Le gouvernement québécois pourrait interdire la kippa à ses fonctionnaires
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Le gouvernement québécois pourrait interdire la kippa à ses fonctionnaires

Les groupes juifs qualifient cette initiative d' "attaque des libertés fondamentales" et de violation de la charte canadienne des droits de l'Homme

Un participant porte une kippa lors d'un rassemblement "Berlin porte la kippa" pour protester contre l'antisémitisme devant le centre communautaire juif le 25 avril 2018 à Berlin, en Allemagne. (Carsten Koall/Getty Images via JTA)
Un participant porte une kippa lors d'un rassemblement "Berlin porte la kippa" pour protester contre l'antisémitisme devant le centre communautaire juif le 25 avril 2018 à Berlin, en Allemagne. (Carsten Koall/Getty Images via JTA)

MONTRÉAL — Le gouvernement entrant du Québec veut interdire à certains fonctionnaires de porter des symboles religieux au travail, ce qui suscite l’inquiétude des groupes juifs.

L’interdiction proposée par le gouvernement de la coalition Avenir Québec vise ostensiblement à rendre plus laïques et religieusement « neutres » les institutions publiques de cette province du Canada. Elle empêcherait le port ostensible de kippas, turbans, hijabs et crucifix, et prévoit un potentiel renvoi pour les éventuels contrevenants.

Pour les détracteurs de ces mesures, elles violent les chartes des droits de l’Homme canadiennes et flattent le sentiment populiste d’intolérance qui est de plus en plus visible dans les autres pays. Ils estiment aussi que ce plan est hypocrite car le nouveau gouvernement – qui prendra officiellement ses fonctions le 18 octobre – refuse pour des raisons « d’héritage » d’ôter un grand crucifix accroché au parlement depuis 1936.

La majorité des Québécois sont d’origine catholique romaine.

« L’interdiction des symboles religieux et le renvoi possible des fonctionnaires qui expriment librement leurs croyances religieuses constituent une agression contre les droits et les libertés fondamentales », a commenté Murray Levine, de Bnai Brith Canada.

Le rabbin Reuben Poupko, du Centre pour Israël et pour les Affaires juives, a expliqué que « nous répétons notre positionnement de longue date qui dit que la neutralité religieuse doit être imposée aux institutions publiques et non aux individus ».

Cette proposition d’interdiction est vue comme une promesse électorale faite par la coalition, un parti populiste de centre-droit dirigé par l’homme d’affaires François Legault, maintenant Premier ministre élu. Legault et son parti ont remporté 75 des 125 sièges lors du scrutin du 1er octobre. Le nouveau gouvernement peut ainsi adopter des lois sans craindre de se trouver écarté par le vote d’une motion de censure.

L’élection de la coalition a également relégué le parti libéral aux rangs de l’opposition, après près de 15 années consécutives au pouvoir.

Un plan similaire proposé en 2013 par le parti québécois séparatiste, qui aurait touché tous les fonctionnaires, n’avait jamais été mis en oeuvre.

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