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Le gouverneur du Connecticut à la tête d’une délégation spécialisée en Israël

Ned Lamont - qui veut faire de son état le Start-up State - et sa délégation spécialisée dans la fintech et le commerce rencontrera Bennett, Herzog, Lapid et des entrepreneurs

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le gouverneur du Connecticut, Ned Lamont, prononce le discours sur l'état de l'État lors de la séance d'ouverture au State Capitol, le mercredi 9 février 2022, à Hartford, CT. (AP/Jessica Hill)
Le gouverneur du Connecticut, Ned Lamont, prononce le discours sur l'état de l'État lors de la séance d'ouverture au State Capitol, le mercredi 9 février 2022, à Hartford, CT. (AP/Jessica Hill)

Le gouverneur du Connecticut, Ned Lamont, a annoncé mardi qu’il se rendrait en Israël avec une délégation des affaires et de l’innovation de son état la semaine prochaine.

Le président par intérim de l’université du Connecticut, des dirigeants de Connecticut Innovations, la branche stratégique de capital-risque de l’État, le vice-président de Raytheon Technologies pour les relations gouvernementales internationales, le directeur exécutif de la Fédération juive du Connecticut et le directeur financier du groupe de monnaie numérique se joindront à Lamont lors de ce voyage de cinq jours.

Ruth Porat, directrice financière de la société mère de Google Alphabet, se rendra également en Israël pour des réunions, mais ne fait pas partie de la délégation officielle.

« Ç’est une célébration de nos cultures entrepreneuriales mutuelles », a déclaré Lamont au Times of Israël la semaine dernière lors d’une conversation sur Zoom. « Nous avons beaucoup en commun. Nous avons une grande communauté juive ici dans le Connecticut. Nous aimons Israël et nous allons renforcer nos liens. »

Lamont, un démocrate et gouverneur du Connecticut depuis trois ans, rencontrera des dirigeants israéliens, dont le Premier ministre Naftali Bennett, le président Isaac Herzog et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid.

L’ancien homme d’affaires de 68 ans atterrira vendredi en Israël.

« Nous tentons de nous rendre en Israël depuis plusieurs années », a déclaré Lamont, qui a été contraint de retarder le voyage en raison de la pandémie de COVID-19.

Ce ne sera pas le premier voyage du gouverneur en Israël. En tant que responsable des télécommunications, il est venu au milieu des années 2000 avec l’Association des jeunes présidents, et s’est rendu en Israël et dans les pays voisins plus récemment en tant que membre du conseil d’administration de l’ONG Mercy Corps.

Lamont a déclaré qu’il voulait montrer aux entrepreneurs du Connecticut qu’Israël « est la nation des startups, un pays incroyablement entreprenant ».

« Et du même coup, nous aimerions savoir ce que certaines de ces entreprises israéliennes pensent du Connecticut. »

Au-delà des politiciens israéliens, la délégation rencontrera des dirigeants israéliens de la fintech et organisera un « Ventureclash », le défi mondial de l’État pour les entreprises en démarrage.

« C’est une opportunité pour les jeunes entrepreneurs qui n’ont qu’un dollar et un rêve – ou un shekel et un rêve – et qui veulent créer une entreprise », a expliqué Lamont.

Il souhaite également que davantage d’investisseurs et d’entreprises israéliens considèrent le Connecticut comme un État prometteur dans lequel faire des affaires.

Professionnels de la fintech à Tel Aviv, le 3 avril 2017. (Capture d’écran/Page Facebook Startup Lituanie)

« Nous avons créé 15 000 entreprises l’année dernière », a déclaré Lamont. « Nous sommes, à notre humble manière, un état start-up, tout comme Israël est la Start-up Nation. Je vais leur dire que nous avons certains des employés les mieux formés, la meilleure main-d’œuvre au monde. Nous fabriquons des moteurs à réaction, des hélicoptères Sikorsky, des sous-marins. Mais en plus, nous sommes également très présents dans les technologies financières et les réseaux sociaux. »

Israël et le Connecticut entretiennent déjà une solide relation commerciale. Israël est la 17e destination mondiale des exportations de l’État, totalisant plus de 175 millions de dollars en 2020, en particulier dans l’aérospatiale, selon le porte-parole de Lamont.

