans des zones contestées, un reportage du radiodiffuseur public Kan a indiqué mercredi que le gouvernement serait en train d’élaborer un plan global destiné à reconnaître certains villages non reconnus.

Selon Kan, qui a cité des sources anonymes proches du dossier, un plan « sans précédent » devant être avancé par le gouvernement comprendrait la reconnaissance de 10 à 12 villages bédouins qui sont actuellement considérés comme illégaux.

Le plan sera accéléré en raison de la poursuite des émeutes et les négociations devraient commencer ce jeudi, selon le reportage.

Le reportage indique que les plantations d’arbres prévues dans les zones les plus litigieuses – où vit le clan bédouin al-Atrash – ne reprendront pas la semaine prochaine afin de donner une chance aux négociations.

La police israélienne détient un homme alors que des Bédouins protestent dans le désert du Néguev contre un projet de plantation du Fonds national juif (JNF), le 12 janvier 2022. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

La plantation dans d’autres zones, cependant, devait se dérouler comme prévu.

Le ministre de la Protection sociale, Meir Cohen (Kakhol lavan), l’homme de référence du gouvernement en ce qui concerne la légalisation des villages bédouins non reconnus, avait déclaré mercredi avoir réussi à négocier un accord entre les parties afin de tenir des négociations à partir de ce jeudi pour trouver un compromis sur la question.

Pour la deuxième nuit consécutive, les résidents des communautés bédouines du sud ont violemment affronté la police mercredi soir. Elles estiment que la campagne de boisement fait partie d’un effort du gouvernement visant à les expulser.

La police a déclaré jeudi matin que 21 émeutiers avaient été arrêtés pendant la nuit à Tel Sheva, Segev Shalom et Rahat. La nuit précédente, 18 personnes avaient été arrêtées.

Le boisement et les violents affrontements avec la police qui ont suivi menacent aussi de faire tomber l’actuelle coalition hétéroclite, le parti islamiste Raam ayant promis de boycotter les votes en session plénière tant que le boisement se poursuivrait dans le Neguev, où se trouve le plus grand soutien électoral de Raam.

« Nous n’avons pas le droit d’exister sans le Neguev », a déclaré le chef de Raam, Mansour Abbas, au micro de la Vingt-troisième chaîne mercredi. « Nous souffrons chaque jour pour être partenaires de la coalition ».

Selon Kan, Raam a déclaré que ses membres ne participeraient aux sessions de la Knesset la semaine prochaine seulement si des négociations globales étaient entamées sur la reconnaissance des villages bédouins du Neguev.

Avec une courte majorité de 61 sièges à la Knesset, les absences menacent d’empêcher la coalition de faire passer toute législation tant que la crise se poursuit.

Le député Mansour Abbas, chef du parti islamiste Raam, prend la parole lors d’une session plénière dans la salle d’assemblée de la Knesset à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En effet, la coalition manquant d’effectifs, les législateurs de l’opposition avaient commencé à soumettre des propositions de loi pour approbation préliminaire avant le plénum de mercredi soir.

Pour éviter l’embarras, les députés de la coalition ont quitté la Knesset. Mais plusieurs textes législatifs se sont vus accorder une écrasante majorité pour une approbation préliminaire, y compris une proposition de loi du député Ahmad Tibi (Liste arabe unie), qui exigerait que les policiers portent des caméras corporelles lors des manifestations.

Les propositions de loi de l’opposition ont toutefois peu de chances de passer, mais ces événements ont conclu une journée humiliante pour le gouvernement.

Jeudi, Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie, s’en est pris à Raam, alléguant dans une interview accordée à la radio de l’armée que « Mansour Abbas n’aurait rien fait à ce sujet sans les protestations et la résistance sur le terrain et notre lutte contre le boisement. Il a accepté ce qui se passe dans le Neguev ».

La Liste arabe unie et Raam se disputent les voix des Bédouins du Neguev depuis la mort de Said al-Harumi, député de Raam, qui était considéré comme le représentant de cette population.

Le député Said al-Harumi. (Autorisation)

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