Le Hamas dit avoir touché des bases aériennes israéliennes, l’armée dément
Rechercher

Le Hamas dit avoir touché des bases aériennes israéliennes, l’armée dément

Les attaques du Hamas sur les villes frontalières ont cessé pendant 3 heures cette nuit; environ 50 roquettes ont été lancées en direction de l'État juif

Des roquettes lancées vers Israël depuis Gaza City. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)
Des roquettes lancées vers Israël depuis Gaza City. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Les groupes terroristes de Gaza ont tiré plusieurs barrages de roquettes vers le sud et vers le centre du pays, mardi dans la soirée et en tout début de matinée mercredi. Le Hamas a fait savoir qu’il avait pris pour cibles les bases aériennes de Tsahal pendant ses frappes.

Les sirènes d’alerte à la roquette ont retenti à travers toutes les villes proches de la frontières, dans les villes côtières du sud d’Ashdod et d’Ashkelon, et dans le centre du pays, jusqu’à Rehovot et Palmachim, ainsi que dans un certain nombre de bases de l’armée de l’air.

« Les bases visées par les brigades Al-Qassam sont Hatzor, Hatzerim, Nevatim, Tel Nof, Palmachim et Ramon, » a indiqué le Hamas dans un communiqué.

Le porte-parole de l’armée israélienne, Hidai Zilberman, a déclaré mercredi matin que les militaires n’avaient pas d’information sur un éventuel impact de roquette sur une base. Dans un cas, un projectile a atterri dans un champ, aux abords de la base de Tel Nof, à proximité de Rehovot, a-t-il noté.

L’annonce publique par le Hamas de frappes sur des bases aériennes pourrait illustrer un effort du groupe visant à décourager les critiques émanant des dirigeants américains et autres leaders mondiaux, qui ont condamné l’attaque délibérée de populations civiles, en violation claire du droit international. Toutefois, les roquettes du Hamas qui ont été tirées pendant cette attaque présumée des terrains d’aviation militaire ont largement touché des secteurs civils et le groupe terroriste a lancé des projectiles vers des municipalités où l’armée de l’air n’a aucune base. Selon Zilberman, des roquettes ont visé des bases aériennes pendant toute l’opération menée par le Hamas.

Il n’y a pas eu d’informations portant sur d’éventuels dégâts ou d’éventuels blessés suite à ces tirs de roquettes, qui ont commencé aux environs de 20 heures et qui ont continué jusqu’à deux heures du matin, tandis qu’un grand nombre de projectiles ont été interceptés par le système de défense anti-missiles du Dôme de fer. Les villes frontalières de Gaza ont connu un répit de trois heures sans frappes – de 2h30 à 5h30 du matin – comme cela a été le cas aussi lors des nuits précédentes, ces derniers jours.

Selon l’armée israélienne, dans la nuit de mardi jusqu’à mercredi matin, ce sont environ 50 roquettes qui ont été lancées en direction de l’État juif, une dizaine échouant à franchir la frontière et atterrissant au sein de l’enclave palestinienne. Aucun blessé, aucun dégât n’ont été enregistrés, ce qui laisse penser que les 40 projectiles restants ont été interceptés par le Dôme de fer ou qu’ils sont retombés dans des champs.

Mais de l’autre côté de la frontière avec Gaza, l’armée israélienne a mené des raids pendant toute la nuit, frappant des dizaines de cibles dans toute la bande, selon le Centre des médias palestiniens, affilié au Hamas, qui a publié des photos et des images des bombardements.

Le média a déclaré que plusieurs Palestiniens avaient été tués et que les opérations israéliennes avaient fait un nombre plus important de blessés, même si le ministère de la Santé de Gaza n’a pas communiqué, pour le moment, les chiffres exacts des victimes. Selon Zilberman, Tsahal estime qu’au moins dix membres du Hamas et du Jihad islamique palestinien sont morts dans ces frappes, qui ont visé les villes de Khan Younès et de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Dans un raid qui a eu lieu mardi soir, plus de 50 avions israéliens transportant plus de 120 bombes ont frappé un réseau de tunnels du sud de Gaza, détruisant environ 12 kilomètres de ses couloirs en 25 minutes, a déclaré le porte-parole.

C’est la cinquième série de frappes aériennes menées par l’armée contre les structures souterraines tentaculaires du Hamas, qu’Israël appelle « le métro ». Des tunnels qui avaient été utilisés par les terroristes du Hamas, en 2014, pour kidnapper la dépouille du soldat Hadar Goldin, tué dans une embuscade en date du 1er août au cours d’un cessez-le-feu – que le groupe terroriste avait violé – ont été détruits.

L’armée a aussi fait savoir avoir bombardé un certain nombre de cibles dans le quartier chic de al-Rimal, à Gaza City, dans la nuit – un quartier où résident de nombreux commandants du Hamas.

L’armée israélienne a expliqué, mardi soir, que ses frappes avaient ciblé six sites où étaient installés des lance-roquettes ainsi qu’une cellule responsable de tirs de mortiers, qui s’était abritée dans une école de Gaza.

L’incident « prouve, une fois encore, la manière dont le groupe terroriste du Hamas place à dessein ses actifs militaires au cœur de la population civile », a déclaré l’armée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu visite la base aérienne de Hatzerim, en compagnie du chef de l’armée de l’air Mamikam Norkim (à gauche) et d’Eyal Zamir, vice-chef d’État-major de Tsahal, le 18 mai 2021.(Crédit : Kobi Gideon / GPO)

De leur côté, des acteurs variés, à l’international, ont continué leurs efforts en faveur d’un cessez-le-feu entre les deux parties.

