Le Hamas dit avoir tiré des roquettes vers la mer pour mettre en garde Israël
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Le Hamas dit avoir tiré des roquettes vers la mer pour mettre en garde Israël

Le groupe terroriste affirme avoir lancé les projectiles mercredi matin ; l'armée israélienne dit ne pas avoir eu connaissance de tirs depuis la bande

Photo d'illustration : Des membres du Hamas masqués à côté un lanceur de roquettes lors d'un rassemblement dans le camp de réfugiés de Rafah, dans la bande de Gaza, le 21 août 2016 (Crédit : AP Photo/Adel Hana)
Photo d'illustration : Des membres du Hamas masqués à côté un lanceur de roquettes lors d'un rassemblement dans le camp de réfugiés de Rafah, dans la bande de Gaza, le 21 août 2016 (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

Le groupe terroriste du Hamas a lancé une volée de roquettes qui s’est abattue dans la mer, dans la matinée de mercredi, une mise en garde lancée contre le projet d’annexion israélien de certains pans de la Cisjordanie, ont fait savoir des sources de l’organisation à l’AFP.

Ces tirs de vingt roquettes – qui voulaient être une démonstration de force – ont eu lieu alors que des milliers d’habitants de Gaza avaient répondu aux appels lancés par le Hamas à manifester dans les rues.

Pour sa part, l’armée israélienne a indiqué ne pas avoir connaissance d’éventuels lancements de roquettes depuis la bande.

Le journal Haaretz a cité des résidents locaux qui ont affirmé avoir entendu les tirs de roquettes.

La semaine dernière, les gouvernants de Gaza ont expliqué que si Israël devait mener à bien son projet d’application de la souveraineté sur les implantations israéliennes et sur la vallée du Jourdain – comme le prévoit le plan de paix américain – une telle initiative s’apparenterait à une « déclaration de guerre ».

Vingt-quatre heures plus tard, les Palestiniens, à Gaza, ont tiré deux roquettes en direction de l’Etat juif. Ces dernières se sont abattues dans les champs, ne causant ni blessé, ni dégât. L’une d’entre elles est tombée dans la région de Shaar HaNegev et l’autre au sein même de l’enclave côtière.

Israël a riposté en frappant des sites appartenant au Hamas, disant que le groupe terroriste devrait assumer la responsabilité de toutes les attaques émanant de la bande.

Des roquettes lancées par les terroristes palestiniens dans la bande de Gaza vers Israël, le 24 février 2020. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Le Hamas et le Jihad islamique palestinien, les deux groupes terroristes les plus puissants de Gaza, ont menacé d’une escalade des affrontements le long de la frontière en raison du projet d’annexion, après des mois de calme relatif dans le secteur.

La coalition de centre-droit de Benjamin Netanyahu a fixé au 1er juillet le lancement de la mise en œuvre de la proposition de paix pour le Moyen-Orient du président américain Donald Trump, en élargissant la souveraineté israélienne sur les territoires qui lui sont alloués par ce dernier.

Mais il n’y avait eu aucune annonce en date de mercredi après-midi et aucune ne semble prévue pour le moment.

Un proche de Netanyahu a confirmé au micro de la radio militaire que le plan ne débuterait pas mercredi. Le ministre du Travail, des Affaires sociales et des services sociaux, Ofir Akunis, a ainsi déclaré que les responsables israéliens étaient encore en train de finaliser les détails de l’initiative avec leurs homologues américains.

Le plan, qui a été dévoilé au mois de janvier, prévoit de placer 30 % du territoire sous le contrôle permanent des Israéliens tout en accordant aux Palestiniens une autonomie limitée dans des poches morcelées du reste de la Cisjordanie.

L’annexion unilatérale prônée par Netanyahu a essuyé de vives critiques à l’international. Les Nations unies, l’Union européenne et d’éminents pays arabes ont souligné une violation du droit international et une mise en péril des perspectives de la fondation d’un Etat palestinien viable et indépendant, aux côtés d’Israël. Même des alliés proches, comme la Grande-Bretagne, s’opposent au projet.

Washington a également paru hésiter récemment, affichant moins d’enthousiasme pour l’élargissement de la souveraineté et pour ses conséquences régionales potentielles.

Les responsables américains ont aussi indiqué ne pas vouloir donner le feu vert à l’initiative avant que Netanyahu n’obtienne le soutien de son partenaire de gouvernement, le parti Kakhol lavan. Le leader de la formation, le ministre de la Défense Benny Gantz, a annoncé que la date de mercredi n’était pas « sacrée », suggérant que l’annexion attende la fin de la crise du coronavirus en Israël, qui est actuellement la priorité du gouvernement israélien.

Les médias israéliens ont indiqué mardi que l’Etat juif voulait procéder à des changements dans une carte d’annexion proposée par les Etats-Unis, et que les responsables américains demandaient un geste en faveur des Palestiniens de la part d’Israël dans ce contexte.

À Gaza, les manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens et des panneaux condamnant Trump, tout en appelant le Hamas à prendre les armes contre l’Etat juif.

Le leader du Hamas Yahya Sinwar, 4e à gauche, participe à un rassemblement alors que les Palestiniens appellent à une « journée de la colère » pour protester contre le plan israélien d’annexion de pans de la Cisjordanie, à Gaza, le 1er juillet 2020. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

« La résistance doit revivre », a déclaré Rafeeq Inaiah, un manifestant, à l’AFP. « Israël a peur de la force. »

Parmi les autres panneaux brandis par les contestataires : « non à l’annexion » et « Palestinian lives matter », une référence au mouvement anti-raciste américain « Black lives matter », ont constaté les journalistes de l’AFP présents.

Des manifestations ont aussi eu lieu en Cisjordanie.

À Jéricho, ville antique de la vallée du Jourdain, un petit nombre de Palestiniens ont été rejoints par des politiciens israéliens de gauche aujourd’hui à la retraite – et notamment par Ophir Pines-Paz, ancien ministre de l’Intérieur travailliste.

Des artistes palestiniens dépeignent le Dôme de rocher et la Cisjordanie dans le cadre d’une campagne contre le plan d’annexion israélien de la Cisjordanie à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 1er juillet 2020. (Crédit : Said Khatib/AFP)

« Nous voulons affirmer notre soutien à la paix », a-t-il dit. « Netanyahu et son projet d’annexion doivent être stoppés. »

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