Le voyage a été facilité par la United States-Israel Business Alliance, une organisation spécialisée dans les missions de développement commercial en Israël pour les gouverneurs.

Le Connecticut, un petit État de la Nouvelle-Angleterre avec plus de 3,5 millions d’habitants, a l’un des revenus médians les plus élevés du pays.

Lamont s’attend à ce que les responsables israéliens discutent également de la pandémie de COVID-19. Il a récemment annoncé qu’il supprimait l’obligation du port du masque dans son état.

« Les gens sont fatigués de toutes ces règles », a-t-il dit, « et je pense que le peuple des États-Unis et du Connecticut a gagné le droit à plus de liberté. Parce que l’on a maintenant les moyens de se protéger. »

Un flacon du vaccin Pfizer est présenté le 18 décembre 2020 à West Hartford, CT. (AP Photo/Stephen Dunn, Piscine)

Les responsables du Connecticut – l’état qui bénéficie de la meilleur couverture vaccinale aux Etats-Unis – ont appris de l’expérience d’Israël, selon le gouverneur. « Israël avait 2 à 4 semaines d’avance sur le nord-est en termes de COVID et de ses différents variants. Nous avons donc suivi votre exemple très attentivement. »

Pourtant, comme dans d’autres états, la pandémie a causé un déferlement  d’autres défis au-delà de la santé publique.

« Le COVID a réveillé beaucoup de démons », a déclaré Lamont. « Nous avons eu beaucoup de violence. Nous avons eu beaucoup de suicides et de violences conjugales. Nous avons eu beaucoup de crimes de haine. Et nous avons eu beaucoup d’actes antisémites. Peut-être pas à l’échelle mondiale, mais les croix gammées peintes à la bombe sur les murs des synagogues, c’est choquant. »

En mars 2021, au début de Pessah, un étudiant de 21 ans de l’université du Connecticut a peint à la bombe une croix gammée sur un mur faisant face au campus Hillel House. L’homme a été rattrapé et arrêté.

« Nous avons travaillé très étroitement avec la communauté juive », a expliqué Lamont. « Nous avons une subvention de sécurité [de l’État] pour qu’ils sachent qu’ils peuvent garder leur synagogue ouverte, ils savent qu’ils peuvent le faire en toute sécurité. »

« Nous avons une tolérance zéro pour l’antisémitisme ou tout autre type de crime d’inspiration raciale. Ce intolérable et nous sortirons la grosse artillerie si besoin. »

Illustration : La salle des noms du musée de l’Holocauste Yad Vashem à Jérusalem (Autorisation : Mendy Hechtman / Flash90)

Lamont se rendra au musée de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem lors de son voyage, et soulignera l’importance de faire face au passé à ses électeurs.

« Ne niez pas le passé », a-t-il dit. « C’est extraordinaire. Vous devez apprendre du passé. Ici, dans ce pays, il y a quelque chose qui s’appelle la théorie critique de la race, ils veulent minimiser la Shoah. Ils veulent minimiser les choses dont nous devons apprendre… Il est important d’apprendre du passé et de s’assurer que cela ne se reproduise plus. »

Lamont, un démocrate, ne s’inquiète pas de la baisse du soutien à Israël dans son parti.

« Je pense qu’il y a un soutien bipartisan à l’égard d’Israël aussi fort qu’il y en a eu à n’importe quel moment de ma vie, et je suis vieux », a-t-il dit avec un sourire. « Certains campus universitaires, certains membres du Congrès, mais je pense que c’est une petite minorité. Je pense que le Premier ministre travaille en collaboration avec la coalition et l’opposition, qu’il comprend qu’il faut s’assurer qu’Israël n’est pas une question partisane, et je pense que le soutien à Israël est plus fort que jamais. »

Il n’envisage aucune critique de la part de ses électeurs à la suite de ce voyage en Israël. Bien au contraire.

« Je crois à l’intégration économique. Plus nous sommes intégrés, plus nous sommes forts. »

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