Une rencontre du Conseil de sécurité s’est achevée, mardi après-midi, sans émettre de déclaration mais la France a déclaré avoir proposé une résolution plus vigoureuse appelant à la fin des combats en coordination avec l’Égypte et la Jordanie, voisins de l’État juif.

Si elle devait être présentée, elle obligerait l’administration Biden à utiliser son veto pour la toute première fois devant le Conseil de sécurité pour maintenir le blocage de ce type d’initiatives devant l’éminente instance de l’ONU.

Si la Douzième chaîne a fait savoir qu’une initiative de cessez-le-feu, prônée par les Égyptiens, avait porté ses fruits et qu’elle serait mise en vigueur jeudi matin, les responsables des deux côtés ont démenti l’information.

Une source diplomatique proche des efforts de paix de l’Égypte a dit au Times of Israel que des efforts étaient encore en cours et qu’aucun accord de ce type n’avait été conclu.

Le Conseil de sécurité de l’ONU organise une session d’urgence sur Israël et Gaza, le 16 mai 2021. (Capture d’écran/ONU)

Mais le quotidien Haaretz, mardi soir, a cité les propos d’un responsable israélien qui a dit qu’un cessez-le-feu serait probablement conclu jeudi matin – sauf surprise de dernière minute.

Si le président américain Joe Biden a « exprimé son soutien à un cessez-le-feu » au cours d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lundi, une source proche du dossier a indiqué qu’aucune échéance n’avait été fixée au chef du gouvernement israélien concernant la fin des opérations de l’armée à Gaza. Néanmoins, le président démocrate des États-Unis a averti qu’il ne serait pas en mesure de résister à des pressions plus longues de son parti ou de la communauté internationale concernant la fin immédiate des combats, et il a vivement recommandé à Netanyahu d’y mettre un terme.

Le Hamas a lancé presque 3 700 roquettes vers Israël depuis le 10 mai.

La campagne de bombardement israélienne, lancée en riposte, a entraîné boules de feu, moults débris et des fumées noires s’élevant dans le ciel au sein de l’enclave côtière de deux millions de Palestiniens de Gaza.

La crise humanitaire s’est encore aggravée dans la bande et les Nations unies ont fait savoir que les combats avaient fait 72 000 déplacés.

Les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est se sont mobilisés mardi au cours d’un mouvement de protestation, dans le contexte d’une grève générale qui a vu la fermeture de toutes les entreprises non-essentielles, en signe de soutien aux Palestiniens de Gaza.

Alors que les deux parties sont entrées, mercredi, dans le dixième jour de leur conflit, le ministère de la Santé de Gaza, placé sous le contrôle du Hamas, a fait savoir que 217 personnes étaient mortes des suites des bombardements dans la bande, notamment 63 mineurs. Il est difficile de dire pour le moment si ce bilan du Hamas comprend tous les Gazaouis tués lors des frappes, ou s’il exclut les membres du Hamas qui sont morts.

Selon le bilan fait lundi soir par l’armée israélienne, plus de 120 personnes ayant perdu la vie appartenaient au Hamas et 24 étaient issues des rangs du Jihad islamique palestinien.

Le ministère de la Santé du Hamas a précisé que plus de 1 400 habitants de l’enclave côtière avaient été blessés depuis le début des combats dans le cadre de cette opération qui a été baptisée « Gardien des murs ».

Douze personnes, notamment un petit garçon de cinq ans et une adolescente de 16 ans, ont été tuées dans les tirs de roquettes, qui ont fait des centaines de blessés au cours des dix derniers jours.

Les victimes les plus récentes, du côté israélien, sont deux ouvriers thaïlandais qui travaillaient dans une usine d’emballage qui a été directement frappée par un tir de mortier du Hamas. L’identité des deux hommes, des trentenaires, n’a pas été révélée. Huit personnes ont été blessées, dont une grièvement, lors d’une attaque dans une communauté proche de la frontière.

 

Cette frappe meurtrière est survenue peu après l’annonce, par Tsahal, qu’un soldat qui aidait à transférer des aides humanitaires dans la bande de Gaza, au poste-frontière d’Erez, avait été légèrement blessé.

Le militaire, âgé de 19 ans, a été pris en charge à l’hôpital Barzilai, touché au torse par des éclats d’obus. Le jeune homme est conscient.

Par ailleurs, une roquette s’est abattue à proximité d’un véhicule, blessant légèrement une personne, à proximité de la ville de Beer Sheva, dans le sud du pays, ont noté les services d’urgence du Magen David Adom.

Des soldats du commandement intérieur rendent visite à des familles dans un abri antiaérien de la ville d’Ashkelon, dans le sud du pays, le 18 mai 2021. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

Des roquettes ont été également lancées vers les villes d’Ashkelon et de Kiryat Gat, dans le sud, ainsi qu’en direction des communautés frontalières pendant toute la journée. L’une d’entre elles a frappé de plein fouet une habitation du conseil régional de Hof Ashkelon qui était vide à ce moment-là.

L’armée de l’air israélienne a mené des frappes de représailles sur de s positions terroristes dans la bande de Gaza. Tsahal a annoncé avoir pilonné les maisons de 12 commandants du Hamas au cours des dernières vingt-quatre heures, notamment trois dans la journée de mardi. Il n’y a pas eu d’informations portant sur d’éventuels blessés.

De plus, les militaires ont expliqué avoir frappé une cellule du Hamas, à Khan Younès, qui était responsable du tir de missiles antichar, ajoutant que cette opération avait arrêté ses membres qui se préparaient à attaquer l’État juif. Des terroristes du Jihad islamique qui s’apprêtaient à tirer des roquettes en direction d’Israël ont aussi été visés lors d’un raid.

Parmi les autres cibles, un entrepôt où se trouvaient des équipements et des machines permettant au Hamas de fabriquer des armes, a déclaré l’armée israélienne.

Jacob Magid, Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...